Escapade dans le Sauternais

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17 September 2025

Voyage VMF85 dans le Sauternais 17-19 septembre 12025

Du 17 au 19 septembre dernier, 25 adhérents des VMF85 ont eu le plaisir de participer à notre voyage annuel qui, cette année, eut lieu dans le Sauternais. Trois jours magnifiques qui nous ont permis de parcourir les siècles du XII au XVIIIe, d’admirer des édifices religieux et profanes et d’apprécier le patrimoine vivant qu’il soit naturel avec le jardin de La Souloire ou œnologique avec bien sûr le Sauternes. Mais revenons sur ces trois jours.


Partis de bonne heure le 17, nous fîmes notre première halte peu avant notre arrivée à Bordeaux pour découvrir le magnifique jardin à l’anglaise de La Souloire, un parc de 9 hectares remarquablement entretenu par une propriétaire surprenante, Madame Marie-José Degas, d’un dynamisme extraordinaire malgré son grand âge et animée d’une passion botanique très communicative ! Incontestablement, ce jardin et sa propriétaire valent le détour ! C’est elle qui, à 95 ans, monte encore à l’échelle pour tailler sa vigne vierge et n’est aidée que d’un mi-temps pour l’entretien de son parc remarquable planté de plus de 2500 espèces botaniques dont elle rapporta elle-même de nombreuses graines au cours de ses fréquents voyages à travers monde ! C’est dire sa passion et les journées entières qu’elle passe à embellir avec succès sa propriété. Un parc magnifique, une personne rare, la visite commençait fort bien.


Après le pique-nique pris sur place, notre bus reprit la direction du château de Malle.


Arrivés sur place nous fûmes remarquablement reçus par les jeunes propriétaires, Monsieur et Madame Planty qui ont acquis cette propriété viticole du château de Malle il y a peu et se sont donné comme mission de produire à nouveau du Sauternes avec de nouvelles vignes qui seront en production d’ici à 5 à 10 ans et d’ici là de développer leur superbe propriété du XVIIIe et de vendre les stocks anciens de leur remarquable cru classé.

Une visite tant intérieure qu’extérieure du château, une promenade dans le parc à la française d’un entretien parfait ainsi qu’une dégustation attendue et très appréciée du Cru classé de Malle comblèrent toutes nos attentes et même les coffres du bus tant nous fûmes nombreux à acheter des cartons de ce merveilleux nectar !

La construction du château proprement dite commença à l’extrême fin du XVIe et s’orne d’une façade très classique en U et des jardins à la française l’agrémentèrent au XVIIIe. Ils furent classés Monuments historiques en 1943 alors que le château le fut en 1949. L’aile gauche du château s’enorgueillit d’une magnifique chapelle décorée de remarquables cuirs peints du XVIIe.


La journée se terminant, il fut temps pour nous de rejoindre nos hôtels tous situés dans le village de Sauternes et de nous retrouver le soir pour un excellent et bien mérité dîner dans un restaurant du village.


Le lendemain matin, nous découvrîmes la collégiale d’Uzeste dont la magnificence architecturale dans un aussi petit village avait de quoi surprendre. Fort heureusement, nous fûmes éclairés par le président de l’association des amis de la collégiale et maire d’Uzeste, M. Eric Douence, qui nous conta par le menu et sur un ton passionnant l’histoire de cette collégiale. L’église primitive romane fut considérablement agrandie par un seigneur d’Uzeste Bertrand de Got, plus connu lorsqu’il devint pape sous le nom de Clément V au début du XIVe. Le destin de ce Pape fut quelque peu haché : il fut le premier Pape à s’installer en Avignon et échoua à ramener la papauté à Rome. Par ailleurs son nom reste attaché à la disparition des Templiers et à l’exécution de leur Grand Maître, Jacques de Molay en 1314 sur l’ordre de Philippe Le Bel alors que Clément V, réticent à cette exécution, ne put l’empêcher en n’osant s’opposer au Roi.


