Pour ce voyage nous avons eu la chance d’être conseillés et reçus par le Prince Luitpold de Bavière, ami personnel de Michel Guyon, et d’avoir un excellent guide Ernst Koelnsperger.

Le premier jour nous avons visité de l’abbaye bénédictine d’Ottobeuren, guidée par le Père abbé Johannes, truculent et jovial, ce qui nous a permis d’emblée d’aborder l’art baroque allemand dans sa magnificence.   La basilique est très richement décorée (fresques, stucs et dorures). Elle possède en particulier trois orgues : l’un de tribune, récent, et deux de chœur, dont un de Karl-Joseph Riep (XVIIIe siècle). Cette visite a été agrémentée de l’interprétation, par Bernard de Quillac, d’une pièce de J.S. Bach sur l’orgue de Riep  resté dans son état d’origine.

Quant aux appartements du prieur, ils traduisent l’importance et la richesse de l’abbaye.  La magnifique bibliothèque renferme des manuscrits du Moyen Age, des incunables et des ouvrages reliés en peau de porc.


Le lendemain, notre guide nous a présenté le château de Nymphenburg (Munich), construit dans le style d’une villa italienne dans sa partie centrale, puis agrandi, qui était autrefois la résidence d’été des princes-électeurs et des rois de Bavière. Ensuite, il nous a conduit dans le parc jusqu’au charmant pavillon de chasse Amalienburg de style rococo, dû à l’architecte François de Cuvilliés.

Sur invitation du Prince Luitpold de Bavière, nous avons pu accéder aux ateliers de la Manufacture royale de porcelaine, située dans le palais de Nymphenburg, et bénéficier de différentes démonstrations assorties d’explications (tournage, marquage, décoration). Dans cette manufacture, au savoir-faire incomparable, toutes les pièces sont fabriquées et décorées entièrement et exclusivement à la main. Certaines d’entre elles n’ont pas connu de modification depuis leur création, d’autres reprennent seulement un motif de décors anciens, ou sont le résultat de commandes.

Le Palais de la Résidence, mélange de plusieurs styles, situé au centre de Munich, est devenu un musée. Il comprend de très nombreuses salles meublées et décorées, en particulier l’Antiquarium (Renaissance). Cette salle somptueuse, dans laquelle sont conservées des collections de sculptures antiques, est voûtée et ornée de fresques. Avant de quitter le palais, nous avons visité le théâtre, petite merveille du rococo, construit en 1750 par Cuvilliés et reconstruit après la Seconde Guerre mondiale.

Puis, était proposée la visite guidée de l’église baroque Sankt Anna Kloster.


Le surlendemain était consacré aux châteaux de Hohenschwangau et de Neuschwanstein, qui se trouvent à proximité l’un de l’autre. Ils sont érigés dans un environnement enchanteur, nichés dans la montagne et en surplomb de lacs. Les atteindre se mérite ! 

Le premier, néo-gothique, était la résidence d’été des parents de Louis II qui y rencontra Wagner. Leur visite a été une sorte d’immersion dans un univers bien particulier, celui des légendes germaniques si chères à Louis II et source d’inspiration pour Wagner. 

Le second, influencé par le précédent, dans lequel le roi Louis II aimait à trouver refuge, est flamboyant et a des décors chevaleresques très riches, propres à nourrir son imagination. Il comporte de nombreuses salles et en particulier une fausse grotte, la salle du Trône inachevée et la salle des chanteurs. 

La visite du musée des Rois de Bavière a constitué un prolongement de celle des précédents châteaux.

Lors de différents transferts en car, notre guide a eu l’excellente idée d’un accompagnement musical avec Wagner et Mozart. 

L’église de Wies, qui trouve son origine dans un miracle, les larmes du Christ flagellé, est une œuvre d’art totale et un exemple parfait du rococo bavarois. De plan ovale, cette église aux murs blancs offre un décor de stuc très raffiné, peint de couleurs très vives et sculpté. Les rideaux au-dessus du maître autel sont une véritable mise en scène théâtrale. 

Elle est surmontée d’une voûte entièrement peinte en trompe-l’œil qui représente une transition entre l’accueil par Dieu et la porte du Paradis, nécessitant de vaincre la mort représentée au pied de la porte, à gauche, afin d’être accueilli par l’ange, à droite. C’est une sorte de mise en musique du rococo.  

Quatre hautes statues des Pères de l’Église sont situées aux points cardinaux (Jérôme, Augustin, Grégoire, Ambroise), la plus belle étant celle de Saint Jérôme représenté avec le Livre et un crâne.


Le jour suivant, nous nous sommes rendus au château de la Résidence de Neuburg (au bord du Danube) qui est mi-Renaissance/mi XVIIIe siècle. C’est là que fut créée la première église protestante. Dans la partie Renaissance, la galerie en arcades présente une décoration « grattée » retraçant l’histoire de la tentative de séduction de Joseph par l’épouse de Putiphar. Après avoir traversé les jardins, nous avons découvert les grottes reconstituées dont la plus spectaculaire est la Grotte bleue. 

Cette visite s’est terminée par celle du musée, installé dans la partie XVIIIe, qui renferme de nombreuses œuvres d’art, notamment des tapisseries et deux grands tableaux d’autel de la main de Rubens (la Pentecôte et l’Adoration des bergers).

Le château de chasse de Grünau constitue un très bel ensemble. Différents cadrans solaires ornent les façades. La partie que nous avons visitée est décorée de fresques ayant trait à la chasse et aux animaux.

Le puissant château de Harburg, médiéval dans sa plus grande partie, a été modifié au XVIIIe siècle. Nous en avons notamment parcouru le chemin de ronde et avons pu admirer la grande salle baroque restaurée.

Lors de notre retour, l’imposant château Renaissance de Zeil (près de Lautkirch), dont nous ne devions vraisemblablement avoir qu’un aperçu, a été en quelque sorte l’apothéose de notre voyage en Bavière. Nous avons été accueillis dans cette très élégante demeure par l’une des filles des princes de Walburg-Zeil et l’archiviste du château, et invités à prendre un thé ou un café avec des bretzels. 

Ensuite, nous avons pu visiter les appartements à la décoration très raffinée, habituellement réservés à la seule famille. Le grand escalier porte la marque de la chasse, tradition familiale. 

De ce majestueux décor, nous sommes ressortis éblouis et n’avons pu conserver pour seul souvenir photographique que la fontaine de la cour.