Orléans - 6 décembre 2022
10 March 2023
Compte-rendu de la sortie à Orléans le 6 décembre 2022
Deux groupes se forment sur la vaste place du Martroi, anciennement place royale, d’où émerge l’imposante statue de Jeanne d’Arc entourée des boutiques de Noël. Cette place conduit directement par la rue royale au pont royal, en réalité pont George V. Le pont royal, construit au XVIIIème, a remplacé le pont des tourelles dont les arches trop nombreuses et trop étroites empêchaient le passage des bateaux (9 arches au lieu de 21).
Nous avançons alors dans le vieux quartier d’Orléans par la rue sainte Catherine, bordée de maisons à encorbellement, richement colorées. Nous nous arrêtons ensuite sur la petite place du savant archéologue abbé Desnoyers pour admirer les façades Renaissance du musée éponyme et de l’hôtel des Créneaux, qui fût le 1er Hôtel de Ville, ainsi que les façades du XVIème siècle heureusement sauvées de la destruction et transposées là.
Nous passons sur les «traces» de l’église sainte Catherine, détruite à la révolution ; nous poursuivons en admirant les pavages des rues refaits à neuf, les pigments de différentes couleurs des maisons restaurées qui permettaient d’identifier les propriétaires.
Arrêt devant le temple protestant du XIXème, puis devant la célèbre université dans laquelle de nombreux étudiants venus d’Europe, dont Calvin, ont étudié. C’est l’occasion de rappeler l’importance du protestantisme à Orléans. Rue Pothier, à proximité du temple protestant, nous écoutons un bref commentaire sur cet éminent juriste français qui a sa statue à Washington !
Nous pénétrons ensuite par le portail sud, dans la cathédrale édifiée, puis détruite et reconstruite, et à nouveau endommagée par les différentes guerres : cathédrale hybride (gothique, néogothique), son état actuel couvre six siècles de construction. Victor Hugo la trouvait laide, cependant elle est vaste : Notre Dame de Paris tiendrait à l’intérieur.
Dans le chœur, de beaux vitraux des XIVème et XVème siècles, sauvés car démontés pendant la dernière guerre ; au fond, un orgue classé du XIXème. Sur le côté gauche, dans La Chapelle Jeanne d’Arc, nous contemplons le merveilleux vitrail de Pierre Carron, surplombé du visage de Jeanne au ciel. Nous sortons côté nord pour découvrir Louis XIV trônant au centre de la rosace, et apercevoir les remparts gallo- romains en contrebas.
Nous filons alors jusqu’au remarquable hôtel Groslot, logement du Bailli de la ville qui garde encore aujourd’hui quelques fonctions municipales, puisque la salle des mariages s’y trouve. Façade en briques du XVIème et extrémités des ailes du XIXème, surplombées par les armoiries des rois, de Louis XII à Henri IV. La décoration intérieure est impressionnante : riche mobilier, cuir de Cordoue et tapisseries d’Aubusson… un grand tableau nous rappelle que le jeune François II est mort dans l’actuelle salle des mariages…
Quelques dizaines de mètres plus loin, nous voici accueillis au magnifique musée des Beaux-arts qui contient plus de 2000 tableaux, 700 sculptures, des faïenceries etc. Ce musée est né des saisies de la révolution française, enrichi d’achats pertinents et de dons de collections privées ; le tout est présenté par époque et par étage.
L’étage d’or, celui qui regroupe des œuvres du XVIIIème, est le plus fourni, un riche mécène orléanais, AignanThomas Desfriches, va rassembler de nombreuses œuvres, et surtout de superbes pastels. Nous nous sommes d’abord attardés sur l’imposante toile d’un anonyme, « le Goûter de chasse », puis Henriette de France à 15 ans, par Nattier, madame de Pompadour par Drouais, l’autoportrait de Coypel, celui de Chardin, le portrait d’un jeune noir de Quentin de la Tour…Quelques ravissantes porcelaines de la manufacture d’Orléans.
Puis nous sommes passés aux XVI-XVIIème siècle où le portrait d’homme par le Tintoret, ainsi qu’Irène soignant saint Sébastien, par Georges de La Tour, retiennent notre attention ; enfin les salles du XIXème nous exposent avec beaucoup de réalisme et de romantisme, l’histoire réinterprétée. Nous nous concentrons sur trois artistes :
- Alexandre Antigna : incendie dans un logement ouvrier et femmes « Après le bain » qui fit scandale à l’époque et dont les nues furent voilées.
- Henri de Triqueti, sculpteur des princes et observateur de la nature,
- Léon Cogniet qui nous fait entrer dans l’émotion du massacre des innocents et nous propose des études de ses voyages en Italie.
Tout cela était passionnant et mérite un approfondissement, merci aux organisateurs, nous brûlons de revenir dans ces lieux exceptionnels !
Alain et Diane de Fougeroux
Et un grand merci à Frédérique Herbet d’avoir donné l’idée de venir découvrir Orléans !
Galerie de photos
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