Conférence à la cathédrale de Sées et réception au manoir de Cleray

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12 April 2024

Promenade dans Sées et ses environs

Deux cents adhérents se sont retrouvés sur le parvis de la cathédrale de Sées pour une passionnante visite de ce monument historique orchestrée par le Père Olivier Prestavoine.


De la cathédrale romane érigée en 1060 à la flamboyante cathédrale gothique que nous connaissons aujourd’hui, le père Prestavoine nous narre les vicissitudes rencontrées par celle-ci : incendies et pillages en premier lieu avec le conflit entre les Plantagenets et Capétiens (1151-1174) puis avec les guerres de religion (1563) où les statues de la façade seront décapitées par Gabriel 1e de Montgommery, violents orages (1611 – 1637) détériorant les vitraux et le clocher Nord, et enfin les tourments de la Révolution Française où les statues de la façade seront « méthodiquement » martelées (1793).


Toutefois ,d’importants travaux de restauration au cours des siècles ont été effectués par les évêques de Sées, et pour n’en citer que quelques-uns, nous évoquerons, Jacques Camus de Pontcarré (1614-1650) qui restaure le clocher et les vitraux, François Rouxel de Médavy (1650-1670) qui remplace la flèche du transept par un dôme en bois, Louis François Neel de Christot ( 1740 -1775) à qui l’on doit la restauration du chœur et la grille du parvis, le célèbre Jean-Baptiste d’Argentré (1775-1791), premier maire de Sées qui effectue de profondes restaurations de la cathédrale.


En 1808, le préfet interdit la cathédrale pour des raisons de sécurité et en 1811, Napoléon 1er lance la restauration de la cathédrale de Sées.  Jean Antoine Alavoine (1778-1834), architecte, enchâsse la façade dans un massif de granite et introduit la fonte. En 1837, Victor Ruprich-Robert (1820-1887) reprend les fondations de l’abside et achève la restauration de la nef. En 1875, l’Etat classe la cathédrale Monument Historique. Monseigneur François Tregaro (1881-1897) allonge la chapelle axiale d’une travée.

La conférence est passionnante car elle allie la définition « spirituelle d’une cathédrale » à l’exposé historique d’un prêtre qui ne se veut pas historien.


Nous nous dirigeons ensuite vers le charmant lieu-dit de Cleray (« eau claire »), répertorié depuis le 5ème siècle, période où Saint Latuin, premier évêque de Sées, s’y est réfugié alors qu’il était poursuivi par les gallo romains. Un oratoire fut construit par ses soins à l’emplacement de l’église actuelle.

Nous sommes accueillis parles, propriétaires d’un ravissant manoir érigé en 1610 sur l’ancien site d’une motte castrale.


L’ordonnancement des bâtiments du manoir avec une cour d’honneur et une basse-cour nous laisse deviner les contours de la motte initiale.

Des murs et des traces de construction de bâtiments seigneuriaux dès le XVème siècle restent au coins Sud et Ouest des dépendances. L’aile Ouest du manoir actuel, plus basse que le reste du logis seigneurial, est construite sur les murs de l’ancien manoir médiéval.

Le manoir actuel avec son logis seigneurial entouré de douves d’eau vive, et de sa large cour de dépendances, forme un ensemble homogène entièrement construit entre 1610 et 1630.

La construction très défensive les proportions importantes des dépendances, et la grande sobriété des façades confirme le caractère protestant des constructeurs.

La tour de guet, la hauteur des façades, les deux coures formant deux enceintes de protection témoignent d’une volonté des seigneurs de se protéger contre d’éventuels assaillants.

La famille de Cleray résida dans le manoir médiéval du XI au XVIème siècle.

Gilles de Cleray, comme son père Jean, en est seigneur en 1522

De son mariage avec Gratienne le Coutellier, il a trois fils : l’ainé Jacques, seigneur de Cleray et de Guichaumont est maintenu dans sa noblesse en 1666 ainsi que ses descendants.

Il est attaché au service du roi Henri IV qui lui donne le 7 avril 1591, les biens de quelques seigneurs pour le récompenser de ses services.

Il contracte un mariage, le 15 octobre 1599 avec Marie de Malassis (ou Malaisé) dont il a quatre enfants : Philippe, sieur de Saint Clair, Jean, sieur de la Perrière et de Cleray , Jacques, sieur de Guichaumont et Madeleine mariée en 1600 au temple de Saint-Julien-sur-Sarthe à Charles d’Ocaigne.

Jean de Cleray, de son mariage avec Suzanne Herbron a une fille, Anne-Suzanne (1676-1744) qui épouse Samuel de Frotté, sieur de la Rimblière.

Philippe de Cleray, devenu sieur de Cleray, a de son union avec Suzanne de Villiers, une fille Perette qui épouse en 1592 Jean de Neuville.

Leur fils, Marin de Neuville, chevalier – seigneur de Cléray et Belfond, Saint-Martin-de-Noyers et Exmes épouse Anne de Crux et leur fils Jacques Antoine de Cleray de Neuville apparaît régulièrement comme parrain des enfants du village.

Jacques Antoine de Cleray de Neuville épouse à Domfront en 1653, Magdeleine de Chartres.



Sa petite fille, Elisabeth Perrette Dominique Thérese, transmet Cleray, lors de son mariage en 1731 à Henri François, marquis de Rabodanges, décédé en 1751.

Marie Anne de Rabodanges, marquise de la Ferté Senecterre, issue de leur union, sera sans doute la dernière propriétaire de Cléray à avoir habité le logis seigneurial.

Le banquier Jean Gabriel Eugène Lecointre (1771-1835), issu d’une famille de marchands de toile à Alençon, achète Cleray en 1810 et le manoir est ensuite transformé en ferme, subissant de nombreuses dégradations dues au manque d’entretien puis aux nécessités de l’activité agricole.


Nous avons le privilège d'une visite commentée des intérieurs, entrée, grand salon et chambre, témoignages des éléments patriciens conservés dans leur beauté.

Notre journée s’achève joyeusement avec un buffet dînatoire dans la salle des lustres où nous avons convié nos adhérents pour les remercier de leur fidélité à notre délégation de l'Orne.     





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