Le manoir de Brion à Dargey

Au XVIIème siècle, « La chenevrotte » est un grand domaine dédié à la culture du lin.

Au XIXème siècle, la famille Gosset en fait une vaste exploitation agricole et d’élevage chevalin et en agrandit les bâtiments, en particulier les écuries.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le domaine devient le quartier général des officiers allemands et abrite des postes de télécommunication. Dans la nuit du 4 au 5 juin 1944, Armand Lapierre – membre du réseau Alliance – participe à « La grande coupure » visant à détruire le réseau de communications allemand avant le débarquement. Épargné par le Débarquement, il est ensuite occupé par le Royal Army Service Corps et devient un centre de ravitaillement en carburant.

En 1988, après avoir été détenu pendant 133 ans par la famille Gosset, il devient la propriété de Thomas et Marie-Françoise Dicker qui le transforment en hôtel de prestige et lui donnent son nom actuel. En 1992, il rejoint le groupe Small Luxury Hotels of the World.

L’abbaye Sainte-Marie de Longues

Elle fut fondée en 1168 par Hugues Wac qui donna la terre sur laquelle elle fut construite. Un grand nombre de seigneurs normands – dont les Bacon, seigneurs du Molay et les Argouges, familles dont certains membres ont leur sépulture dans l’abbaye – et anglais, dont Henri II lui-même, enrichirent l’abbaye. Première fille de l’abbaye d’Hambye, elle intégra l’ordre de Cluny en 1600.

Il persiste de l’abbaye l’élégant logis abbatial, du XVIIIème siècle, une partie de l’église, gothique, la ferme avec sa grange, le pressoir et l’étable, le jardin et le vivier des moines et une exceptionnelle collection de pavés vernissés venant du Molay. La plupart de ces éléments sont protégés au titre des Monuments historiques depuis 1915 et 2006. Les travaux d’entretien et de restauration sont conduits par les propriétaires actuels : Jérôme et Isabelle d’Anglejan.

Déjeuner à La Chenevière
Château de La Noë à Tracy

Il fut construit par Pierre Gauche, sieur de La Noë ou son fils également prénommé Pierre et devenu marquis en 1758, vers 1750. Après avoir changé plusieurs fois de propriétaire, il entra dans la famille Fauchier-Magnan en 1900, dans laquelle il demeure toujours, son propriétaire actuel étant Louis de Bourgoin. Proche des plages du débarquement, il fut cependant épargné en juin 1944.

Son architecture est une parfaite illustration du classicisme épuré préconisé par le célèbre architecte François Blondel. Il possède cependant quelques caractéristiques du XVIIème siècle comme l’emplacement latéral de l’escalier, la décoration de la façade principale ou la présence de lucarnes à fronton triangulaire aux pignons du château. Il est entouré de bâtiments divers : ferme, écurie, remise, buanderie, chapelle, d’un jardin et d’un parc. Le « salon Frémiet » possède des lambris à thèmes animaliers créés par le sculpteur vers 1890, à la demande du propriétaire de l’époque, le baron Delort de Gléon. Les pricipaux éléments extérieurs et intérieurs de la propriété sont protégés au titre des Monuments historiques depuis 1994 et 1995.

Haras d’Etreham

De l’ancien château d’Etreham, détruit par le comte Frédéric-Christophe d’Houdetot (1778-1859), il ne reste que des communs et en particulier le pavillon de l’horloge et une tour située à droite de la cour d’honneur. Le château actuel, construit par le même comte d’Houdetot vers 1835, est d’un style très hétéroclite, regroupant des éléments d’inspiration médiévale, de la Renaissance, du XVIIème siècle et néoclassique. Frédéric d’Houdetot fut auditeur au Conseil d’État, préfet (Gand, Bruxelles, Calvados), baron d’Empire, Pair de France, président du conseil général du Calvados et grand collectionneur de peintures.

Dans l’enceinte du haras se trouve également le manoir de Russy, fief de la famille Picot, qui échut, par héritage à Gilles Picot de Gouberville (1521-1578) rendu célèbre par son Journal dont 13 années consécutives nous sont parvenues et qui y fit de nombreux séjours. On accède au château par une somptueuse avenue entourée d’herbages dévolus aux chevaux de la propriété  elle-même cernée d’un réseau de double haie. Depuis 1845, le haras est la propriété de la famille de Chambure qui y élève des chevaux de renommée internationale.

Château de Vaulaville

Il fut bâti au XVIIIème siècle, à la fin de l’époque Régence, par Adrien Morin de Banneville, seigneur de Vaulaville, dans l’esprit des « folies » alors en vogue qui acquit la terre de Vaulaville en 1720, date de consécration de la chapelle dédiée à saint Etienne. Les communs ont été remaniés au XIXème siècle dans  un esprit « Louis XIII » et abritent de belles écuries.

Ses salons sont ornés de boiseries Régence et de meubles d’époque et servent d’écrin à des collections de jouets anciens et de porcelaine de Bayeux. La mère de la propriétaire actuelle, Monique Corblet de Fallerans a été résistante et déportée à Ravensbrück. Elle s’est éteinte en 2012 à l’âge de 88 ans, après avoir été déléguée départementale des VMF pour le Calvados. Sa fille, Marie-Hélène Milan a la grande amabilité de nous accueillir en cette fin de journée et pour notre traditionnel pot de départ.