Habituellement, les VMF de la Corrèze limitent à une leurs sorties d’été. 2019 est une exception liée à la proposition que nous ont faite les propriétaires du château de Puygrolier (commune d’Uzerche), Monsieur et Madame Gaignerot, de voir à quelle rénovation de leur ferme modèle a contribué le Prix que nous leur avions attribué en 2016.

Précédant cette réception, un circuit dans les anciens cantons d’Uzerche et Lubersac a été proposé, centré sur un élément de notre patrimoine immatériel : les « bonnes fontaines ».

Sortant un peu de l’objet d’une association principalement vouée au patrimoine architectural, cette proposition a néanmoins attiré une centaine de participants.

Ce circuit nécessitait des commentaires susceptibles d’expliquer le pourquoi et le comment de ces cultes et de ces pratiques  persistants liés aux bonnes fontaines limousines. Ils ont été apportés, à chacune de nos étapes, par une ethnologue renommée, Madame Houdart, sans qui cette sortie eût perdu beaucoup de son intérêt.

De l’église de Saint-Ybard, nous nous sommes dirigés vers l’ensemble dédié à Saint Roch constitué d’une chapelle et d’une fontaine appartenant respectivement à Monsieur et Madame Gilles du Verdier, et à Monsieur Pierre du Verdier. Datant du XVIIème siècle, naguère cernée par la végétation et attaquée par l’humidité , la chapelle a fait l’objet , à l’extérieur et à l’intérieur, d’une fort belle et respectueuse restauration par M. et Mme du Verdier , qui nous ont expliqué les liens historiques de la chapelle avec la fontaine , ainsi que les travaux qu’ils ont diligentés.

La Fontaine Saint-Roch, comme celle de Saint-Martin (commune de Saint-Martin-Septert), propriété de Monsieur et Madame Guy Barsi qui en ont assuré il y a deux ans la mise en valeur, ont donné lieu à de fort intéressants commentaires de Madame Houdart, soutenue pour ce qui est de la Fontaine Saint Martin, par les souvenirs personnels de Monsieur Jean-Luc de Corbier.

Si le temps nous a été compté, empêchant de se rendre à la Fontfaure où se trouve la plus réputée peut-être de ces fontaines, il a été possible malgré tout d’en avoir une bonne idée grâce au tableau, conservé au château de Forsac (commune de Benayes comme la Fontfaure) par Monsieur et Madame Henry de Montbron, qui nous l’ont commenté après que Madame Houdart ait insisté sur le rôle des recommandeuses dans la fréquentation de ces fontaines. Le tableau de Forsac, d’une très grande taille, très humoristique mais fidèle dans l’esprit à ce qu’est le pèlerinage de la Fontfaure, fut peint en 1879 par Adolphe Willette. Madame Houdart a obtenu l’autorisation de le reproduire dans l’ouvrage qu’elle a consacré à Gaston Vuillier: le consulter sera un dédommagement pour les absents…

Nous sommes arrivés fort tard à Puygrolier où nous attendait le magnifique cocktail offert par Monsieur et Madame Gaignerot. Si nous avions été devins, nous aurions écourté le circuit car ce fut, hélas, la dernière fois que nous avons pu voir Monsieur Gaignerot vivant. Cette fête, car c’en fut une, il l’avait souhaitée et malgré une première dégradation de sa santé, maintenue. Les paroles qu’il nous a adressées alors furent toutes empreintes d’un enthousiasme qui laissait espérer une convalescence, certes lente, mais totale. Par malheur, c’est le contraire qui s’est produit… À Madame Gaignerot et à ses enfants, au-delà des remerciements que nous devons pour cette réception très réussie, nous redisons toute notre sympathie dans l’épreuve terrible qu’ils traversent.