la demeure parisienne du dernier duc de Ventadour

Le 23 mars 2013

 Près de 60 personnes ont pris part à notre après-midi culturel de l’hiver, centré sur l’Hôtel de Soubise et ses voisines. Les deux plus grands connaisseurs de cet ensemble méconnu, MM. Philippe Béchu et Christian Taillard, des historiens très complémentaires, nous en ont présenté l’essentiel d’une façon très vivante; nous avons été heureux de pouvoir poursuivre avec eux de riches échanges lors du « pot de clôture » traditionnel qui s’est déroulé dans la galerie de l’Hôtel d’Assy.

Ce ne furent certes pas les maigres revenus du duché de Ventadour qui permirent de financer les magnifiques décors intérieurs de l’Hôtel de Soubise : de ce véritable palais princier, nos conférenciers mirent en lumière tout l’apparat, pour ne pas dire les visées ostentatoires poursuivies dès 1705 par les Rohan Soubise, qui n’héritèrent qu’ensuite des Lévis-Ventadour.

Leur origine, leur rang de princes étrangers, une fortune suffisante pour leur permettre l’achat de charges prestigieuses et coûteuses comme celle de capitaine des gendarmes de la Maison du Roi (600.000 livres !), la proximité immédiate du souverain justifièrent autant qu’ils la permirent la réalisation et l’enrichissement intérieur d’une bâtisse dont, hélas, ne subsiste plus qu’une partie.

Hélas ! car ce que nous avons pu découvrir suffit à nous enchanter : la qualité exceptionnelle de l’architecture d’ensemble,  l’agencement des pièces,  sculptures, peintures, ainsi que la symbolique s’attachant à la plupart d’entre elles, en détail expliquée par MM. Béchu et Taillard, furent un vrai plaisir pour l’œil : c’est une chance que ces œuvres, nées d’artistes de premier plan qui travaillèrent aussi pour Louis XV, aient pu subsister ou retrouver leur emplacement originel, dans des locaux que les travaux ultérieurs ont singulièrement diminués.

En effet, la nécessité de loger successivement des fonds d’archives aussi conséquents qu’essentiels pour leur contenu historique a conduit la Monarchie de Juillet, le Second Empire et la Troisième République à réaliser des aménagements qui ont amputé l’Hôtel de Soubise et le jardin le séparant de l’Hôtel de Rohan. Ce fut peut-être la partie la plus surprenante de notre visite – privilège rare- que de parcourir les Grands Dépôts conçus au XIXème où s’amoncellent cartons et registres ; l’architecture intérieure de ces magasins, impressionnante et variée, reflet parfois d’une époque où le modernisme industriel a mis sa patte, n’a pas manqué de nous intéresser vivement, et de nous surprendre souvent par sa qualité esthétique.

Si le temps a manqué pour visiter l’Hôtel de Rohan, c’est parce que nos hôtes ont su nous captiver par leurs propos, et nous ne saurons assez les remercier de nous avoir consacré un après midi entier, ainsi que la Direction des Archives d’avoir permis et facilité cette manifestation culturelle.

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