Conférence et visite du 22 février 2024
16 March 2024
Le costume breton, le trésor de Sainte Anne d'Auray
Chers Amis,
Vous trouverez ci-dessous le CR de cette belle journée, préparée par Chantal-Françoise Morineaux. Nous remercions Madame Tournois pour son CR, ainsi que nos photographes.
Bien amicalement
Benoît Cintrat.
V M F 56
Journée du 22 février 2024
Conférence sur le costume breton par Anne Tricot, Conservateur honoraire des Musées Nationaux, à l’Espace Montcalm à Vannes
Jusqu’au 19e siècle, le costume se composait d’une coiffe haute, d’une collerette et d’une jupe de laine ou de chanvre, évoquant une similitude avec le costume irlandais. Les dames de la société portaient le hennin.
Au 19e siècle, le choix des tissus est plus large. Pour les hommes, le bâton fait partie du costume pour pouvoir se défendre, d’un chien par exemple. Les femmes portaient toujours le tablier pour travailler, il peut être en satin pour les jours de fête.
Un grand écrivain, Creston, a beaucoup écrit sur les campagnes. Les hommes portaient plusieurs gilets superposés, avec des boutons aux manches dont le nombre indique une position aisée. Ils portaient une culotte bouffante, le bragou, ainsi que des sabots remplis de paille.
Les coiffes différaient selon les régions. Du côté de la Rance, elles avaient une forme de ballon comme la cornette des Sœurs de Saint Vincent de Paul qui portaient la coiffe de l’époque. Tissage, filage et broderie, les femmes avaient toujours un ouvrage entre les mains.
La société était très hiérarchisée. On n’avait pas le droit de mettre trop de velours si on n’était pas une riche héritière ! Le costume breton devient noir à la fin du 19e siècle.
Auparavant, il y avait des couleurs pour les chaussettes, le bragou, la ceinture... Les tableaux du peintre Lalaisse ont permis de reconstituer les costumes bretons de l’époque. Les colporteurs apportaient des bijoux parisiens : ruban noir avec une croix en pendentif, un cœur au milieu de la croix. Le kemener (tailleur) restait plusieurs semaines au même endroit pour confectionner des costumes.
La statue de Saint Isidore, à gauche dans la cathédrale de Vannes, patron des laboureurs, portant une gerbe de blé, évoque ce costume.
La coiffe des femmes était destinée à cacher leur chevelure, sauf pour les Cancalaises. Les mariages des années 30 à Lamballe montrent des mariées habillées de noir avec un voile blanc et un bouquet de fleurs d’oranger en cire, fabriqué en Brière.
La coiffe des Bigoudènes dans les années 30 était de taille moyenne. Des perles noires étaient brodées sur leur robe. Les femmes apportaient leur coiffe à nettoyer à la lingère. Les colporteurs fournissaient à grand prix les galons qu’on cousait à la taille et sur les manches. Il y a aujourd’hui des écoles de broderie qui font perdurer cet art. Les galons et les épingles venaient de Bohême et de l’est de la France.
Jusqu’à la Révolution, le coton était interdit : on devait porter de la laine ou du chanvre. On faisait la lessive 3 fois par an. A noter que dans le Berry, les coiffes étaient en paille.
Au cours des fêtes, on dressait des mâts de cocagne pour y grimper ; il y avait aussi des luttes bretonnes où on gagnait un mouton. L’auteur-compositeur Théodore Botrel a créé la Fête des Ajoncs, ainsi que la chanson de La Paimpolaise. Peu après se créent les Cercles Celtiques à Redon, après la guerre.
Le 26 juillet, jour de la fête de Sainte Anne, on peut admirer tous les ans à Sainte Anne d’Auray de belles coiffes ainsi qu’à la Troménie de Locronan, qui a lieu tous les 7 ans. A Josselin a lieu le pèlerinage de Notre Dame du Roncier. Notre conférencière Anne Tricot a l’occasion d’y rencontrer une personne qui porte la tenue de sa mère, avec un châle qu’une amie met une demi-heure à lui épingler dans le dos !
Il y a en tout plus de 300 coiffes en Bretagne, chaque village avait sa coiffe. Les Musées des Arts et Traditions Populaires en présentent quelques spécimens.
Notre journée se poursuit par un déjeuner à l’espace Montcalm, ensuite nous prenons la route afin de suivre la visite guidée du Trésor de Sainte Anne d’Auray. On peut y contempler de nombreux objets laissés en ex-voto par les pèlerins ayant obtenu une grâce. On remarque, entre autres, un tableau représentant une charrette qui passe sur le corps d’un enfant. L’enfant heureusement est miraculeusement sauvé.
Merci à nos dévoués organisateurs pour cette excellente journée !
Galerie de photos
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