de 1810 à 1837

DEBUT DU RECENSEMENT ET DU CONTROLE PAR L’ETAT (1810 – 1837)

• 1810 – Première liste des monuments recensés

Alexandre de Laborde obtient du ministre de l’Intérieur, le comte de Montalivet, qu’il invite les préfets à établir la liste des monuments ayant échappé au vandalisme révolutionnaire. Il ne s’agit plus seulement de poser un principe, mais de le traduire concrètement dans une démarche d’inventaire. Ces premières listes ont certes été très incomplètes. Les bases sont néanmoins posées.

Parallèlement, le ministre souhaite que les œuvres dispersées soient rapportées à leur lieu d’origine. Là encore, les résultats ont été limités. Mais il apparaît qu’une liaison physique existe entre une œuvre et le cadre pour lequel elle a été conçue : on est bien dans une démarche à caractère patrimonial au sens le plus moderne du mot.

• 1816 – Publication de la liste des monuments recensés et naissance du tourisme

Alexandre de Laborde fait publier la liste des monuments recensés et les classe de manière chronologique. Avec cette publication naît le tourisme. En effet, l’attention portée à des lieux particuliers crée le désir de les découvrir, de les connaître. Les érudits organisent alors ce qu’ils ont très vite appelé des excursions, dont l’objet était précisément la visite de ces monuments publiés. Ce fut le point de départ de la découverte d’autres sites, d’autres régions : le mouvement était engagé.

• 1830 – Création du poste d’inspecteur général des Monuments historiques

François Guizot, devenu à son tour ministre de l’Intérieur, crée un poste d’inspecteur général des Monuments historiques. L’Etat se dote des moyens nécessaires pour visiter sur place et surveiller les monuments. Le premier inspecteur général est Ludovic Vitet.

 • 1837 – Création de la commission des Monuments historiques

Prosper Mérimée, devenu inspecteur général en 1834, transmet aux préfets une instruction datée du 10 août, les enjoignant de faire connaître de manière systématique les anciens monuments présents dans leur département. Ces monuments doivent être classés par ordre d’importance. Il est à noter que l’emploi de ce verbe « classer » est à l’origine de la terminologie actuelle en matière de protection.

Cette même année est créée le 29 septembre la commission des Monuments historiques. Cette commission, placée auprès du ministre de l’Intérieur, comprend sept membres, parmi lesquels l’inspecteur général et deux architectes des bâtiments civils. La commission analyse les monuments classés dans l’inventaire qui vient d’être lancé, en apportant un regard scientifique et technique. Elle est en outre chargée des travaux à réaliser. Ainsi, l’Etat n’est plus seulement responsable du patrimoine national, il intervient positivement pour sa conservation et décide d’engager les travaux nécessaires. À partir de 1840, la direction des travaux les plus importants est confiée à des architectes recrutés à cet effet.

 

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