Châteaux et Abbayes de l’Aude

Le 20 septembre 2017

CHATEAUX ET ABBAYES de l’AUDE

La sortie des VMF nous conduit, les 20 et 21 septembre derniers, vers les châteaux et abbayes de l’Aude.

Nous avons commencé notre circuit par la visite du château de SERVIES-EN-VAL

Merci à Monsieur de Calmès et à sa sœur de nous avoir ouvert leur demeure, et de nous en avoir conté l’histoire.

VILLAGE et ABBAYE de LAGRASSE
L’heure du repas ayant sonné, nous nous sommes retrouvés à l’Hostellerie des Corbières, à Lagrasse.
Pour nous rendre ensuite à l’abbaye, nous avons traversé à pied la cité médiévale, avec ses ruelles étroites, sa magnifique halle du XIVè, puis le Pont Vieux, datant de 1303.
L’abbaye Sainte-Marie de Lagrasse a été vendue comme bien national à la Révolution. Elle est donc aujourd’hui partagée en deux : une partie, publique, appartient au Département de l’Aude ; l’autre partie, privée, est redevenue une abbaye, occupée par les Chanoines Réguliers de la Mère de Dieu.
Les chanoines restaurent cette abbaye fondée par Charlemagne au VIIIè siècle, tout en menant leur vie religieuse. Les bâtiments conventuels se déploient autour de la cour d’honneur et le cloître du XVIIIè siècle, dont le grès rose donne un éclat particulièrement joyeux. L’église gothique, le transept roman, le cloître, la tour-clocher, et enfin le jardin reconstitué en carrés médiévaux et renaissance, nous avons pu admirer la sobre beauté du lieu sous la conduite d’un chanoine érudit et passionné.

Auparavant, nous avions rapidement visité la partie publique de l’abbaye. Dans ce palais abbatial du XIIIè, nous avons surtout aimé le vaste dortoir des moines, la chapelle de l’abbé.

Il nous a fallu ensuite prendre la route, en convoi ou non, en direction du château d’Arques. Tout au long de cette belle vallée de l’Orbieu, que de paysages magnifiques ! Les conducteurs n’en ont peut-être pas profité assez, tout concentrés qu’ils étaient à tourner leur volant sans cesse, dans ces multiples virages !

LE CHATEAU d’ARQUES.

Ancienne maison forte du XIIIè , classée MH depuis 1887, elle est constituée d’une enceinte et d’un « haut donjon » carré cantonné de 4 tourelles.
L’enceinte presque carrée 51 × 55 mètres cerne le château avec une porte dotée d’un mâchicoulis ornée au sommet d’une clef de voûte aux armes de la famille de Voisins, qui en commença la construction en 1284. De nombreux bâtiments devaient exister le long de l’enceinte. Subsistent deux tours-logis bien conservées.
Le donjon carré, haut de 25 mètres, est un chef-d’œuvre d’architecture militaire inspirée d’Ile de France. Il comporte 4 niveaux desservis par un escalier à vis. Les différentes salles ont été construites avec un soin extrême. Le dernier étage était consacré à la défense du château. Une quarantaine de soldats pouvaient y défendre en même temps ce donjon grâce aux nombreuses archères et baies rectangulaires qui ajourent symétriquement les murs. C’est un bon exemple des progrès des constructions militaires, désormais complexes et savantes, dans une zone stratégiquement sensible.

L’Eglise d’ARQUES

Après une journée si riche en découvertes, nous avions besoin d’un bon repas et d’une bonne nuit. Nous les avons trouvés à l’Hostellerie de l’Evêché, à Alet. Cadre magnifique pour ce bâtiment du XVIIè, construit sur les bords de l’Aude, tout contre l’Abbaye d’Alet.

ALET LES BAINS, sa basilique, son village médiéval, ses sources thermales.
Le village se développe autour des vestiges d’un ancien monastère bénédictin fondé au IXe siècle : l’abbaye-cathédrale Notre-Dame d’Alet, en grès ocre, dont subsistent les ruines romantiques du chevet roman, du chœur gothique inachevé, de la salle capitulaire et de la porte d’entrée Nord. La qualité d’exécution et la noblesse des proportions du monument le placent aujourd’hui parmi les « plus belles ruines de France ».

La visite du village médiéval nous réserve bien des surprises :
-la maison de l’alchimiste, du XVIè, l’ancienne mairie, du XVè, la maison du régent, l’auberge de la main d’argent, la maison de Nostradamus, dont la restauration date du XVIIè, au hasard des façades nous découvrons des fenêtres en bois sculpté du XVIè, une magnifique tête sculptée…
Le reste des remparts s’étend entre deux portes, dont l’une fut détruite par les 300 boulets de canon des protestants, l’autre reste intact depuis le XIIè.
On aperçoit enfin des vestiges de l’époque romaine : caché dans la végétation, un colombarium, site très rare en France.

Après un repas qui réjouit nos papilles à Limoux, nous continuons notre chemin vers l’abbaye de Saint Polycarpe.

ABBAYE de SAINT POLYCARPE
On trouve trace ici d’une abbaye dès le VIIIè siècle. Le bâtiment actuel appartient au premier art roman méridional. L’église comporte une nef unique comprenant 3 travées ; des voûtes sur doubleaux s’élançant jusqu’à une hauteur de 10,40 m retiennent l’attention. Nous admirons également une poutre ornée de 12 petits panneaux peints, vraisemblablement de la fin du XVè siècle. Malheureusement, le trésor de l’église : chefs reliquaires de St Benoît et St Polycarpe, était absent pour cause de restauration. Il nous faudra revenir….

Enfin, nous avons terminé cette belle promenade par la visite de l’Abbaye de Saint-Hilaire.

ABBAYE de SAINT HILAIRE
Située à 15 kms de Carcassonne, cette ancienne abbaye bénédictine fortifiée abrite notamment le fameux « sarcophage » de Saint Sernin, du Maître de Cabestany.
Cloître gothique, église romane, logis abbatial et son plafond à la française, magnifiquement restauré, datant du XVè siècle. Nous avons vu aussi le réfectoire des moines et sa fameuse chaire de lecture du XIVè siècle, à l’acoustique si bien étudiée, et les celliers taillés dans la roche.
Et le mot de la fin … c’est ici que les moines inventèrent la Blanquette, en 1531 !

Photos : François Mérimée

OoO

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