VMF 84 : 3 châteaux autour du Rhône

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12 May 2026

VMF 84 : Visites de trois châteaux autour du Rhône

Château de Saint-Thomé

La journée commence par la visite du château de Saint-Thomé en Ardèche où nous sommes accueillis par Jacques-Louis et Françoise Mercoyrol de Beaulieu, les propriétaires de cette ancienne forteresse qui domine le confluent de trois vallées (l’Escoutay, le Dardaillon et la Nègue).

Pendant qu’une partie des participants visite le château, l’autre partie est emmenée par

par M. Pintaux, maire de Saint Thomé, pour visiter l’église Saint-Thomas et la chapelle Saint-Sébastien situées en haut du village. Tout en parcourant la rue qui monte vers ces deux édifices, notre guide évoque l’histoire du lieu, occupé de très longue date : des vestiges du paléolithique et de l’époque gallo-romaine ont été retrouvés à proximité, et il est vraisemblable qu’un 1er édifice religieux existait dès le viie siècle à l’emplacement de la chapelle actuelle. Celle-ci, reconstruite au xiie siècle, appartenait au précenteur de la cathédrale de Viviers et était co-seigneur de Saint Thomé. Quant à l’église Saint-Thomas, dotée également d’une belle abside semi-circulaire, elle reste pour l'essentiel un édifice du xiie siècle malgré les transformations, telles que la façade, réalisées dans les années 1870.

Mais revenons au xxie siècle et plus précisément le 11 novembre 2019. Ce jour-là, comme en témoigne M. Pintaux, tout le monde était rassemblé à la mairie ; c’est alors qu’une énorme explosion se fit entendre et la terre se souleva puis retomba aussitôt : c’était le fameux tremblement de terre (5.7 sur l’échelle de Richter) qui secoua la région de Viviers.


De retour au château, les deux groupes se croisent et Jacques-Louis de Beaulieu prend le relais pour nous conter l’histoire du château et de sa famille. Les archives du château ayant brûlé, peu d’éléments sont connus sur la construction de l’édifice qui fut largement remanié aux xvii et xviiie siècles. La co-seigneurie de Saint-Thomé, fief ayant appartenu un temps à la puissante famille de Vesc, fut achetée par un ancêtre de Jacques-Louis en 1777.

Cet ancêtre était maréchal des camps et a laissé des souvenirs fort intéressants de ses différentes campagnes.

La visite de différentes pièces du château donne à nos hôtes l’occasion d’expliquer les dommages subis suite au séisme de 2019 et les restaurations qui s’en suivirent notamment celle du papier peint du salon (xviiie s.) qui est inscrit à l’inventaire des monuments historiques. Ces travaux durèrent plus de 2 ans pour remettre en état le château.


Château de Lafarge

Nous nous retrouvons à l’Hostellerie Charles de Foucauld à Viviers pour le déjeuner avant de partir au Château de Lafarge où nous attendent Raphaël et Odile de Lafarge. C’est cette dernière qui nous commente l’histoire familiale en commençant par l’année d’achat du fief de Lafarge et de son château par la famille Pavin en 1749. C’est en 1833 que commence l’aventure industrielle de la famille de Lafarge lorsque Léon développa la production de chaux à partir de carrières situées au Teil.A partir de là, la famille s’employa à développer l’entreprise jusqu’à devenir le cimentier mondialement connu.

Odile de Lafarge mentionne en particulier Raphaël (un fils de Léon) qui fit construire en 1881 la fameuse cité Blanche (en hommage à son épouse Blanche de Causans) destinée à loger dignement les ouvriers de l’usine.

Concernant le château, la famille ne dispose malheureusement que de peu d’archives pour préciser la date de construction et les évolutions successives de l’édifice. Néanmoins, les principaux agrandissements et embellissements eurent lieu tout au long du xixe siècle en parallèle de l’essor de l’entreprise familiale.

Pendant la visite des différents salons, Odile de Laforge évoque également le séisme de 2019 qui frappa durement le château et qui contraignit ses propriétaires à d’amples travaux de restauration et de renforcement de la structure du bâtiment (poses de tirants, cerclages et IPN) heureusement terminés aujourd’hui permettant à Odile et Raphaël de Lafarge d’accueillir enfants et petits-enfants durant les vacances.

La visite nous permet également de découvrir la surprenante chapelle néogothique (xixe s.), perdue au milieu des bois de la propriété, où sont enterrés les ancêtres de la famille de Lafarge.


Château de Combeaumont.

Nous traversons ensuite le Rhône pour nous rendre à Châteauneuf-du-Rhône, et plus précisément au Château de Combeaumont.

Tristan et Agnès de La Mure nous ouvrent les portes de leur domaine situé sur la rive gauche du canal du Rhône qui coule non loin.

Ce lieu qui appartient à la famille de la Mure depuis plusieurs siècles couvrait plus de 600 ha et était autrefois destiné à l’exploitation agricole. Avec le creusement du canal, la superficie fut considérablement réduite mais le parc que nous commente Tristan, avec ses arbres plus que centenaires, notamment de magnifiques platanes, témoigne de la transformation du domaine agricole en lieu de résidence à partir du xviiie siècle. Le château date d’ailleurs de cette époque avec des agrandissements et aménagements aux xixe et xxe siècles.

Par ailleurs, Tristan nous explique, contrairement à ce que nous pourrions penser, que les fontaines et bassins du parc, ne sont pas alimentés par l’eau du fleuve mais par des sources qui viennent des Alpes.

De son côté, Agnès nous fait les honneurs du château en nous faisant parcourir différentes pièces qui conservent les souvenirs familiaux. Parmi ses souvenirs, Agnès nous montre le carnet de voyage d’une aïeule de Tristan qui fut cantatrice et qui ne manquait pas de peindre les lieux qu’elle fréquenta lors de ses voyages.

En montant l’escalier qui mène à l’étage, nous pouvons voir une mosaïque qui rappelle la présence d’une villa gallo-romaine sur le domaine de Combeaumont. Les vestiges ont été découverts à l’occasion de fouilles archéologiques et plusieurs éléments exhumés lors de ses fouilles sont exposés au musée archéologique de Saint-Paul-Trois-Châteaux.

A l’instar des deux précédents châteaux, Combeaumont fut également touché par le séisme avec notamment la chute des cheminées qui entraina l’effondrement de la toiture.

A l’issue de la visite, Agnès et Tristan ont la gentillesse de nous réunir autour d’un verre et quelques délicieux gâteaux.


Merci à Bertrand Liger, délégué du Vaucluse, pour l’organisation de cette journée et à nos hôtes si accueillants qui ont ouvert leur résidence permettant ainsi une cinquantaine d’adhérents de découvrir ces châteaux autour du Rhône.



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