Journée dans les environs de La Châtre

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22 May 2026

Journée dans les environs de La Châtre, 150 ans du décès de George Sand

Cette journée des VMF du Cher fut l’occasion d’une incursion dans l’Indre, et nous étions bien naturellement accompagnés du délégué départemental de l’Indre, Hubert Morin et de sa femme. La basilique de Neuvy-Saint-Sépulchre et l’église Saint-Martin de Vic nous ont été présentées par Monsieur Gérard Guillaume, membre de l’Académie de Berry, expert en architecture religieuse, guide remarquablement documenté et absolument passionnant !


Manoir d’Archy, à Mouhers


La seigneurie est mentionnée dès le XIIIème siècle. La maison de maître fut construite au milieu du XVIIIème siècle par le grand-père de l'écrivain Henri de Latouche, premier éditeur de George Sand et directeur du Figaro, à partir de 1828. Résidence de campagne du sénateur Emile Forichon, à la fin du XIXème siècle, elle fut agrandie et agrémentée d'un parc paysager.


Abandonné durant trente ans, le monument historique de Mouhers a été acquis en 1976 par Jean-François Appert lors d’une vente aux enchères. Le bâtiment était alors à l’abandon, en grande partie pillé, "ouvert aux quatre vents, avec des sols en terre battue, sans chauffage, ni électricité" selon lui.


Avec son ami Jacques Simeray, malheureusement disparu il y a deux ans, et le concours d’artisans locaux, Jean-François Appert en a alors entrepris une totale restauration, pour en faire aujourd’hui une demeure d’une rare élégance.


Nous avons pu visiter quelques pièces, comme la cuisine avec son impressionnante collection d’ustensiles en cuivre ...


... un salon, lieu de culture et de raffinement ...


... un petit salon, lieu de détente et de tranquillité, à côté de la salle de musique ...


... et certaines parties extérieures, comme cette terrasse...


... ou cette magnifique pelouse ...


Ce manoir est maintenant inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques et Jean-François Appert est

toujours soucieux de le présenter au plus large public, soit par des visites comme la nôtre, soit par le

biais de nombreuses manifestations musicales.

Il faut l’en remercier et le féliciter car le travail qu’il a réalisé depuis une cinquantaine d’années avec

Jacques Simeray est une exceptionnelle réalisation.


Basilique de Neuvy-Saint-Sépulchre


Au XIème siècle, en plus des deux églises paroissiales existantes (Saint-Etienne et Saint-Pierre), fut construit un troisième édifice, imité du Saint-Sépulcre de Jérusalem, pour commémorer le pèlerinage en Terre Sainte accompli par le seigneur Eudes de Déols et plusieurs de ses chevaliers. C’était une église "collégiale" (desservie par des chanoines), sous le vocable de Saint-Jacques-le-Majeur, patron des pèlerins.


En 1257, le cardinal Eudes de Châteauroux, légat du pape à la VIIème croisade, faisait parvenir à l’église de Neuvy un fragment du tombeau du Christ et trois gouttes du Précieux-Sang. Elle eut ensuite à souffrir de la Guerre de Cent Ans vers 1360, lorsque les voûtes et le grand pignon s’effondrèrent sous le poids des meubles et denrées entreposées par des réfugiés de La Châtre, chassés par les Anglais.


Comme d’autres églises rurales, et malgré des reconstructions, elle fut épargnée par les Guerres de Religion et la Révolution, qui vit cependant disparaitre le chapitre. La collégiale devint alors église paroissiale, sous le vocable de Saint-Etienne. Classée Monument Historique en 1847, elle fut alors l’objet d’une importante campagne de restauration dirigée par Eugène Viollet-le-Duc.


D’un point de vue architectural, c’est la rotonde qui fait l’originalité de la basilique. Mais avec la nef et le chevet, il s’agit bien d’un seul et même édifice voulu par ses

concepteurs. À l’initiative d’Eudes de Déols, elle fut construite à l’imitation du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Et jusqu’en 1806, il y avait au centre une sorte de construction massive, qui figurait le Saint Sépulcre, fermée par une porte en fer et recouvrant un autel sur lequel était placé le reliquaire contenant les gouttes du Précieux-Sang.

Par ailleurs, une inscription sur une dalle prouvait que, bien avant le don du cardinal Eudes en 1257, on vénérait à Neuvy des reliques du sépulcre et du calvaire.


Pendant la Révolution, en février 1794, la précieuse relique faillit disparaître. Elle fut épargnée grâce au stratagème du sacristain Jean Blondeau qui remplaça, dans le

reliquaire, les gouttes de sang par des morceaux de poire cuite. Quand les temps furent plus calmes, les gouttes du Précieux-Sang furent restituées au clergé. Elles sont

aujourd’hui présentées dans un reliquaire fabriqué en Belgique et offert par une famille belge.



Généalogie de George Sand : ascendance contrastée


Sur la petite route entre Neuvy et Sarzay, présentation de la généalogie de George Sand, bien-sûr arrière-petite-fille du fils naturel d’Auguste II, roi de Pologne : Maurice de Saxe, Maréchal de France, mais aussi cousine des propriétaires de Chenonceau, demi-sœur par sa mère de Caroline Delaborde (épouse Cazamajou), demi-sœur par son père d’Hippolyte Chatiron (" Mon frère avait beaucoup de l’esprit et de l’âme de notre père, comme il avait beaucoup de son air et de sa tournure dans sa jeunesse.

