Concert VMF au Monastir del Camp

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10 January 2024

Concert de piano au Monastir del Camp

C’était un événement musical qu’avait organisé, le 8 septembre dernier, la délégation des Pyrénées Orientales des V.M.F. En ce début de soirée d’été finissant, la musique avait rendez-vous avec le patrimoine architectural, dans ce lieu inspiré qu’est le Monastir del Camp, situé sur la commune de Passa, qui allie une chapelle romane simple et belle à un cloître gothique de marbre blanc.

Le pianiste rouennais Christian Lorandin a interprété, pour le plus grand bonheur de son nombreux public, des œuvres rassemblées dans un programme éclectique au premier abord mais dont les fils conducteurs étaient d’une part le passage de Chopin en Roussillon, en 1838, lors de son voyage vers Majorque, où il séjourna avec George Sand et d’autre part la proximité de l’Espagne, frontalière du département des Pyrénées Orientales.

C’est ainsi que l’on put entendre, s’inscrivant dans le souvenir de Frédéric Chopin, le pélude n°20, d’une grande profondeur, qui trouvait si justement sa place sous les voûtes du Monastir, ainsi que les valses op 69 n°1 et op 64 n°2, dans l’exécution desquelles le toucher et le tempo sensibles de Christian Lorandin furent particulièrement remarqués. Une amitié et une admiration réciproques liaient Chopin et Liszt et c’est naturellement que la 3ème rhapsodie hongroise de ce dernier trouvait sa place à la suite des deux valses. Christian Lorandin en donna une brillante interprétation dans laquelle on pouvait sans doute retrouver quelques accents évoquant le grand Cziffra. Liszt joua souvent en concert avec le compositeur français Henri Bertini, ce qui assura la transition vers des extraits des études de ce dernier.

S’agissant du registre plus « local », le voisinage avec l’Espagne avait conduit le pianiste à choisir d’interpréter d’une part deux sonates de Scarlatti, « le plus espagnol des compositeurs italiens », qui ravirent l’auditoire par le brio avec lequel elles furent exécutées et d’autre part « Mallorca », une barcarole d’Isaac Albéniz, ainsi que « Malagueña », extrait des « Recuerdos de viaje », œuvres pleines de couleurs et de sentiment.

Clin d’œil au Roussillon, Christian Lorandin interpréta aussi une œuvre écrite pour guitare, dont il avait assuré lui-même la transcription pour piano, « Fantaisie sur l’air des folies d’Espagne », de François de Fossa (1775-1849), compositeur catalan et par ailleurs officier. Enfin, la soirée se termina par le superbe et traditionnel « Cant dels Ocells », que Pau Casals jouait systématiquement lors de des concerts qu’il donnait, notamment à Prades, non-loin du Monastir del Camp. Cette attention particulière fut très appréciée de l’auditoire, tout comme la proximité de Christian Lorandin avec l’assistance, à laquelle il s’est adressé avant l’exécution de chaque œuvre afin de la resituer dans son contexte.

De l’avis de tous, ce concert aura été un très beau moment musical.


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