Une journée en Vendômois le 3 juin 2023

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23 July 2023

Une journée en Vendômois le 3 juin 2023

Une journée en Vendômois, 3 juin 2023

 

 

Mes amis, que reste-t-il ?

À ce dauphin si gentil ?

Orléans, Beaugency,

Notre Dame de Cléry,

Vendôme, Vendôme !

 

Les ennemis ont tout pris

Ne lui laissant par mépris

Qu’Orléans, Beaugency,

Notre Dame de Cléry,

Vendôme, Vendôme !

 

 

 

Et l’on se plaît à espérer entendre le fameux carillon résonner du haut de la tour Saint Martin dans cette belle ville de Vendôme, lieu d’une nouvelle sortie organisée par notre déléguée Véronique de Vallois dont c’est le « fief » !

Trois groupes sillonnent ainsi la vieille ville logée le long des bras et canaux du Loir, se croisant à peine, écoutant la riche histoire de Vendôme, d’une particulière importance entre les Xe et XVIIe siècles, admirant églises, bâtiments publics ou privés, nombreux jardins aux essences anciennes qui rythment la balade.

Vendôme, située entre Perche, Beauce et Gâtine tourangelle, entre l’influence de l’évêque de Chartres et celle de l’abbaye de Marmoutiers dont le fondateur Saint Martin convertit la région au Ve siècle sous l’empire romain, devient dès le IXe siècle capitale d’un comté tenu par les Bouchard puis passe sous le contrôle de Geoffroy Martel, comte de Vendôme, fils du comte d’Anjou Foulque Nerra et sert ainsi de position forte contre les comtes de Blois. En 1371, le comté devient par mariage un duché, à l’origine d’une branche de la famille royale : les Bourbon-Vendôme. Il sera érigé en duché-Pairie en 1515 au profit de Charles de Bourbon. Il connaît alors une grande prospérité grâce aux tanneries et à toute l’industrie de la peau, principalement la ganterie et ce jusqu’aux guerres de religion. Son fils Antoine de Bourbon et Jeanne d’Albret, devenue protestante, donnent naissance au futur Henri IV qui abjurera sa foi pour réconcilier les Français. Puis le duché fut attribué en 1589 à César de Vendôme, le fils naturel du roi.

 

Dès le point de ralliement qu’est la place de la Liberté, on découvre au sud, construits par Georges Martel, les ruines du château de Vendôme, de l’ancienne église Saint Bienheuré et l’abbaye de la Trinité de l’autre côté du Loir : cela constitua les deux premières paroisses de la ville.

Au détour d’un pont, se trouve l’ancien couvent des Cordeliers, devenu monastère des Bénédictines du Calvaire dont il ne reste que le cloître. On a peine à imaginer l’ancienne Nationale 10 qu’est redevenue l’étroite rue du Change, flanquée de la chapelle Saint Jacques à la dentelle de pierre, typique du gothique flamboyant, qui accueillait les pèlerins. À deux pas, rue Saint Jacques, en 1623, c’est César de Vendôme qui fonde le collège des Oratoriens, joli et grand édifice de briques et de pierres, devenant Lycée Ronsard en 1930 avant d’héberger l’Hôtel de Ville. Ce collège, au fil des temps, a englobé plusieurs bâtiments dont l’hôtel du Saillant ; Balzac nous livre ses souvenirs de pensionnaire dans son roman « Louis Lambert ». Le grand parc Ronsard, rendu à la ville après avoir été cour de récréation de maints collégiens, présente un réel intérêt : botanique avec de jolies essences dont un platane vraisemblablement rapporté en 1759 du Canada par le célèbre agronome Henri-Louis du Hamel du Monceau, culturel en étant entouré du château, de l’église Sainte Madeleine, de l’hôtel du Saillant, émouvant enfin par la découverte d’un simple lavoir, de maisonnettes imbriquées, d’une vieille roue de moulin ou bien de la porte d’eau, au détour d’une ruelle.

