visite du patrimoine bâti de l’ile de Noirmoutier

Le 29 mai 2015

Nous nous sommes tous retrouvés sur le parking du château de Noirmoutier vers les 10 heures pour la visite du château qui accueillait une exposition très intéressante sur la guerre de 14-18 à Noirmoutier : au rez-de-chaussée, la vie dans l’île, au premier étage, les malles d’un officier le commandant Rougemont, au second et au troisième, le quotidien des « Indésirables », 250 civils, artistes, peintres, écrivains, sculpteurs, allemands, autrichiens, polonais, hongrois. Ils ont vécu là dans quatre pièces, gardés par 25 soldats pendant la guerre puis furent internés à l’île d’Yeu en 1917. Parmi eux, Aladoir Kuncz écrivit son journal intime « Le Monastère Noir » qui rend bien compte de ce qu’ils ont vécu. Ce journal eut un succès immédiat.

 En haut des remparts, nous avons admiré la vue magnifique sur les marais et la mer qui scintillait sous le soleil, et nous avons appris que cette forteresse a été construite sur une motte féodale en 1200 et a accueilli 2000 prisonniers  pendant les guerres de Vendée dont le fameux  Général d’Elbée blessé qui fut fusillé par les Bleus sur son fauteuil rouge que l’on peut encore voir sur place en temps normal.

 

Puis nous avons rencontré St Philbert (616-685) dans l’église dont la crypte du XIIème siècle conserve une relique du saint. En 10 années passées à Noirmoutier il a évangélisé et transformé cette île pauvre et peu peuplée : la construction d’un monastère et l’assainissement des marais pour l’agriculture et le saunage. Il repose maintenant dans l’abbaye de Tournus en Bourgogne.

L’église est intéressante : l’abside (ancien chœur des moines) construite au XIème siècle est la partie la plus ancienne. Elle est prolongée au XIIème siècle d’un vaisseau central aux poutres apparentes. La nef droite (Sud) fut ajoutée au XIVème siècle et la nef gauche (Nord) est du XVIIème siècle. Nous avons remarqué dans le baptistère, l’ancienne entrée sous son joli toit à quatre pans, et qui donnait sur un enclos appelé le cimetière des moines.

La matinée s’est terminée par la visite de deux Hôtels du XVIIIème : l’hôtel d’Elbée bien rénové, devenu hôtel restaurant (nous avons pu admirer une jolie cheminée en tuffeau dans le salon et la belle rampe en fer forgé de l’escalier) et l’hôtel Jacobsen racheté par la commune et en travaux de restauration, dont la cour arrière témoigne des différentes périodes de construction depuis le Moyen Age jusqu’à l’ère contemporaine.

Pour le déjeuner, nous étions si nombreux que nous avons dû nous séparer ;  le  restaurant du Castel et  l’Auberge du Château nous ont fort bien accueillis, et les repas étaient délicieux.

Avant de reprendre les voitures, nous eûmes la surprise de pouvoir entrer dans la Galerie d’Art Contemporain sise à l’Hôtel de Noizillac du XVIIIème siècle avec sa très belle cheminée et son escalier monumental en pierres et d’admirer cette suite de petits jardins charmants à l’arrière.

Une fois le covoiturage organisé, nous sommes allés au Bois de La Chaise où se trouve la villa Ker-Houët. Le Bois de La Chaise (110 ha dont 30 appartiennent à l’Etat) fut planté de chênes verts dits « yeuses », puis abattu en 1793, et replanté par Jacobsen. Certains de ces chênes magnifiques ont 200 ans. Malheureusement, il semblerait que des arbres soient malades. A Ker-Houët, les chênes verts sont encore là et forment un magnifique écrin à la villa construite en 1889 dans le style breton par l’architecte nantais Le Diberder qui a fait venir le granit du Morbihan par bateaux et carrioles, et l’a achevée en moins d’un an. Guy et Françoise de Panafieu, les actuels propriétaires, nous ont très aimablement ouvert la maison et nous avons pu admirer leurs travaux d’aménagements qui rendent cette maison si agréable à habiter ainsi que la restauration de la dépendance en petite maison pour pouvoir accueillir encore un peu plus d’amis. Ils ont fait appel au fameux paysagiste Louis Benech pour réaliser le jardin d’un hectare qui entoure la maison : c’est une grande réussite.

Toujours dans le Bois de La Chaise, nous sommes passés au « Château de Pélavé » c’est-à-dire Proche Levé car 80 mètres, c’est le point le plus haut du Bois. C’était une villa construite dans le style normand qui fut démolie et reconstruite en 1900 dans le style de villa à l’italienne. Depuis la mort en 1960 de sa propriétaire très originale, la maison est passée de mains en mains et est actuellement à vendre. Signalons de très beaux chênes verts remarquables dans le parc.

Puis nous avons marché vers Le Gaillardin au sommet du Pélavé, grande et luxueuse villa de style manoir anglais construite par Charles Prince, instaurateur des régates de « Doris » en 1950 à Noirmoutier. Après la guerre, cette maison fut vendue à Madame Hoppenot morte à 107 ans et léguée à son mouvement spirituel « Sève ». C’est dans ce parc que se trouve le plus vieux chêne du Bois, multiséculaire dit-on !

En longeant la côte Nord, Nord Est en face de Pornic, nous avons quitté le Bois de La Chaise et sommes entrés dans le Bois de La Blanche en passant par Le Vieil, charmant bourg constitué de vieilles maisons de pêcheurs. Nous avons aperçu l’Abbaye de La Blanche, de très beaux et importants bâtiments et le sommet de la fameuse Porte aux Lions,  du haut de la route montante où nous avons fait halte pour un bon goûter apporté par Denys et Annick de Lavenne. L’abbaye fut vendue comme bien national à la famille Jeannot qui en est toujours propriétaire. Ce domaine de 60 ha est devenu une exploitation agricole spécialisée dans la pomme de terre.

Un grand merci à Denys et Annick de Lavenne qui ont si bien organisé cette magnifique journée très intéressante. Nous avons eu la chance de profiter d’un temps superbe, la lumière était belle… Merci à Jean-Yves Beaune de Paysat  et à sa grande érudition du patrimoine noimoutrin. Et merci à Guy et Françoise de Panafieu qui après notre visite chez eux, se sont institués nos guides tout l’après midi  avec beaucoup de gentillesse, d’humour et de compétence.

Inès de Baudry d’Asson

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