Au cours de deux jours de promenade dans la Sarthe organisés par Denys et Annick de Lavenne, nous avons visité des demeures et monuments d’un grand intérêt historique et patrimonial. Ils étaient au nombre de 6 :

  • Château de Villaines
  • Château de la Groirie à Trangé
  • Abbaye de l’Epau
  • Château de Saint Aignan
  • Prieuré Saint-Symphorien de Marolles-les-Braults
  • Logis abbatial de Moullins

Notre car, parti de la Roche sur Yon, nous amène peu avant le Mans à Louplande, au château de Villaines.

Château de Villaines

C’est à Louplande, que Madame Forissier nous accueille dans son château entouré de son parc. Édifié dans la première moitié du XVIIe siècle sur les ruines d’un château du moyen âge, le château de Villaines n’a pas connu depuis de modification sensible ou d’ajout.

Épargné pendant la révolution, il changea de nom sous l’empire pour prendre celui de son nouveau propriétaire, le marquis d’Aux, lequel l’avait acheté en 1776 au dernier représentant de la famille Gaignon dont la famille possédait la terre de Villaines depuis 4 siècles. A la fin du XIXe siècle, le château d’Aux redevînt le château de Villaines, à l’occasion d’une nouvelle cession au comte de Gramedo. Après avoir visité le magnifique jardin potager, nous avons accédé aux salons où figurent des portraits des familles ayant fréquenté le lieu. Notre visite se termine par un rafraîchissement pris aux bords des douves.

Château de la Groirie à Trangé

Madame Durand-Lépine, passionnée de patrimoine, nous présente cette demeure acquise avec son mari, il y a une dizaine d’années.

Le premier des bâtisseurs est François de la Rivière qui hérite de la Groirie en 1616. Puis le château est vendu en 1714 à un cousin Paul-François de Sanson de Martigny.

C’est à son fils Alexandre Paul Louis François de Samson de Lorchère que l’on doit les transformations d’agrandissement de la Groirie vers 1740 comme le pigeonnier, la modification du château avec la construction des pavillons, le toit dit à la Mansart…En 1836, le Comte Alexandre-Auguste de Samson marie sa fille unique Faustine au chevalier Grégoire- Étienne Enlard de Grandval.

Le château deviendra la propriété de cousins, les Bayard de la Vingtrie qui demeureront propriétaires du château jusqu’en octobre 2005. Le grand escalier a été aménagé dans le corps central en remplacement d’escaliers à vis. Aujourd’hui l’ensemble bénéficie d’un ensemble hôtelier dans l’aile des anciens hôtes du marquis de Samson. Nous y déjeunerons.

Abbaye de l’Epau, près du Mans

L’abbaye de l’Épau doit sa fondation à la reine d’Angleterre Bérengère de Navarre. Épouse du roi, Richard Cœur de Lion, Bérengère se retrouve veuve en 1199. Après 8 années de mariage, ils n’ont pas eu de descendants. En 1204, à la mort de sa belle-mère Aliénor d’Aquitaine, Bérengère obtient des terres en Normandie.

Elle passe un accord avec le roi de France Philippe Auguste, qui lui concède la ville du Mans et sa quinte (superficie autour d’un rayon de 5 lieues, environ 20 km).

Elle acquiert d’autre terrains et les confient ensuite à l’ordre cistercien pour y fonder une abbaye pour le salut de son âme, afin que les moines prient pour son salut.

Aujourd’hui nous découvrons outre l’immense dortoir des moines, le scriptorium, la salle capitulaire où est présenté le gisant du XIIIe siècle de Bérengère et bien entendu la chapelle, tous avec son parc destinés à accueillir des manifestations culturelles.

Château de Saint-Aignan

Après une nuit passée à l’hôtel de la Foresterie au Mans, nous rejoignons Monsieur Eric de Villemarest qui nous accueille à Saint-Aignan. Celui-ci nous conte avec humour l’histoire du château. L’actuel château a été construit à partir du XVIIe siècle.

Il fait suite à une forteresse du Moyen Âge qui avait été incendiée au cours des Guerres de religion, en 1589 et ne subsistent aujourd’hui qu’une tour d’angle et les douves. La partie centrale a été construite entre 1660 et 1680, sous Louis XIV. Quant à la tour carrée, elle date de 1786, juste avant la Révolution.

Nous accédons par un bel escalier de pierres à l’étage noble. A l’intérieur, une galerie de portraits de peintures datant du XVI au XIXème siècle, une chapelle et une salle d’armes où sont réunis de nombreux objets rapportés principalement d’Asie lors des voyages de son grand-père, alors explorateur. Nous quittons le château sous l’aubade d’une trompe de chasse.

Une fois encore, Denys de Lavenne nous réserve une surprise, comme en 2017 au château de Montecler, en Mayenne. Cette année, Denys n’ayant pu joindre le propriétaire du château de Courcival pour le visiter, nous y faisons une courte apparition et échangeons avec le propriétaire résident. Du XVIIe siècle il se compose d’un logis rectangulaire flanqué de deux tours rondes et d’un pavillon en retour.

Prieuré Saint-Symphorien en Saosnois

Madame Herbin nous accueille dans son prieuré dont elle est propriétaire avec son mari depuis un an. Ancien domaine monacal qui dépendait de l’Abbaye de la Couture du Mans, il est en ruine en 1467 puis reconstruit dans la première moitié du XVIe siècle. Le manoir est en L avec demi-tour ronde au centre, et une ancienne tour de défense carrée en bout. Le logis abrite notamment une cheminée monumentale de la Renaissance, parée d’un blason couronné de lauriers, dont le « cuir » n’est pas lisible.

La chapelle, possède un très beau travail de charpente de la Renaissance naissante. Elle a été entièrement restaurée et des vitraux contemporains ont été installés. Les premières influences italiennes dans le Maine, sont dues sans doute au « retour d’Italie » et aux influences des Luxembourg, évêques du Mans.

Logis abbatial de Moullins

Monsieur Philippe Favre et son épouse Kathryn nous accueillent dans leur logis à Saint-Rémy-du-Val. Propriétaires depuis plus de 35 ans, ils nous racontent avec force détails l’histoire de ce logis avec l’arrivée en 995 d’une communauté de onze moines et d’un prieur. Le développement du prieuré amènera la construction de la aula, grande salle d’apparat, à nef et bas-côtés datée des années 1300-1340.

Les guerres de Cent Ans mirent fin au développement du prieuré en octobre 1417, en pillant puis brûlant l’ensemble des bâtiments. Vers 1500, il est un ensemble seigneurial des abbés de l’abbaye mancelle de la Couture, construits sur les ruines d’un prieuré, comprenant logis abbatial en équerre avec tours aux angles, chapelle et colombier. Les toitures élancées du logis et de ses tours sont ornées d’un bestiaire, de hautes lucarnes avec crochets et fleurons. Les portes témoignent l’une d’un style gothique flamboyant, avec accolade ornée de crochets et surmontée d’un fleuron, et l’autre, ajoutée postérieurement, de la première Renaissance, avec colonnes avec chapiteaux plats et fronton triangulaire. La chapelle sainte Catherine, à nef unique de trois travées et chevet à pans coupés, d’un beau style gothique flamboyant, comprenait un retable. À la Révolution le domaine sera morcelé. Les bâtiments changeront d’affectation et seront dégradés. Il faudra attendre la fin du XXe siècle pour qu’une restauration de qualité soit entreprise par les nouveaux propriétaires.

Un rafraîchissement servi devant la tour de l’escalier principal clôture les deux jours du voyage.