Thématique : Visites Lieux : Indre-et-Loire

Luttes seigneuriales au Pays de Rabelais

 

 

Le 19 août 2020, les membres de la délégation VMF Indre-et-Loire sont heureux de se retrouver, bien que masqués et munis de parapluies, pour visiter différents lieux, témoins d’anciennes rivalités seigneuriales dans le pays de Rabelais !

La journée commence par le château de Frau où nous sommes accueillis par Mr. et Mme Colboc qui viennent de reprendre courageusement une gentilhommière du XVIe siècle bâtie sur un contrefort à pic dominant la Vienne.

Ce lieu très ancien (vestiges d’un donjon de Foulques Nerra), connut une époque fastueuse à la fin du XVe et au XVIe siècles, comme en témoignent tous les éléments décoratifs de la Renaissance qui sont restés malgré les affres du temps : tourelle, portes magnifiques, escaliers de pierre… et les éléments architecturaux ; tour carrée, galerie ajourée de baies, soutenue au XVIIe siècle par trois arcades en plein cintre, façades avec des fenêtres à meneau, chapelle…

 

 

Au XVIIIe siècle, devenue une ferme, l’ancienne seigneurie appartint à la famille du Petit-Thouars, à l’issue d’un procès, reçut des invités au XXe siècle, comme Jean Cocteau, André Malraux… séduits eux aussi par ce château plein de charme et de mystère où les travaux sont immenses : Rendez-vous est pris dans dix ans ….

 

Tout près de là, le château du Petit Thouars, qui relevait de Chinon, se dresse sur son promontoire. Propriété un temps de Claude Bouthillier de Chavigny, qui eut un procès (1645 à 1742 !) avec Georges Aubert de Saint Georges du Petit-Thouars, il est dans la même famille depuis 1636. Sébastien du Petit-Thouars nous reçoit aujourd’hui et nous présente l’histoire de sa famille riche et mouvementée.

 

 

 

Nous admirons la finesse architecturale d’un édifice du XVIe siècle construit sur une ancienne demeure du XVe, reposant elle-même sur une motte féodale.  La façade du logis principal construite au XIXe siècle donne sur une magnifique coulée verte. C’est sous les arcades en plein cintre, d’une galerie des anciens communs, que nous sommes invités à une dégustation de vin biologique issu d’un vignoble que Mr. et Mme du Petit Thouars ont relancé avec succès. Un petit musée attenant permet de découvrir des ancêtres qui se sont illustrés en tant que marins, navigateurs, explorateurs, botaniste…

 

 

A l’heure du déjeuner, nous nous dirigeons vers les magnifiques communs (écuries, grange et fuie) du château de Chavigny, bâtis en 1635 et restaurés récemment par les soins de M.et Mme. François de Soyres. Christine de La Croix-Vaubois nous a gâtés, comme d’habitude, en faisant appel à un traiteur particulièrement talentueux ! Laurence de Livois nous fait un rappel des évènements passés et futurs de notre délégation pour l’année 2020. M. Berge, ABF, nous informe de la création d’un « parc des luttes picrocolines dans la région, » qui sera classé.

 

 

Nous découvrons les vestiges du château de Chavigny, construit sur un plan quadrangulaire entouré de douves sèches, seuls témoins du château initial construit par la famille Le Roy, qui posséda cette châtellenie de 1518 à 1606.  Claude Bouthillier, surintendant des finances de Louis XIII et ami du cardinal de Richelieu entreprend la reconstruction d’un château monumental en 1634 en prenant comme architecte Pierre Le Muet. Racheté par la famille Desmée du Buisson en 1774, il apparaît comme une charge redoutable. Il est abattu en 1808 et remplacé en 1830 par un charmant petit manoir. Nous sommes reçus par leurs descendants.

 

Nous visitons les restes du château XVIIe : ils se composent d’un grand porche flanqué de deux pavillons classiques, et du corps du logis Nord-Ouest abritant la chapelle ainsi que l’escalier majestueux qui menait aux appartements, seuls autres rescapés.

 

 

 

Merci à Madame de Soyres de nous avoir présenté cette chapelle, véritable écrin d’un remarquable décor sculpté en demi-bosse et bosse date de 1643. Les nombreuses sculptures ornementales sont attribuées à Mathieu l’Espagnandelle et à l’atelier de Noël Mérillon. Deux toiles peintes dans des tons chauds « l’Assomption » au retable de l’autel et « le couronnement de la Vierge « au sommet de la coupole sont attribuées à Nicolas Prévost.

 

 

 

La journée se termine par un beau soleil au château de Sassay où M. et Mme Morel d’Arleux et leurs enfants, M. et Mme Gidoin, nous font découvrir ce ravissant manoir. Ils nous racontent comment depuis plusieurs décennies, ils ont su restaurer l’ensemble des bâtiments, qui étaient devenus des fermes au fil du temps, et comment un long procès l’avait opposé à ses voisins Chavigny.

 

 

Différents bâtiments composent l’ensemble de ce château, dont un corps principal du logis, élevé au XVIe siècle, avec son comble à la française. à son angle nord-ouest, un pavillon carré portant à ses angles des tourelles en encorbellement sur cul-de-lampe et de son comble émerge une lucarne formant bretèche. Sous ce pavillon, s’ouvre la porte principale donnant sur une cour en forme de U dont certains bâtiments datent des XVIIe et XVIIIe siècles. Une fuie du 16e siècle complète l’ensemble, ainsi qu’un four à pain et une charmante petite chapelle, restaurée récemment.

 

 

 

Une collation clôt cette journée, dans une ambiance joyeuse, loin des luttes seigneuriales et juridiques, toutes les familles étant réconciliées dans ce pays où est né Rabelais !