Prieuré de Lancé--Château le Plessis-Fortia--Jardin de Sasnières--Lavardin

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23 July 2023

Lancé--le Plessis-Fortia--Jardin de Sasnières--Lavardin 19 mai 2023

Prieuré Saint-Martin de Lancé, château du Plessis-Fortia, Jardin du Plessis Sasnières et Lavardin

Vendredi 19 mai 2023

’OYEZ bonnes gens .... Quelle joyeuse et belle journée que cette expédition en Vendômois à une presque

centaine dont quelques enfants sages !

Par un beau temps ensoleillé, un tantinet frisquet en début de matinée, nous découvrons le Prieuré Saint

Martin de Lancé, fort bien accueillis par Patrick et Mariette Levaye autour d un café et d’une profusion de

croissants ! Véronique en profite pour nous présenter une huitaine de nouveaux venus aux têtes bien

sympathiques...

Nous découvrons qu’il ne subsiste de cette ancienne dépendance de l’abbaye de Marmoutier datant du

11eme puis remaniée au 14e siècle que le bâtiment capitulaire dont la salle a été remaniée au 16e siècle.

Pourtant ce Prieuré fut assez prospère jusqu’à la révolution...

La salle capitulaire et qui a dû servir également de réfectoire, d’hauteur sous clef de 4,20 m, est

remarquablement mise en valeur, avec ses 2 nefs divisées en 4 quartiers avec croisées d’ogives. Les arcs

d’ogives, les arcs doubleaux et les formerets retombent élégamment jusqu'à terre, sur un beau carrelage en

terre cuite...

La journée ne fait que commencer... Nous filons ensuite rejoindre le superbe château du Plessis-Fortia à

Huisseau-en-Beauce dont le superbe parc est exceptionnellement ouvert pour nous par le propriétaire M.

BARBIER-MULLER et par le régisseur.

La rue avait été spécialement bloquée pour nos voitures ! Le très sympathique intendant nous y accueille

en petite voiture de golf et nous guide devant la façade principale.

Henry Huyghues Despointes, Bruno de La Villarmois et Monique Chatenet se succèdent au micro alors

que nous admirons la belle façade à l’architecture typique du 17ème siècle, style Louis XIII avec ses

parements brique et pierre et son couvert d’ardoises. Inspiré d’un plan du Premier Livre d’Architecture de

Jacques Androuet du Cerceau (1559), il a été construit entre1620 et 1638 par Bernard de Fortia et sa

belle-fille Anne de La Barre dont les monogrammes timbrent les lucarnes d’un des pavillons. Les douves

sèches qui le bordent au nord le séparent de jardins à la française de part et d’autre d’un vaste bassin de

80 m de long... 40 ha de bois et prés servent d’écrin à ce château qui fut prolongé à la fin du 18ème siècle

par le « petit château » que couvre un toit en carène porté par une exceptionnelle charpente « à petits

bois », selon un procédé inventé par Philibert Delorme en 1561.Nous nous promenons avec bonheur dans

le parc, magnifique et remarquablement entretenu après avoir partagé un rafraîchissement très apprécié...

Et cette fois, nous nous dirigeons vers le Jardin de Plessis-Sasnières à Sasnières, jardin classé "Jardin

remarquable "... 11 ha pour le plus anglais des jardins français ! Quelle chance, cela tombe avec la pause

déjeuner et le joli couvert de la salle prévue pour nous ...

Au fond d’une vallée et aménagé autour d’un étang alimenté par des sources d’eaux vives, il est l’oeuvre

de Rosamée HENRION, nous raconte Guillaume, un ses fils qui a repris le domaine et qui l’a équipé d’un

restaurant. Elle avait hérité en 1960 d’un domaine totalement à l’abandon et elle a mis toute sa passion de

botaniste acharnée et ouverte au monde à l’élaboration de ce parc extraordinaire, regorgeant de plantes

rares, aux feuillages et écorces insolites, de haies et topiaires très élaborés… ...

Impossible aussi de rester insensible à ses douces allées de gazon, à son ravissant enclos fleuri, à sa

superbe allée des magnolias et à l’ambiance raffinée et infiniment reposante qui s’en dégage...

Il faut pourtant s’en arracher pour nous rendre au très beau village de Lavardin où nous attendent la visite

exceptionnelle de la belle maison Renaissance d’Anne CHAVIGNY et de l’église Saint Genest avec ses

incroyables fresques et peintures murales présentées par Isabelle de Saint André... et je passe la plume...’

Lorraine BENOIST-LUCY

Nous avons été accueillis très agréablement par Guillaume Henrion, le propriétaire, qui nous a fait une très belle

présentation de la propriété et de la création du jardin de Sasnières.

Le déjeuner pour 69 convives a été rondement mené dans une jolie salle. Le déjeuner était fort bon, cependant il

aurait été difficile d’avoir une assiette moins garnie…Un bon goûter à Lavardin compensera ce petit bémol.

