Voyage à Paris et Versailles - 17 au 19 octobre 2023

Icon calendrier

17 October 2023

Voyage à Paris et Versailles - 17 au 19 octobre 2023

Un groupe de trente-deux participants venu de Vendée et emmené par Claude Nouzille, déléguée de la Vendée, ont visité, en région parisienne, des sites exceptionnels pour la plupart. Au cours de trois jours, entre le 17 et le 19 octobre 2023, nous avons découvert, l’hôtel de la Marine récemment ouvert au public, la cathédrale orthodoxe de la Sainte Trinité à Paris et le Potager du Roi à Versailles et, pour la majorité d’entre nous, redécouvert le château de Versailles et les Grand et Petit Trianon. 

Arrivés à Paris vers 13 h nous déjeunons au Cercle national des Armées sur proposition d’un de nos adhérents, le général Jacques Richou, que nous remercions chaleureusement.


Hôtel de la Marine

Afin d’accéder à l’Hôtel de la Marine, nous entrons par le 2 de la rue Royale et nous regroupons dans la cour de l’Intendant recouverte d’une verrière. L’Hôtel de la Marine fut construit au XVIIIe siècle par l’architecte Ange-Jacques Gabriel et accueillit le garde meuble de la Couronne en 1765. Cette institution, ancêtre du Mobilier National, avait pour rôle d’acheter et d’entretenir le mobilier du roi : le mobilier “usuel” (lits, chaises, tables…) mais aussi les diamants de la Couronne, le linge de maison, les armes et armures, etc. A la Révolution, sa fonction change lorsque Louis XVI doit quitter Versailles pour s’installer aux Tuileries avec son gouvernement. Le secrétaire d’Etat à la Marine s’installe alors dans le palais du Garde-Meuble, lui donnant ce nom qui ne le quittera plus : l’Hôtel de la Marine. En 2015 l’état-major de la Marine Nationale quitte la place de la Concorde pour rejoindre l’Hexagone Balard qui regroupe désormais les états-majors des Forces armées françaises. Nous débutons la visite par l’exposition de la Collection Al Thani, du nom de son propriétaire, cousin germain de l’émir du Qatar. Elle propose quatre thématiques : une fenêtre sur les civilisations du monde, les visages à travers les âges, les chefs d’œuvre des arts de l’Islam et les trésors anciens. Dans la seconde partie de la visite nous parcourons les grands salons d'apparat dont ceux des Amiraux donnant par l’intermédiaire d’une loggia sur la place de la Concorde et offrant ainsi une vue imprenable.


La cathédrale de la Sainte-Trinité

Nous rejoignons ensuite en ordre dispersé, qui en autobus, qui à pieds, qui en métro, la cathédrale de la Sainte-Trinité située quai Branly. Cathédrale orthodoxe, elle est surmontée de cinq clochers à bulbe traditionnels en matériau composite recouvert d'or mat, et d'une croix orthodoxe. Les cinq bulbes sont les symboles du Christ et des quatre évangélistes. Dédiée à la Sainte-Trinité, aux « relations historiques, culturelles et spirituelles entre la France et la Russie », elle est inaugurée en octobre 2016 et succède à la cathédrale des Trois-Saints-Docteurs comme nouveau siège du diocèse orthodoxe russe de Chersonèse. Inspiré de la cathédrale de la Dormition de Moscou, la plus ancienne et la plus imposante cathédrale du Kremlin, le bâtiment de l’architecte Wilmotte adopte les codes artistiques russe et byzantin réintégrés dans l’environnement parisien. Les matériaux et les techniques sont innovants : comme un mille-feuille, la façade est assemblée en fines strates de pierre de Massangis (Yonne), une pierre qui recouvre aussi les bâtiments du Trocadéro. Les bulbes en fibre de verre sont recouverts de feuilles d’alliage or-palladium mat. Dans l’édifice, le décor reprend la tradition : iconostase, icônes, encensoirs.


Séjour à Versailles

La fin de la journée approchant, nous rejoignons Versailles où nous dînons et nous reposons dans la Communauté des Sœurs du Cénacle. La maison date du XVIIIème et les Sœurs en sont les propriétaires depuis 1921. Dotée d’un parc de 3 ha, elle a été la propriété de Louis Bontemps, premier valet de chambre du Roi. Elle devient la propriété du Comte d’Hauteville en 1906 après avoir été agrandie.


