7 au 11 octobre 2019

Nous étions 48 participants dans le car, accompagnés par notre fidèle « chauffeur » préférée, Odile, toujours charmante, heureuse et intéressée de découvrir notre beau patrimoine avec nous.

Un arrêt déjeuner à Saint-Honoré-les-Bains nous permet de découvrir avec le Docteur Ducros cette petite ville thermale, spécialisée pour l’asthme et les rhumatismes. L’église est intéressante avec un beau chemin de croix coloré en faïence, ainsi que le bénitier, assez originaux.

Nous continuons jusqu’au château de La Montagne tout proche, où nous sommes accueillis par de charmants propriétaires, la famille d’Espeuilles, ici depuis 1786.

Après un bref historique nous le datant du XVème siècle, le château sera remanié fin XVIIIème siècle, par Jean-Baptiste Caristie et rénové vers 1840 par Félix Duban, connu pour sa participation au château de Blois et à la Sainte-Chapelle.

Nous pénétrons au rez-de-chaussée, dans un vestibule avec des voûtes du XVIème siècle, dites en parapluie ou melon. Dans le magnifique escalier d’honneur, nous admirons une imposante sculpture en terre cuite de Pierre-Louis Rouillard, représentant une scène de chasse d’un sanglier attaquant des chiens ; en dessous l’équipage formé par le propriétaire et ses amis dont Mac Mahon…

De belles pièces de réception ; à noter dans la salle à manger, un service de Bourg-la-Reine avec des motifs d’oiseaux tous différents. Dans la chapelle, un vitrail de Marie surmontant Jérusalem.

Nous continuons vers la Poterie (bâtie en 1844 et en activité jusqu’en 1926), située dans le parc, monument historique unique en Europe, qui a été retenu pour la Mission Stéphane Bern. Elle attend d’importants travaux.
https://soutenir.fondation-patrimoine.org/projects/poterie-du-chateau-de-la-montagne-fr
À l’intérieur, un grand four chauffé par quatre cheminées sur les côtés.

Notre deuxième journée commence par la visite de Nevers, qui démarre sur la place de la République devant le Palais ducal, construit par Jean de Clamecy (Jean de Bourgogne) au XVème siècle et remanié au XVIème par la famille de Clèves. Il sera la résidence des ducs de Nevers. Il nous offre une belle perspective sur la Loire.
Un petit théâtre à l’italienne, voisin, est orné de peintures XIXème d’Émile Vernon.

Nous nous dirigeons la vers la cathédrale Saint–Cyr-et-Sainte-Julitte, martyrs des premiers siècles de l’ère chrétienne (304). Elle présente deux le présente deux choeurs opposés : à l’Ouest, un roman disposé ainsi pour ne pas tourner le dos à la ville ; voûté en cul de four et orné de fresques à la gloire du Christ. Un autre, à l’Est, gothique du XIVème siècle. Un bas-relief représente un sanglier : la légende raconte que Charlemagne aurait rêvé être poursuivi par un sanglier furieux en forêt et aurait été sauvé par un enfant ; le lendemain, il versa l’argent pour la reconstruction de l’église.

On admire l’originalité des vitraux, dessinés par cinq artistes contemporains sur trente ans.

Ils sont :

  • Jean-Michel Alberola, référence à l’apocalypse de Saint-Jean.
  • Claude Viallat, répétition de motifs en forme d’osselets.
  • Gottfried Honegger, vitraux blancs que traverse un arc de couleurs.
  • Raoul Ubac, dépouillement.
  • François Rouan, technique de tressage, de superposition picturale et utilisation de lumière bleue, rouge et grise.

Ce sont des réalisations très différentes.
https://www.narthex.fr/oeuvres-et-lieux/peinture-sculpture-vitrail/des-vitraux-contemporains-pour-la-cathedrale-de-nevers-bourgogne

L’après-midi, nous partons visiter le château de Meauce acheté en 2016 par Monsieur et Madame Mignon, sur un coup de foudre. Il était abandonné depuis 1834, donc en très mauvais état. Il date du XIIIème siècle et est positionné sur un petit éperon rocheux rond, dont il a épousé la forme, au dessus de l’Allier. La charpente de 1380 est presque sauvée et la couverture en ardoise de la face sud terminée. Ce couple, absolument passionné, nous présente les travaux colossaux déjà réalisés avec de nombreuses découvertes encourageantes telles des fleurs de lys en pierre sur la cheminée, des fresques sur les murs, des fenêtres à meneaux, une porte du XVème siècle : beaucoup de persévérance, de passion leur permettent d’avancer ainsi que les dons et les prix obtenus, dont celui de Stéphane Bern. C’est un lieu bien attachant et nous aimerions revenir dans quelques années pour les revoir dans ce cadre magnifiquement restauré.

https://www.chateaudemeauce.com/

Nous poursuivons la journée vers le village d’Apremont-sur-Allier pour une balade dans le parc floral classé jardin remarquable. Il fut créé par Gilles de Brissac en 1977. Il nous est présenté par Madame Hurstel, fille de la propriétaire, Mme de Brissac.

