La Fondation VMF accorde 8 000 € pour la préservation des hauts-fourneaux de la forge d’Ans (24)

La forge a été bâtie à la toute fin du XVIIème siècle, au confluent de l’Auvézère et du Blâme, dans le Périgord blanc, région riche en minerai de fer, en charbon de bois, en castine et en force hydraulique nécessaire au fonctionnement des installations. Elle faisait partie d’un réseau de forges sur les bassins de l’Auvézère et du Bandiat en Périgord vert, qui ont fait du Périgord la première région métallurgique de France en 1789.

Propriété représentative d’une forge des XVIIIème et XIXème siècles, La Forge d’Ans s’illustre par la fabrication des plus gros canons de marine, ceux de 36 livres, grâce à son double haut fourneau. C’est dans cette forge que sont fondus en 1783 les canons retrouvés en 2005 dans l’épave de l’Hermione, la frégate qui emmena aux Etats-Unis Lafayette combattre aux côtés des Insurgents en 1780 et qui coula au large du Croisic en 1793. Principale forge du Périgord, comptant jusqu’à 400 ouvriers pendant la Révolution et l’Empire, elle est dirigée par Jean Festugière qui serait, à en croire une enquête préfectorale de 1811, le « fabricant […] le plus entendu dans la fabrication du fer ».

D’abord propriété des Marqueyssac, des Hautefort et des Bertin (dont Henri Léonard, contrôleur général des finances de Louis XV) puis, à compter de 1791, des Festugière, la Forge d’Ans a fourni aux arsenaux de Rochefort des milliers de canons entre 1691 et 1830, aunrythme de 200 canons par an pendant l’Empire.

La mort du maître de forges Jean Festugière en 1829 marque le début du déclin de la forge, qui coïncide avec un déclin général de la métallurgie du Périgord dont le fonctionnement, encore très artisanal et archaïque, se montre difficilement capable d’innover face à la concurrence née de la révolution industrielle et du modèle anglais. Comme la majorité des dernières forges du pays, elle subit de plein fouet les accords de libre-échange avec l’Angleterre de 1860 et, malgré la tentative d’un nouveau propriétaire de réorienter son activité en 1862, elle ferme définitivement en 1870.

La forge d’Ans était à l’origine composée d’un nombre important de bâtiments (halle à charbon, forerie, affinerie, etc.) visibles sur le plan de 1810 et le cadastre de 1841. Les hauts fourneaux, leur système hydraulique et la moulerie (où étaient fabriqués les moules à canons) sont les seuls éléments subsistant des anciennes installations.

La Fondation VMF accorde 8 000 € aux propriétaires de la forge d’Ans suite à son appel à projets. Cette somme sera dédié à la préservation de ce site remarquable avant sa restauration complète.