Au cœur de Paris du XVIème au XXIème siècles : Saint-Eustache et son environnement, ses monuments et ses hôtels.

Il fait bien froid sur le parvis désert de Saint-Eustache, ce premier samedi matin de décembre. Nous entrons donc bien vite au cœur de la magnifique église commencée au XIIème siècle pour abriter les reliques du Saint sur le lieu d’une primitive chapelle Sainte-Agnès. Progressivement agrandie jusqu’au XVIème siècle, elle a fini par atteindre les dimensions de Notre Dame de Paris. La voûte est gothique flamboyant avec les premières apparitions du style Renaissance. Chantal Balmont nous emmène dans une visite aussi captivante que documentée.

Difficile d’en dire davantage puisque les trésors de Saint-Eustache sont très très nombreux. On y rencontre à la fois les derniers vitraux historiés fabriqués en France sur des dessins de Philippe de Champaigne qu’une verrière 1945, « Souvenir » de la corporation des charcutiers qui ont célébré en novembre dernier leur 209ème messe.

En sortant de l’église, nous cheminons à travers le nouveau jardin « Nelson Mandela » proche de La Canopée et gagnons la Fontaine du Trahoir (ancien château d’eau et fontaine à mascaron portant une plaque signée par Louis XVI). Un arrêt s’impose à la Fontaine des Innocents, œuvre de Pierre Lescot agrandie par Augustin Pajou dont le soubassement a été modifié à l’époque de Baltard. Ensuite, c’est rue de la Grande Truanderie que nous allons déjeuner: chez Pharamond, lieu qui a gardé tout son charme et son décor Belle Époque.

Monsieur et Madame Jean Fouquet-Lapar nous accueillent ensuite au 68, rue Jean-Jacques Rousseau à l’ancien Hôtel Dupin. Commencé vers 1560, adossé à l’enceinte de Philippe Auguste, l’hôtel est englobé 100 ans plus tard dans un ensemble de 2 corps de bâtiments en L, à huit travées, orné d’un cadran solaire et complété sur les 2 autres côtés par des communs. L’intérieur est desservi par un escalier suspendu monumental. En 1740, la rampe en bois a été remplacée par une rampe de serrurerie, chef-d’œuvre de l’art rocaille. Claude Dupin, fermier général, s’y est installé en 1741 et Louise, son épouse, y a tenu un salon littéraire et scientifique ; Jean-Jacques Rousseau a été son secrétaire durant 5 ans et lui est resté fidèle jusqu’à sa mort. Un grand merci à Monique et son mari de leur accueil et de leur aide à l’organisation du parcours.

Ceux qui ont opté pour la visite du musée du Barreau, rue du Jour, ont peu de chemin à faire pour arriver à l’hôtel de la Porte (XVIIème). Les collections sont exposées dans les caves voûtées : cette année, il s’agit des pièces à conviction et nous sommes entraînés par, un guide est aussi passionnant que passionné dans un vertigineux voyage à travers les grandes affaires criminelles depuis la mort de Louis XVI.