C’est un cadre enchanteur, avec trois fabriques exotiques : un pont chinois, un pavillon turc, et un belvédère orné de huit panneaux en faïence représentant des voyages autour du monde.

Sur cinq hectares, ce sont des arbres rares, des parterres de fleurs, des maisons parfaitement intégrées, une cascade. Ce très joli village de caractère est classé « plus beau village de France ».

Le troisième jour, nous commençons par la visite de la Charité-sur-Loire. Cité monastique placée sur l’un des itinéraires des chemins de Compostelle ; elle s’est développée autour d’un prieuré clunisien et de deux églises érigées par les moines en 1059, le tout entouré par des remparts.
Au XIIème siècle, c’était la grande prospérité , le site constitue un ensemble immense avec la salle capitulaire, le cloître, le prieuré.
L’église Notre-Dame fut la plus grande d’Europe après Cluny ; elle est réputée pour son chevet à chapelles rayonnantes et sa façade ouest à deux tympans. Les guerres se succèdent, c’est le déclin.
Prosper Mérimée sauve le cloître et les deux églises en 1840.
Depuis 2001, la restauration permet une réouverture progressive des lieux.
http://sitesclunisiens.org/article-501-la-charite-sur-loire-f-nievre

On peut admirer un grand et beau pont de pierre datant de 1520 à l’entrée de la ville.

Nous continuons par le château de La Motte Josserand que nous font visiter Monsieur et Madame Monmignaut dont la famille est propriétaire depuis 1850.
C’est une maison forte, édifiée en 1320 sur un bloc rocheux entouré de marécages construction militaire composée de quatre pavillons rectangulaires reliés entre eux par des chemins de ronde, formant un vaste rectangle avec quatre tours rondes aux angles. Au XVIIIème siècle, deux chemins de ronde sont transformés en galerie. En 1664, il perd sa vocation défensive et devient une habitation plus confortable : les fenêtres sont agrandies .
Nous avons pénétré dans une grande salle avec des tomettes d’époque, et dans la tour avec une porte sans angles. Un apéritif avec un excellent Menetou-Salon nous est servi dans l’ancienne cuisine, moment chaleureux dans ce lieu chargé d’histoire.

Nous nous dirigeons ensuite vers le château de Corbelin, lieu enchanteur acheté sur un coup de cœur et dont sa propriétaire Madame Peigney nous fait la visite. Au XVème siècle, le lieu fut une motte féodale puis une place forte avec la construction de tours au XVIème siècle Ce fut un site sidérurgique pendant six cent ans et ensuite une exploitation agricole.

Il a nécessité vingt ans de travaux ; le jardin a lui aussi été dessiné, modelé, planté sur des plans d’inspiration Renaissance avec installation de bassins et fontaines.

Depuis 2015, ils ont le label Jardin remarquable, largement mérité.
La visite de la maison, joliment décorée se termine par un apéritif agréable, servi dans la tour, aménagée aussi avec raffinement.
https://www.corbelin.com/

Le quatrième jour, nous partons pour Bazoches pour la visite du château, par son propriétaire, Monsieur de Sigalas dont la famille possède aussi le château de Cheverny.
Ce fut le domaine de Vauban, acheté après le siège de Maastricht avec une récompense donnée par Louis XIV en 1675 ; il fait des transformations, le ferme, élargit les communs.
À l’intérieur, l’on peut admirer la bibliothèque, le salon avec un tableau de Vauban par Hyacinthe Rigaud, le bureau décoré de jolies peintures d’oiseaux ; c’est ici qu’il rédigea de nombreuses études et dessins de plus de trois cent places fortes et ouvrages militaires dans toute la France mais aussi des ouvrages sur l’agriculture, l’économie, la politique, la fiscalité avec ses « oisivetés ». C’était un grand humaniste qui traversait le pays et se rendait compte de sa pauvreté.
Nous déjeunons dans la grande galerie dont les m urs sont couverts de toutes les armoiries de la famille, sur des plaques de faïence.

