Voyage des VMFde Vendée dans le Lot 16 -18 septembre 2026
29 September 2026
Un merveilleux voyage dans le Lot des VMF de Vendée
Du 16 au 18 septembre 2026, les VMF de la Vendée partaient à la découverte d'un merveilleux département : le Lot. Découverte forcément partielle tant ce département est riche d'un exceptionnel patrimoine mais découverte passionnante car les propriétés et lieux visités nous permirent d'avoir un magnifique aperçu du Quercy.
Le 16 septembre tôt dans la matinée les 28 participants se retrouvèrent à l'aire de covoiturage de Bournezeau pour rejoindre notre bus et notre chauffeur pour ces trois jours, Damien. Cap fut mis pour le château de Vaillac, notre première étape où nous fûmes remarquablement accueillis par le propriétaire, Monsieur d'Antin de Vaillac. Niché au cœur du Parc naturel régional des Causses du Quercy, le château de Vaillac domine la petite vallée du Céou. Son édification débuta vers 1450, à l'initiative de la famille Ricard, peu après la guerre de Cent Ans, en retrait de l'ancien castrum médiéval qui occupait auparavant le site. Son corps de logis rectangulaire flanqué de tours rondes en fait un exemple particulièrement représentatif de l'architecture militaire quercynoise de la seconde moitié du XVe siècle. Outre l'édifice du château, majestueux et altier, nous eûmes le loisir d'admirer les extraordinaires écuries fortifiées du XVIe avec leur voûte de pierres quasiment intouchée depuis sa construction. D'emblée la barre fut mise bien haute et cette première halte laissait augurer du meilleur pour la suite.
Le château de la Pannonie fut notre étape suivante. Sur les bases d'une ancienne grange monastique du XIIIe siècle, un premier château en U fut construit par un riche marchand de Rocamadour, Pierre Lagrange. Le château fut ensuite embelli au XVIIIe, siècle qui lui donna des salons élégamment meublés, ornés de portraits de famille qui s'agrémentèrent ensuite de merveilleux plafonds. La propriétaire, Madame Julie Birot nous conta, par le menu et avec une belle conviction, ce voyage à travers les siècles dont témoigne l'architecture remarquable de ce château.
La dernière étape de la journée eut une dimension certes architecturale mais aussi spirituelle avec la visite du sanctuaire de Rocamadour. Classé au jourd'hui au patrimoine mondial de l'UNESCO, ce sanctuaire étonne, surprend et émeut toujours autant depuis le XIIe date des premiers pèlerinages mariaux. Le sanctuaire de Rocamadour tire son origine de la légende d'un ermite, Saint Amadour, qui se serait installé dès le VIIe dans une grotte naturelle accrochée à flanc de falaise au-dessus du canyon de l'Alzou. Depuis le XIIe, un Vierge Noire règne sur ce sanctuaire profondément remanié et reconstruit au XIXe et en préserve la dimension religieuse. « Negro sum sed formosa ». "Je suis Noire mais belle", nous dit-elle depuis 9 siècles. "Noire de toutes les souffrances du monde que je porte en moi comme une vraie mère, mais belle de l’Espérance née au pied de la Croix de mon fils que je veux faire connaitre à tous mes enfants".
Le soir venant, nous fîmes route vers le Grand Couvent de Gramat qui fut notre hôtel pour ces trois jours.
La journée du lendemain fut à la mesure de la veille. Ce fut tout d'abord la découverte de l'extraordinaire abbaye de Marcilhac-sur-Célé, dont il ne reste malheureusement plus grand chose mais qui conserve malgré tout un remarquable intérêt architectural et il y souffle aussi encore un peu de cette force puissante qui animait ses constructeurs. Notre guide, M. Jacques Cubaynes sut avec une extrême compétence et une passion communicative, nous faire découvrir à la fois la grande histoire de cette abbaye et ses exceptionnels détails architecturaux. L'abbaye trouve son origine dans une cella fondée par des moines bénédictins de Moissac, avant de devenir une abbaye indépendante et puissante dès le Xe siècle. À son apogée, au XIIIe siècle, elle possédait plus de cent fiefs répartis dans cinq diocèses et exerçait même son autorité sur le sanctuaire de Rocamadour, avant d'en perdre la maîtrise au terme d'un long procès contre l'abbaye de Tulle. Ravagée pendant la guerre de Cent Ans, l'abbaye fut reconstruite en style gothique entre 1450 et 1462 grâce aux largesses de la famille Hébrard de Saint-Sulpice, qui fournit ses abbés durant deux siècles, avant de subir de nouveaux dommages lors des guerres de Religion. Sécularisée en 1750, elle devint église paroissiale, tandis que les bâtiments conventuels furent vendus comme biens nationaux à la Révolution. Aujourd'hui encore, le site offre un contraste saisissant entre la nef romane à ciel ouvert, vestige de l'abbatiale primitive, et l'église gothique toujours consacrée, qui conserve des peintures murales armoriées ainsi qu'une salle capitulaire ornée de chapiteaux sculptés du XIIe siècle.