Mais, dès l’âge de trente ans, l’épaississement moral et physique effaça cette ressemblance, et il entra avec acharnement dans un système de suicide, où son caractère se dénatura, où ses facultés s’éteignirent, où son cœur même s’aigrit. " écrit George Sand dans « Histoire de ma vie ») ... [dont sont issus les frères Simonnet que nous avons rencontrés à Saint-Amand-Montrond au cours de la visite de leur hôtel particulier]. De son mariage avec Casimir Dudevant, George Sand a eu deux enfants, dont la

postérité s’éteint à leurs enfants.


Romans : plus de 80 ! Quelques incontournables de George Sand : La Mare au Diable – (1846),

François le Champi – (1847-1848), La Petite Fadette – (1849), Indiana – (1832), Lélia – (1833-1839) ;


autobiographie : Histoire de ma Vie, un témoignage unique sur le XIXe siècle – (1855).



Déjeuner à Sarzay, en face du château qui servit d’inspiration à George Sand pour son roman « Le meunier d’Angibault ». À la fin du déjeuner, Hubert Morin a déclamé un poème d’Alfred de Musset : "Le Saule". Pâle étoile du soir messagère lointaine, Dont le front sort brillant des voiles du couchant...



Eglise Saint-Martin de Vic


Tout à la fin du XIème siècle, entre 1092 et 1099, l’église de Vic est donnée à l’abbaye de Déols. C’est la première trace de l’existence de l’église, mais il ne s’agit probablement pas du bâtiment actuel dont la partie la plus ancienne est le chœur non voûté, sans doute antérieur au XIIème siècle. En 1485, la charpente est lambrissée à neuf, suivant une inscription peinte sur un des entraits. En 1787, un clocher de charpente est placé sur la nef. Pendant la Révolution, l’église est transformée en grange.


Les fresques sont découvertes en 1849. À la fin de 1849, le nouveau curé de la paroisse, l’abbé Jean-Baptiste Périgaud, prend possession de la vieille église. Il entreprend de dégager la fenêtre du chœur de l’abside. Il découvre alors des traces de peintures sous les enduits. En grattant ces enduits, il dégage une première fresque. Il continue, et va enlever jusqu’à cinq couches d’enduits qui dissimulent les fresques. En peu de mois, un ensemble de peintures important est mis au jour. George Sand, en châtelaine voisine, vient visiter les lieux le soir avec ses invités du moment.


Tout le monde s’agite pour le sauvetage des fresques dans une église dans un piteux état. Le maire de Vic saisit la jeune administration des Monuments historiques. Le 20 décembre 1849, il envoie un dossier aux autorités, avec copie à l’archevêque. George Sand, de son côté, demande à son fils Maurice, élève de Delacroix, de faire un relevé sommaire des fresques. Dès le 6 février 1850, la Commission des monuments historique, sous l’impulsion de Prosper Mérimée, donne un avis favorable au classement.


La restauration de l’église comprend l’allongement de la nef vers l’ouest, le remplacement du vieux clocher par un clocher-porche et la construction d’une absidiole attenante à la chapelle au sud du chœur. La toiture et le dallage sont refaits à neuf. Le 4 septembre 1853, l’église est restituée au culte.


Dans son « Guide des pèlerinages et Chemins de Compostelle », Gérard Guillaume explique parfaitement la finalité des fresques : « Les moines de Déols firent réaliser les fresques que nous admirons aujourd’hui XIIème siècle, à la fois dans le but de magnifier l’édifice, de soutenir par l’image la prédication des clercs, et aussi de marquer le prestige de la maison-mère, concurrencée localement par d’autres établissements voisins ».


Retour à La Châtre en passant devant la maison de George Sand à Nohant-Vic.




La Châtre


À La Châtre, nous sommes accueillis par la Présidente du Prix de l'Académie du Berry : Madame Monique DELCLAUX, Présidente des Amis du Vieux La Châtre. Devant l’imposante statue de George Sand à proximité de l’hôtel de ville, Mme Delclaux nous présente l’histoire de La Châtre, sa fondation par les puissants sires de Déols, et la vie de cette ville au temps de George Sand.


Puis nous marchons dans la vieille ville : le couvent des Carmes, religieux venus au moment de la grande peste de 1348 et demeurés à la Châtre jusqu’à la Révolution (actuel hôtel de ville et cinéma-théâtre dans la chapelle...), l’hôtel de Villaines (futur Musée George Sand et la Vallée noire dont l’ouverture est prévue en 2030).


Passage devant la maison d’Henri de Latouche (Archy), le donjon des Chauvigny, des maisons à pan de bois dont « la maison rouge », et de nombreux endroits où habitaient des amis de George Sand comme la maison Duvernet où elle s’est réfugiée avec ses enfants et petits-enfants au moment de l’épidémie de variole en 1870, et celle des Bourgoin qui domine la vallée de l’Indre où elle a passé quelques mois en attendant que son divorce soit prononcé.


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