Ensuite, nous gagnons le château de Villemolin que nous font visiter Monsieur et Madame de Certaines dont la famille est propriétaire depuis 1570. C’est une demeure historique du XVème siècle, modifiée au XVIIème et XVIIIème siècles ; l’on peut admirer à l’intérieur un exceptionnel meuble secrétaire à multiples tiroirs secrets, commandée par Joséphine pour Napoléon mais arrivé trop tard.

Nous nous dirigeons ensuite vers le château d’Arthel que nous fait visiter ma maîtresse des lieux, Madame de Brondeau. Construit au XVIème siècle entièrement rénové au XVIIIème siècle, par François Guynet, conseiller du roi, qui lui donnera son aspect actuel avec la construction de deux tours, de la cour d’honneur avec des fossés sur les deux côtés, une allée de tilleuls.

Deux pendules de chaque côté sont installées en 1880 . L’intérieur est un ravissement, des pièces traversantes très lumineuses, des boiseries, des peintures des quatre saisons, un parquet en sophora du Japon ; tout est raffiné et harmonieux.

Nous partons rapidement pour le château de Prye, énorme construction en pierres dorées, réalisée au XVIIIème et XIXème siècles, située sur un domaine de 156 hectares, pour la culture et la chasse. Les écuries ont été copiées sur celles de Versailles ; elles viennent d’être restaurées grâce au tournage d’un film et sont utilisées actuellement pour des réceptions. Un repas nous est servi dans le château par les propriétaires charmants et accueillants Monsieur et Madame du Bourg de Bozas.

La dernière journée sera l’occasion pour un groupe, de visiter l’atelier de Clair Bernard, une des dernières faïenceries de restée artisanale et qui fabrique dans le respect des traditions.
http://www.fayencerie-dart-de-nevers.com/

Elles sont apparues dans la ville, en 1480 et ont utilisé les matières premières de la région, argiles, marnes et bois du Morvan pour l’énergie des fours.

L’argile est placée dans un moule pour deux ou trois jours ; une fois sec, on fait le trou pour l’accroche ; ensuite c’est le polissage, le collage de l’anse à la barbotine si besoin et on cuit à 960 degrés au départ et vingt heure s de refroidissement ; on obtient le biscuit qui sera émaillé en blanc ou bleu de Nevers.

Ensuite, on dessine, avec un calque appelé poncif doté de petits trous, on tapote avec du charbon de bois, il reste à peindre et colorer avec des pigments naturels. C’est un travail de patience car il faut compter deux à trois heures de travail pour une assiette avec aucun droit à l’erreur, car l’émail absorbe la peinture et on ne peut la refaire. Il reste à recouvrir d’émail et la faire recuire de la même manière.

Notre dernier château sera Romenay, acheté en 1981 par Monsieur et Madame Boutrolle.
Il a été construit au XVIème siècle par Guy Coquille, grand juriste de la région.
Après d’énormes travaux, ils ont reconstitué le système hydraulique constitué de quatre grands bassins rectangulaires et bassins rectangulaires et d’un grand canal fermé d’un grand canal fermé par par un Nymphée.

À l’intérieur, on remarquera surtout la grande galerie ornée de fresques de l’école de Padoue. L’ensemble témoigne d’une très belle restauration.

Les deux grands communs, de taille exceptionnelle, ont été entièrement repris, avec une nouvelle et admirable charpente à l’ancienne ; leurs grandes arcades nous permettent de déjeuner agréablement.

C’est le moment du retour, avec un arrêt à Ternant pour admirer les deux triptyques en bois sculpté peint et doré du XVème siècle :

  • Le retable de la Vierge, avec sept passages de sa vie, avec les donateurs agenouillés aux extrémités.
  • Le retable de la Passion comprenant les cycles de la passion et la glorification du Christ.

Vous avez tous les détails sur le livre re marquable qui nous a été offert par Monsieur Cario, ancien directeur de la Camosine dont l’aide a été précieuse pour ce voyage.

Nous avons vécu des jours denses, intenses, passionnant s avec des propriétaires, fous et passionnés de patrimoine.
Nous pouvons être admiratifs de leur courage, leur énergie et de la passion qu’ils ont su nous faire partager. Ils sont un chaînon de l’histoire de ces châteaux et nous montrent que tout est possible.