Après avoir passé la place Saint Martin dont il ne reste que le beffroi de l’église, croisé la statue si présente du maréchal de Rochambeau, on atteint l’enceinte de l’abbaye de la Trinité avec ses greniers aux ouvertures romanes, une maison autrefois destinée à l’accueil et la splendide façade gothique flamboyant de l’abbatiale alors qu’elle est d’origine romane comme l’atteste son clocher datant de 1084. Georges Martel à la suite d’une vision qu’il a eu avec sa femme Agnès de Bourgogne, fonde cette abbaye, la place directement sous la dépendance du Pape et lui offre la relique de la Sainte Larme. Pour l’an 2000, l’artiste Goudji, installé en vendômois0, crée une colombe d’argent et lapis-lazuli et la place devant le chœur. En 1529, sont sculptées des stalles particulièrement remarquables par la variété des thèmes et la richesse des détails. Le cloître, la salle capitulaire aux fresques romanes, la résidence de l’Abbé ainsi que le grand bâtiment annexe contenant le réfectoire et doté d’une très jolie façade régence, complètent le cadre de vie des moines. Après la révolution, le bâtiment est transformé en caserne formant le quartier Rochambeau. Louis Vuitton a acquis récemment ce magnifique bâtiment pour y installer un atelier ce qui présente un réel avantage pour Vendôme tant pour la sauvegarde du patrimoine que pour contribuer à son développement. Tout en remerciant nos guides Jean-Baptiste Anginot, Véronique de Vallois et le 3ème guide, nous quittons Vendôme.


Une longue allée d’arrivée, glissant entre coteau et Loir, débouche sur le château de Rochambeau et son mur blanc de caves troglodytes ; c’est ici, dans une extraordinaire clairière naturelle formée par éboulement au milieu des caves que nous sommes accueillis par Philippe et Nathalie de Gouberville. Tables et chaises pour un déjeuner pique-nique ont été dressées soit dehors sous le ciel bleu, soit dans les caves agréablement fraîches. Tout en prenant un café, on écoute les conseils avisés d’un ébéniste Monsieur Felbermair, créateur de produits naturels Labo Vert Ceralia. Puis, sous la houlette de la propriétaire, de petits groupes visitent une jolie enfilade de salons marqués par la présence de Jean-Baptiste-Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau. Celui-ci s'illustra brillamment à la tête du corps expéditionnaire français jusqu’à la victoire décisive de Yorktown. Héros de la guerre d'Indépendance des États Unis, il fut élevé à la dignité de Maréchal de France. À son retour, il entreprend l'agrandissement de son château XVIe et le décore dans le style de son époque. Après l'effondrement du coteau en 1841, un hémicycle néo-classique sera élevé en face du château, au centre duquel se trouve la chapelle.

 

Sur la route du retour, l’église Saint Hilaire de Villiers-sur-Loir, bâtie au XIIe est pratiquement reconstruite aux XVe et XVIe siècle après les désastres de la guerre de Cent ans. Trois groupes écoutent les explications données par des passionnés du lieu: Gérard Ermisse décrit les peintures murales de la nef, redécouvertes en 1927, représentant le dict des trois morts et des trois vifs, la légende de Saint Eloi et un Saint Christophe portant l’enfant Jésus ; dans le chœur, les stalles sculptées au XVIIe, sont ornées de miséricordes et parcloses ; puis dans le transept, Henri Burgos a sorti pour nous deux splendides dalmatiques avec orfrois historiés sur velours rouge du XVe siècle et dont la fraîcheur, la beauté des broderies et l’état de conservation nous laissent admiratifs.

 

La dernière halte de cette journée a lieu à l’Oratoire où Olivier et Véronique de Vallois nous reçoivent pour le traditionnel goûter qui sera dînatoire dans une ambiance amicale et détendue pendant laquelle les conversations en petits groupes vont bon train alors que nos hôtes donnent ici et là quelques explications supplémentaires à propos de la chapelle, du pigeonnier ou du parc. Ce fut une réussite que cette sortie vendômoise et nous remercions particulièrement tous les acteurs-conteurs de cette journée pleine de découvertes.

 

Isabelle de Saint André

 



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