Changement de style avec le château de Larnagol. Après des ruines somptueuses, place à un remarquable ensemble fortifié exceptionnellement restauré et ancienne demeure de Raymond Subes, ferronnier emblématique de l'Art Déco. Monsieur et Madame Conté-Pierron, les actuels propriétaires nous rapportèrent à la fois l'histoire tourmentée de leur bâtisse et les imposants travaux qu'ils durent conduire pour redonner à leur propriété tout le lustre qu'elle méritait. Édifié à partir du XIIIᵉ siècle, puis profondément remanié aux XIVᵉ et XVᵉ siècles, le château illustre l'évolution progressive de l'architecture castrale médiévale à la demeure seigneuriale, malgré les vicissitudes, destructions cumulées de la Guerre de Cent ans et des Guerres de Religion mais aussi, plus récemment, une longue période d'abandon au XXe.
Le château de Cenevières fut notre étape pour le déjeuner. Si nous eûmes à table la joie de retrouver les saveurs de la gastronomie quercynoise, nous fûmes également plus que comblés par la visite de cet extraordinaire site fortifié que nous fit découvrir l'un de ses propriétaires, Monsieur Olivier de Braquilanges. A Cenevières, tout au presque prend une dimension exceptionnelle : la beauté du site naturel, la forteresse bâtie à l'aplomb d'une falaise, la remarquable galerie à colonnes Renaissance, un étonnant et mystérieux cabinet d'alchimie du début XVIIe, les salons à poutres peintes du XVIe, des tapisseries du XVe et tant d'autres merveilles rehaussées par le prestige de la visite en 1580 d'Henri de Navarre, futur Henri IV en ces murs. Un temple protestant demeure dans l'enceinte du château comme le témoin discret de la conversion au Protestantisme des propriétaires de l'époque.
L’étape suivante au Moulin du Cougnaguet, fut une échappée totalement hors du temps, passionnante et pleine de charmes grâce à la beauté et l’originalité de la bâtisse construite à la bascule des XIIIe et XIVe mais aussi grâce à la truculence de son propriétaire à la voix grasseillante et au fort accent lotois mâtiné de patois. C’est lui qui, tout seul, remit en fonction tout le système des conduites forcées et des quatre meules du moulin capables de moudre jusqu’à 3 tonnes de blé par jour. Avec beaucoup de naturel mais non sans espièglerie, il sut nous initier à l’art de transformer le blé en farine en prêtant attention à ce que jamais les deux meules, la dormante et la tournante, ne se touchent ou à ce que jamais le blé ne brûle.
Le moulin proprement dit est une robuste bâtisse fortifiée qui fut capable de résister aux troubles de son temps. En cas d'attaque, il suffisait aux moines de fermer la porte et d'ouvrir les vannes intérieures pour noyer les assaillants sous un puissant courant d'eau. Une digue de six mètres d'épaisseur retient encore aujourd'hui les eaux de l'Ouysse sur près de deux kilomètres et le bief alimente toujours quatre conduites forcées entraînant les quatre meules à moudre. Après de nombreux échanges pleins de saveur, chacun put repartir avec un petit sachet de farine tout juste moulue sous ses yeux.
Le lendemain, dernier jour de notre périple nous réserva aussi son lot d’excellents surprises. Le château de Cugnac, avec son aspect trapu et ses tours poivrières évoque immédiatement le XVe. Pourtant, il aurait en réalité été construit durant la première moitié du XVIIe siècle, comme le suggèrent certains détails de sa construction. Les propriétaires Monsieur et Madame Jacques de Verdal nous firent découvrir les charmes extérieurs et intérieurs de leur noble demeure avec ses toits de lauzes et sa porte aux pilastres doriques surmontés d’un fronton triangulaire. Mais Monsieur Jacques de Verdal nous avait préparé une autre surprise pleine d’originalité : tailleur de pierre, il se proposa en effet de nous faire découvrir l’art de la taille de la pierre. Chacun de nous eut alors le loisir, près de trois heures durant et armé d’un marteau et de différents burins, de tenter de sculpter un bloc de grès ocre. Quel que fut le résultat de chacun, l’enthousiasme et l’allant de tous ne faiblirent pas mais tous purent mesurer combien il est difficile de faire de la main le prolongement de la pensée !
Pour notre ultime visite de ce voyage nous fûmes magnifiquement reçus par madame Florence Bottarelli, pilier durant des années des VMF du Lot et d’Occitanie et maman d’Alexis, délégué adjoint des VMF de Vendée et grand organisateur de notre voyage. Avec verve et entrain elle nous fit découvrir les charmes de sa grande maison lotoise au Bourg. Outre son architecture extérieure si typique du Quercy, nous pûmes faire la découverte d’un étonnant moulin à huile en parfait état et jadis actionné par des chevaux tout en appréciant le bel aménagement intérieur combinant respect des lieux et confort moderne. Un excellent déjeuner a clos notre voyage et l’on ne peut que regretter que repas dût être mené au pas de charge pour répondre aux exigences légales d’amplitude horaire de notre conducteur…
Après une long mais reposant voyage, nous arrivâmes vers 21h30 à Bournezeau, l’esprit plein d’images et de merveilleux souvenirs mais déjà tourné vers le voyage 2027 !
Galerie de photos
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