Le château de Versailles

Nous entrons dans le Domaine du château par la grille de la chapelle. Madame Marie-Laure de Rochebrune, Conservateur général au château de Versailles, nous attend pour la visite de la chapelle royale. Louis XIV, qui installe officiellement sa cour au château en mai 1682, souhaite rapidement édifier une chapelle royale digne de ce nom et dédiée à Saint-Louis. Le projet est confié à son architecte Jules Hardouin-Mansart et la construction débute en 1687 à l’emplacement d’un corps de logis qui sera détruit. La Chapelle est inaugurée en 1710, soit 23 ans plus tard, sous la direction du beau-frère de Mansart, mort en 1708, Robert de Cotte. La blancheur des colonnes et sculptures de pierre est réhaussée par les ors du maître-autel et de l’orgue, comme par la polychromie des peintures figurant la Trinité. Le plafond de la voûte d’Hardouin-Mansart est consacré à la Sainte-Trinité : au centre, Dieu le Père dans sa gloire par Antoine Coypel, dans l’abside La Résurrection par Charles de La Fosse et, au-dessus de la tribune royale, la Descente du Saint‑Esprit par Jean Jouvenet. En sortant de la chapelle, nous admirons trois groupes sculptés dont le principal d’entre eux, Apollon servi par les Nymphes, de Girardon et Regnaudin, rassemble sept personnages en marbre blanc de carrare, Apollon étant au centre. A côté, deux groupes latéraux représentent les Chevaux du soleil pansés par les Tritons. Magnifique allégorie figurant le roi Soleil se reposant du travail quotidien au service du royaume.


Les Appartements privés de la Reine

Notre seconde visite porte sur les appartements privés de la reine. Nous y accédons par l’escalier de la Reine après avoir traversé la cour royale. Accompagnés de M. Vincent-Charles Bastien, chargé de mission, nous découvrons sous les combles les pièces des cabinets intérieurs de la reine Marie-Antoinette, et parmi elles, la salle à manger tapissée de toile de Jouy et la pièce du service où est présentée une réplique du collier de la reine. Au premier étage, nous accédons par l’escalier de la Cour du Dauphin à la bibliothèque puis aux Cabinet de la Méridienne et au Cabinet doré. Lors de cette visite notre guide nous confie les tractations faites pour retrouver des meubles dispersés dans divers pays et les faire revenir dans le Domaine de Versailles après leur achat.

Nous terminons cette visite non sans être passés par l’appartement du roi où nous admirons le Cabinet du Conseil et le Cabinet de la pendule, puis nous redescendons dans la cour royale. Soudain, nous entendons des alarmes sonores nous enjoignant de quitter le Domaine suite à une alerte à la bombe. Nous revenons ainsi brutalement dans le quotidien de l’actualité internationale en Israël. Huit fausses alertes similaires seront au total faites avant que les pouvoirs publics n’arrêtent l’auteur de l’une d’entre elles.


Le Petit Trianon

Heureusement, cela ne contrecarre pas le déjeuner pris au restaurant la Flottille non loin de la tête du Grand Canal. A la suite de quoi, nous rejoignons, toujours en car, la cour d’honneur du Petit Trianon. Sous la pluie nous entrons dans ce petit château par la Maison du Suisse située à proximité de la chapelle. Celui-ci fut construit par Louis XV pour la marquise de Pompadour en 1761 par l’architecte Gabriel (celui du Garde-Meuble de la place de la Concorde). A son achèvement, en 1768, ce fut la comtesse du Barry, nouvelle favorite, qui l’occupa en premier, après la mort de la Pompadour en 1764. A la mort de Louis XV, en 1774 son petit-fils Louis XVI l’offre à sa femme Marie-Antoinette. Nous nous retrouvons très vite dans le hall de l’escalier d’honneur desservant le rez de chaussée et le premier étage, dit noble. La magnifique rampe en fer forgé et bronze doré s’orne du monogramme de Marie-Antoinette et attire l’attention du visiteur. Nous rejoignons l’attique où nous admirons la chambre du roi choisi par Louis XV et où Louis XVI n’y dorma jamais. Si le premier étage est réservé aux pièces de vie de Marie-Antoinette, les attiques situés sous la terrasse sont destinés à ses intimes. A l’étage du dessous, l’entresol est destiné à la comtesse du Barry et affecté aux femmes au service de Marie-Antoinette.