L’église Saint Genest de Lavardin

C’est en 1832, que l’on découvre à Saint Savin sur Gartempe des peintures d’époque romane cachées au

XVIème siècle par des badigeons de chaux parce que démodées. Cette découverte connaît un

retentissement énorme et provoque de nombreuses recherches dans la région ce qui est le cas pour l’église

Saint Genest de Lavardin.

Celle-ci fut construite à la fin du XIème siècle mais son origine est presque certainement encore plus

ancienne : dès le VIème siècle, avant les invasions barbares, un prieuré s’était installé sur les lieux et

s’était doté d’une église dont on retrouve vraisemblablement les colonnes rondes du choeur surmontées de

chapiteaux historiés très primitifs.

À l’extérieur, l’église s’ouvre par un clocher-porche en partie démoli et dont les fenêtres en plein cintre

ont été murées contrairement à celles des bas-côtés et du choeur. Elles sont ornées de colonnettes et de

quelques rares décors stylisés. La corniche primitive a disparu et les modillons ont été remplacés sur le

côté nord. Ils sont bien conservés au sud. Deux fenêtres gothiques prouvent un remaniement ultérieur de

la partie sud-est.

À l’intérieur, une voûte lambrissée recouvre l’ensemble et des arcs-diaphragmes relient les piliers aux

murs latéraux sur les bas-côtés. Le long de la nef, de grandes arcades en plein cintre reposent sur des piles

carrées ornées d’une simple imposte, exceptés celles du choeur reposant sur ces extraordinaires chapiteaux

massifs. L’abside voûtée en cul-de-four est superbement décorée avec un Christ en majesté dans une

mandorle fleurie.

Pendant une longue période allant du XIème siècle jusqu’à la fin du XVème, l’église a été couverte de ces

peintures murales, remarquables par leur variété et leur quantité ; on retrouve parfois jusqu’à cinq

couches superposées et certaines scènes sont coupées comme le Christ manquant dans la représentation

de « L’arbre de Jessé ».

Diverses techniques ont été employées dont la plus courante est la détrempe et la plus rare car plus

compliquée à mettre en oeuvre, la fresque.

Une partie de la peinture n'est que du décor : les murs, les encadrements de fenêtres et les arcades sont

couverts d’un simple badigeon blanc souligné de lignes rouges marquant un faux appareil. Les frises,

omniprésentes, sont de styles très divers : à simples bandes colorées, à motifs géométriques, floraux ou

antiques et enfin à thèmes particuliers : fleurs blanches sur fond rouge, blasons des seigneurs des lieux,

arabesques, croissants, étoiles et molettes d’éperon s’étalent sur les piliers.

Ces ensembles peints ont souvent à Lavardin des thèmes iconographiques rarement représentés : les

scènes de « Lavement des pieds » et de la « Passion du Christ » dans le choeur, la fresque du « Baptême

du Christ » aux couleurs si pures et une « Vierge allaitant ».

Toutes les églises sont, à cette époque, destinées à recevoir un décor mural peint. Les thèmes pris dans

l’Ancien Testament commencent à être à la mode mais ceux du Nouveau Testament sont beaucoup plus

utilisés ainsi que la représentation des Saints dont on admire un ensemble remarquable sur les piliers du

choeur.

Ces ensembles peints portent parfois des messages destinés aux religieux et aux personnes instruites mais

l’ensemble servait surtout de catéchisme pour les analphabètes et on ne peut que louer tous ceux qui ont

oeuvré à cette redécouverte.

Isabelle de Saint André

Dans la rue principale, à droite en montant vers l’église, une façade ornée d’une lucarne Renaissance et

d’un cabinet en saillie attirent l’attention. Côté jardin, le logis est précédé d’une galerie en pierre de taille

reliant un escalier en vis en pan de bois à une aile en retour d’équerre. La façade de la galerie atteste la

seconde moitié du XVIe siècle avec ses pilastres ioniques et ses ornements en appareil vermiculé. À

l’intérieur, la pièce principale du premier étage est entièrement couverte de peintures murales décoratives

en grisaille agrémentées de deux scènes figurées : la mort d’Actéon et Esther intercédant auprès

d’Assuérus pour sauver son peuple. Au rez-de-chaussée, plusieurs scènes polychromes inscrites dans des

médaillons ovales s’inspirent des gravures d’un ouvrage alors en vogue dans les milieux érudits : les

emblèmes d’Alciat, dans l’édition Lyonnaise de 1549. Les thèmes choisis, en particulier celui d’Esther

emprunté aux Quadrins historiques de Bernard Salomon (1555), sont à mettre en relation avec la religion

des propriétaires huguenots de la maison à cette époque : Jean Thisart et Jeanne de Taillevis.

Monique Chatenet



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