Église abbatiale de Saint-Fromond

Venant de Brévands avec quelques compagnons, Fromond fonda ici un monastère vers 650 sur un terrain donné par un ancêtre des barons du Hommet et de La Rivière. Fromond devint évêque de Coutances en 674 à la mort d’Uldéric. Il mourut en 690 et fut inhumé dans le monastère qui prit alors son nom et devint un lieu de pèlerinage.

Le monastère fut pillé et détruit par les Normands, venus par la Vire, en 871. Guillaume, seigneur du Hommet, le fit reconstruire et en fit un prieuré de l’abbaye de Cerisy. L’église fut consacrée en 1174 par Richard de Bohon, évêque de Coutances. En partie détruite par un incendie, elle fut reconstruite au XVème siècle tandis que la nef romane, préservée, restait dévolue à la paroisse.

En 1766, la nef fut démolie – son porche reporté à l’entrée de l’église actuelle devenue, après le départ des moines, église paroissiale. Entre le 9 juin et le 7 juillet 1944, l’église fut très fortement endommagée par les bombardements. Son sauvetage est dû à l’opiniâtreté du curé de l’époque, l’abbé Morel, auquel nous devons de pouvoir encore l’admirer. Depuis 1995, avec la municipalité, l’Association des Amis de l’Abbatiale veille sur elle.

Manoir de La Grande Rocque à Airel

Cette maison a été construite en 1611, à l’occasion du mariage de Charles Hue, seigneur d’Escures, et de Madeleine d’Argouges ; l’ensemble des bâtiments date en majorité du règne de Louis XIII. Elle appartint sans interruption à la famille Hue à La Colombe de 1611 à 1875, jusqu’à la mort de Joséphine Hue de La Rocque (Hue à La Colombe devint Hue de La Rocque en 1665), dernière descendante de sept générations de propriétaires.

Mise en adjudication en 1876, elle fut acquise par la famille de Gajot de Montfleury, propriétaire du château de Saint-Gilles à La Meauffe situé à 3 ou 4 km de là. Elle tomba dans un abandon relatif (les pièces du rez-de-chaussée servant à héberger des animaux) jusqu’en 1963. En 1963, le château de la Meauffe ayant été bombardé, puis rasé en 1944, la famille Montfleury s’y installa à l’année et y entreprit des travaux de grande ampleur sous la supervision de l’Architecte des Bâtiments de France : ablation des boiseries du XIXème siècle permettant de retrouver les cheminées d’origine, réhabilitation et consécration de la chapelle, etc. En 1982, à la mort de Madame de Montfleury, ses petits-enfants (Allègre de La Soujeole) reprirent la maison comme résidence secondaire.

Pierre et Louise Anglès d’Auriac l’acquérirent en 2018. Une première série de travaux est entreprise ayant pour objectifs de rendre la maison habitable en hiver, saine et de sauvegarder des éléments qui, actuellement, sont en danger, notamment les tourelles en poivrière (infiltration), la chapelle et les douves sèches (installation ancienne de fosse septique, etc.) A moyen terme, d’autres travaux seront nécessaires : réinstallation/rénovation des lucarnes en façade aujourd’hui déposées, réhabilitation des bois et allées, rénovation de la façade, entretien des douves, etc.

Déjeuner au Fleurion
Château de Montfort à Rémilly-sur-Lozon

L’histoire du château de Montfort s’associe à celle de la famille Le Marquetel.

Gilles Ier Le Marquetel acheta le fief de Mons en 1522 et fit édifier le manoir – avec belle porterie, tour défensive, logis et bâtiments agricoles – entre 1522 et 1553, sans doute à partir du logis pré-existant du manoir de Mons. Le nom de l’architecte n’est pas connu. Le logis passait pour être somptueux comme en témoignent les éléments restants. Un inventaire de 1755 fait état d’une porterie, d’une enceinte close, de bâtiments sans ouverture sur l’extérieur, de deux cours (l’une du « château », l’autre « des fermiers »), de quatre grands corps de bâtiments (dont un seul subsiste), d’un colombier (toujours présent), d’un pressoir et d’une boulangerie.

Le dernier des Le Marquetel mourut célibataire et sans descendance au début du XIXème siècle. Les trois quarts du logis seigneurial et les bâtiments agricoles furent démolis au cours du XIXème siècle et ceux restant semblaient promis à une disparition totale.

Dans le début des années 1980, une poignée de passionnés, conduits par Noël et Marie-Laure Pottier, entreprit la réhabilitation des lieux. Catherine Pagnier-Lehodey y apporta sa pierre en reconstituant, à partir d’archives, l’histoire des lieux et de la famille qui s’y identifia.

Ferme-manoir de Lessay à Sainteny

Cet important ensemble fut édifié à partir du XVIème siècle. Il comprend des bâtiments d’exploitation agricole : une grange à tour carrée du XVIème siècle, une charreterie avec tour du XVIIème siècle, et une maison d’habitation du XVIIIème siècle. Son nom est associé à l’un de ses propriétaires du XVIIème siècle : un sieur de Lessey ; il passa dans la famille Livrée en 1630 puis fut acquis par la famille Desplanques (anoblie en 1652) à la fin du XVIIème siècle. Il passa ensuite dans les familles Bouquet de Grandval, Le Roy Du Campgrain, Le Prévost de La Moissonnière et Fontanges.

Madame de Fontanges le loua à des fermiers pendant 70 ans puis le légua à ses neveux Poulpiquet. L’ensemble se présenta donc comme une ferme du début du XXème siècle jusqu’en 2008, année de son acquisition par Philippe et Alix Colin de Verdière. Aidés de leurs dix enfants, ils se lancèrent dans des travaux de restauration de grande ampleur dont la qualité fut récompensée par un prix VMF en 2014.