Le Grand Trianon

Nous commençons la visite du Grand Trianon par le salon rond de l’aile nord, entouré de colonnes corinthiennes sur un dallage de marbre. Le Grand Trianon est achevé en 1688 à la demande de Louis XIV, qui en fait son château de campagne privé, loin de la cour de Versailles. Depuis, le Grand Trianon a eu plusieurs vies et de nombreux locataires. Sa structure de plein pied avec un seul étage dénote des châteaux à trois étages. Ses colonnes de marbre rose du péristyle le caractérisent. Les deux ailes du palais sont reliées par un impressionnant péristyle aux colonnes roses, côté jardin. A la suite de Louis XIV, Louis XV occupa peu le Grand Trianon, lui préférant son nouveau Petit Trianon. Vidé sous la Révolution, le Grand Trianon reprit donc vie par la suite, avec Napoléon 1er, en 1805. Il s'y installa avec sa nouvelle épouse Marie-Louise en 1810 jusqu'en 1813. En 1837, Louis-Philippe s'installe au Grand Trianon avec sa famille. Le Grand Trianon restera dans la configuration de Louis-Philippe, jusqu'à la Vème République, où il devient une résidence d'état.  Charles de Gaulle installe ses appartements dans une aile tandis que les chefs d'état sont reçus dans les anciens appartements de Louis-Philippe. Nous traversons quelques pièces du Grand appartement occupé alors par l’Empereur dont l’une est devenue le salon de famille de Louis-Philippe. Traversant ensuite le péristyle nous rejoignons ce qui fut l’appartement de l’Impératrice. La visite du Domaine de Versailles étant achevée nous retrouvons pour notre seconde nuit dans les locaux de la Communauté pour le dîner et un repos.


Le Potager du Roi

Pour le dernier jour de notre déplacement en région parisienne, nous rejoignons le Potager du Roi, situé à Versailles. Mme Alexandra Bonnet, première femme, directrice de l’École nationale supérieure de paysage, nous guide dans cette vaste esplanade de près de dix hectares.  Le roi Louis XIV chargea Jean-Baptiste de La Quintinie d’aménager un potager sur l’emplacement d’un marécage surnommé « étang puant ». La construction dura de 1678 à 1683, et il dû faire preuve d’ingéniosité pour parer à la nature marécageuse du terrain : c’est ainsi qu’il mit en place un aqueduc souterrain, des pierrées de drainage ainsi que des cultures surélevées. Au fil du temps, le potager a conservé le plan imaginé par La Quintinie presque à l’identique. Accessible à la visite depuis seulement 1991, le Potager du Roi est aujourd’hui le site historique de l’École nationale supérieure de paysage, qui en assure la conservation, la gestion et valorisation. Dans le contexte des transitions actuelles, ce lien lui permet d’affirmer une identité forte en tant que lieu précurseur depuis sa création : le Potager du Roi poursuit en effet une activité de production en milieu urbain tournée vers les circuits courts, une approche expérimentale des nouvelles techniques de culture, telles que l’agroécologie, et une réelle implication dans la formation, la recherche et la création. Dès l'origine, le Potager du Roi est un jardin de production « intensif ». Sur le plan des itinéraires agronomiques, La Quintinie ne fait pas de rotations culturales : l’épuisement des terres est compensé par des apports massifs de l’extérieur, fumiers d’abord mais également « terres végétales ». La fonction de production a été pérennisée au cours des siècles. Elle préserve d'ailleurs le Potager de la dislocation à la Révolution française. Au cours de la visite nous nous arrêtons quelques instants sur une terrasse ombragée près du mur bordant la pièce d’eau des Suisses, vaste plan d’eau situé au sud du Domaine de Versailles.  Il sert de lieu de pose lors des beaux jours pour les jardiniers à l’ouvrage. Plus loin nous admirons la porte royale par laquelle Louis XIV venant de son château entrait voir ses jardiniers travailler.


-$-$-$-$-$-

Après ces passionnantes visites, nous clôturons nos trois jours par un bon repas pris au restaurant voisin. Le retour par car nous permet d’arriver en Vendée pour le dîner.  Nous remercions Mme de Rochebrune pour nous avoir ouvert le Domaine du château de Versailles. Merci à Claude, de nous avoir organiser cette sortie nous permettant d’admirer un patrimoine historique très riche en décors et fastueux de la Grande Histoire.


Novembre 2023

Philippe Gatbois, secrétaire



JE PRIE LE LECTEUR DE NOUS EXCUSER POUR LES PHOTOGRAPHIES EN TOTAL DESORDRE. NOUS Y REMEDIONS AVEC L'AIDE DE NOS SERVICES TECHNIQUES.

Galerie de photos