Gimel et Saint Priest (24 août 2026)

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26 August 2026

Gimel et Saint Priest

A l’origine destiné à découvrir comment travaille concrètement un artisan restaurateur de peintures murales que nous avons primé l’an passé, cet après-midi bien suivie s’est élargi à d’autres aspects touchant à la protection et la mise en valeur du Patrimoine grâce au choix que nous avons fait de retenir Gimel comme point d’appui de ce programme multiforme.

Fort connue par ses cascades spectaculaires sur la Montane, la commune de Gimel présente de nombreux atouts culturels: longtemps siège d’un archiprêtré de l’évêché de Limoges, elle offre une église dotée d’un riche mobilier; les ruines d’un château longtemps menaçant, un habitat ayant largement conservé son authenticité, les aménagements paysagers réalisés par un artiste réputé en son temps permettaient d’offrir un large éventail de sujets en osmose avec les objectifs généraux des VMF.

Un temps orageux a conduit à assurer dans l’église même de Gimel les présentations successives de M. Vladimir Halalau, restaurateur bien connu d’une grande quantité de fresques ou de peintures murales, et de M. Alain Sentier, maire de Gimel, qui nous ont passionnés.

Des travaux de restauration plutôt limités à l’origine ont permis de détecter, derrière un retable 18eme en faux marbre, des traces de peinture occupant la quasi- totalité d’un mur plat absidial. Il eût été impossible de déchiffrer ces peintures magnifiquement restaurées sans les commentaires de M. Halalau : deux programmes iconographiques entièrement distincts, d’époques très éloignées (14-15 eme et 17 eme), d’inspiration artistique sans rapport, mais unifiés par les références purement locales aux saints protecteurs de Gimel ( l’ermite Dumine et Saint Pardoux) ne sont compréhensibles que grâce au savoir et au travail méticuleux du restaurateur. Il nous explique longuement ce qu’il a successivement découvert, pourquoi et comment il a conservé certaines parties qui, peut -être, brouillent parfois la lisibilité, mais maintiennent du moins l’exigence de réversibilité et d’intégrité qui est au cœur de son métier.

A ce passionnant exposé, a succédé celui que M. Sentier, tout aussi pédagogue et passionnant, a consacré à la figure de Gaston Vuillier, qui joua un rôle essentiel dans la découverte, la mise en valeur et la protection du site de Gimel au tournant du 19eme siècle. Cette personnalité multi-faces, peu connue sans doute de la majorité des auditeurs, tient en effet de l’artiste peintre, du journaliste, de l’ethnologue, de l’entrepreneur, doublé d’un grand sens de la communication et des réseaux, ces réseaux qu’il sut mobiliser pour empêcher par deux fois une captation des eaux de la Montane qui aurait à jamais tari les cascades. Tous aspects développés par M.Sentier d’une façon synthétique et vivante.

Il allait de soi qu’ensuite, à quelques dizaines de mètres, un petit déplacement se fasse vers ce Castel Vuillier (ISMH), qu’il fit édifier, originale construction entourée de jardins en terrasses que des aménagements successifs permettent de parcourir pour observer les deux premières des quatre cascades. La pluie nous aurait empêchés d’en profiter plus longtemps…

Une destination toute proche renforce l’attrait culturel de ces lieux : le château remarquable de Saint Priest, que la générosité de la famille de La Pradelle nous permet de découvrir. Remarquable par son pur style 18eme, exceptionnel en Corrèze, bien niché dans un parc mêlant belles espèces et prairies dégagées sur de lointains horizons, Saint Priest ( ISMH) est également remarquable par la succession de ses propriétaires, qui ont joué un rôle considérable en osmose avec de grands événements de l’histoire nationale, attirant sur place des personnages connus pour leur action politique, leur talent littéraire, leur aura médiatique ou leur contribution à la science.

Tout ceci nous est conté succinctement, avant que les cieux ne se dégagent assez pour permettre à l’habituel pot de clôture de se dérouler joyeusement.