Fidèle à sa province, Clément V, après son décès près d’Avignon, fut inhumé à Uzeste après de nombreuses péripéties et son corps fut même en partie brûlé accidentellement lors de sa veillée funèbre en la cathédrale de Carpentras. Son tombeau fut également profané lors des guerres de religions et de la révolution française. Décidemment, cet homme ne connut guère le repos, même des siècles après sa mort !





Un petit détail amusant : sur les murs extérieurs de la collégiale, nous pouvons remarquer deux cadrans horaires, l’un classique et solaire, l’autre est un cadran canonial qui au lieu d’indiquer les heures solaires indiquait aux chanoines les heures des offices religieux du jour : laudes, prime, tierce, sexte, nonne et vêpres.


Changement d’ambiance à Château Coutet où nous fûmes magnifiquement reçus par le truculent propriétaire de ce Premier Grand Cru classé de Sauternes, M. Philippe Baly.

Après un tour dans les vignes et dans les chais, place fut donnée à la dégustation de ce Sauternes parmi les plus grands et qui remporta un vif succès au vu des bouteilles et cartons achetés qui continuèrent à remplir les coffres de notre bus. Notre déjeuner fut servi au Sauternes bien entendu. Il fut entre autres, l’occasion de tester un parfait mais souvent inconnu accord mets et vin : le roquefort avec du Sauternes. A conseiller (presque) sans modération !


Cette ancienne forteresse du XIIIᵉ siècle dont témoigne encore de nos jours sa tour carrée et crénelée, fut régulièrement transformée au cours des siècles avec l’ajout d’une maison forte au XIVᵉ, puis de tours et d’une chapelle au XVIIIᵉ qui demeurent encore. Toutes ces transformations eurent le bonheur de ne jamais nuire à l’harmonie d’ensemble de la propriété. Elle devint en 1643 un domaine viticole très réputé et salué par Thomas Jefferson au XVIIIe comme « le meilleur Sauternes de Barsac ». Un tel joyau n’échappa pas à la célèbre famille du Sauternais les Lur Saluces et reçu la distinction de Premier Grand Cru Classé dans le classement impérial de 1855.


Après cette pause gastronomique, nous fîmes un petit crochet pour visiter l’église du village de Barsac tout juste entièrement restaurée. Ce beau bâtiment construit au XVIIe présente une façade assez austère mais c’est surtout à l’intérieur que l’on peut admirer un magnifique autel baroque, flanqué de part et d’autre de statues en bois doré de Sainte Catherine d’Alexandrie et de Saint Vincent, patron des vignerons. Cet autel témoigne de la richesse de ce village dès le XVIIIe grâce au commerce du vin.


Après cet intermède, une autre surprise de taille nous attendait : la visite du château d’Hories, magnifique propriété de M. et Mme Baritault du Carpia, entièrement restaurée récemment et avec un goût exquis.


L’actuel château date du XVIe et fut remanié aux siècles suivants sans nuire à l’équilibre général de la demeure. Clin d’œil amusant de l’Histoire, le château fut acquis à la fin du XVIe par un Baritault du Carpia mais la famille le perdit au cours des siècles. Toutefois, il fut à nouveau acquis il y a une quinzaine d’années par Alain Baritault du Carpia et son épouse. Un juste retour dans la famille en quelque sorte !


Entièrement rénové tant à l’extérieur qu’à l’intérieur par des passionnés de patrimoine et d’art français, il est aujourd’hui un joyau dont peut s’enorgueillir la campagne girondine. Avec sa cour fermée, son magnifique porche d’entrée, la régularité de son architecture et son toit magnifique aux tuiles colorées rappelant les toits de la Bourgogne, il fut la magnifique conclusion de notre deuxième journée de voyage après une fort agréable collation offerte par nos hôtes.


Le lendemain, 19 septembre deux visites remarquables parachevèrent notre voyage.


Ce fut tout d’abord la visite du château royal de Cazeneuve propriété de la famille Sabran de Pontevès.


 Bordant les rives du Ciron, rivière essentielle dans le développement du Botrytis Cinerea, champignon microscopique entrainant la pourriture noble du raisin de Sauternes, ce château remonte au XIIIème mais date principalement dans son aspect visuel du XVIIème siècle. Il est classé Monument Historique ainsi que son magnifique parc arboré d'essences rares et tricentenaires également classé Natura 2000.


Témoins de son passé fort ancien, dans la cour basse du château, se trouvent les caves médiévales où vieillissent les plus prestigieux vins de Bordeaux et des grottes troglodytes. Par ailleurs, cette forteresse fut adossée à une motte féodale primitive fondée par les d'Albret au IXème siècle, agrandie au XIVème siècle pour y édifier une " ville " entière et en faire leur résidence favorite. De cette ville médiévale ne subsiste aujourd’hui que la porte d’entrée.


Le Château épouse la forme d'un polygone irrégulier, construit en surplomb du Ciron, entouré de douves, défendu par deux tours. Il enserre dans ses murs une grande cour d'honneur.


Majestueux par son architecture, ce château fut la propriété des Rois de Navarre, du Roi de France Henri IV, le Vert Galant, et de la reine Margot. Il fut également le lieu de passage d’illustres monarques dont :

  1. Edouard Ier d'Angleterre accompagnée de son épouse Aliénor de Castille en 1287,
  2. Louis XIII alors qu'il se rendait à Pau pour y signer l'Edit d'Annexion en 1620,
  3. Louis XIV en allant se marier avec l'Infante d'Espagne, Marie-Thérèse à Saint Jean de Luz y fera également une halte.


Nous eûmes la chance de pouvoir visiter l’extérieur comme l’intérieur de cette magnifique propriété qui, entièrement meublée conserve un lustre certain.


La dernière étape de notre périple fut consacrée à la majestueuse forteresse de Fargues, propriété de la famille de Lur Saluces.

En 1306, le seigneur de Fargues et neveu du pape Clément V (celui d’Uzeste), devint cardinal et fit édifier la forteresse de Fargues. A la fin du XVe, Pierre de Lur épouse Isabeau de Montferrand, vicomtesse d’Uza, dame de Fargues, faisant entrer le château dans la famille de Lur, devenue Lur Saluces en 1586 par mariage.

Au XVIIe d’importants travaux sont entreprispour agrandir le château mais un terrible incendie le ravagea quasiment intégralement en 1687. Dès lors, la forteresse vivota et les seigneurs de Fargues n’occupèrent sans doute qu’une infime partie de la forteresse qui fut abandonnée au XIXe. Fargues n’était pour les Lur Saluces, à cette époque, qu’une propriété parmi d’autres comme Malle et Coutet et bien sûr Yquem.


Ce n’est qu’au XXe que Fargues connut un nouvel essor grâce à Bertrand de Lur Saluces et à son neveu Alexandre, récemment décédé, qui surent relancer le domaine viticole. Ce dernier entreprit de gros travaux de restauration entre 2000 et 2015 qui donnèrent à la forteresse son aspect actuel et qui permirent d’aménager remarquablement certaines pièces.

Après une visite guidée nous eûmes le plaisir de déjeuner avec Madame de Lur Saluces dans la cour actuelle de la forteresse qui en fut jadis l’intérieur même. Ce déjeuner alliant simplicité et excellence fut le fort agréable point final de notre voyage.


Vers 15 heures, il fut temps pour nous de rejoindre le bus pour arriver vers 20h00 à Bournezeau, non sans avoir remercié à distance le principal organisateur de ce voyage, notre jeune vice-délégué Alexis Léon Bottarelli ! Qu’il soit ici chaleureusement remercié !


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