Autour du cheval: Pompadour et ses alentours

Le 06 mai 2016

La sortie traditionnelle du vendredi de l’Ascension s’est déroulée sous un beau soleil et a mobilisé environ 90 participants.
C’est au château de l’Ermitage, au cœur de Pompadour, qu’ont eu lieu nos retrouvailles : ce cadre remarquablement paysagé autour d’une demeure d’un équilibre parfait a été mis à notre disposition avec infiniment de gentillesse par Madame Desproges-Gotteron, bien qu’elle ait su dès son accord qu’elle serait retenue en Haute Vienne par la tradition bien limousine des Ostensions.
C’est véritablement à la chapelle Saint Blaise que démarraient nos visites ; pour ceux qui ne la connaissaient pas, sa décoration fut un choc émotif profond ; et, pour tous, ce fut l’occasion de la découvrir « autrement » puisque nous avons eu l’honneur et la chance d’une présentation par le grand artiste même qui l’a conçue et réalisée : André BRASILIER.
Nous savons un gré infini au Maitre Brasilier d’avoir accepté l’invitation des VMF pour cette journée qu’il a suivie de part en part avec son épouse ; il demeure à Paris, et venir à Pompadour n’allait pas de soi ; il a accepté sans hésiter de le faire, et ce fut évidemment d’autant plus apprécié qu’il a expliqué son programme iconographique, les contraintes techniques qu’il a dû surmonter et répondu bien volontiers aux nombreuses questions qui ont fusé.
En substance, condamnée à la ruine et peut-être à la destruction, la chapelle Saint Blaise a eu la chance de trouver en lui, décorateur inspiré de l’ensemble des voutes et des parois, un vrai mécène qui, pendant près de trois ans, n’a ménagé ni son temps ni sa peine pour véritablement ressusciter une bâtisse modeste par le style, mais vaste par la taille ; le « Credo » qui a déterminé le choix du peintre dans sa déclinaison picturale dégage, malgré le tragique de nombreuses scènes, un profond message d’espérance grâce à la douce tonalité bleutée de l’ensemble.
L’intervention du Maitre a été complétée par celle de Madame Golfier, native de Pompadour, qui intéressa André Brasilier à ce projet : elle a montré combien le peintre était un des rares artistes joignant l’ensemble des qualités nécessaires à une réalisation qui, cela va sans dire, a profondément passionné notre délégation.
La visite alternée du château et des écuries de Pompadour présente, après cette halte fort appréciée à la chapelle Saint Blaise, un intérêt surtout rehaussé par la découverte, rare, des étonnantes charpentes du château ; malheureusement amputé à la Révolution des deux tiers de son volume, et surtout de la décoration Renaissance qui, conservée, en eût fait le digne pendant de nombre des plus belles demeures du Val de Loire, Pompadour – ou ce qui en reste avec son enceinte et son châtelet d’entrée- n’en est pas moins l’un des plus beaux ensembles de tout le Limousin .
Plusieurs siècles le séparent du château de Saint Martin Sepert, qui fut édifié en 1783 par la famille de Joussineau, qui avait fait depuis peu l’achat de cette terre aux Corbier, dont les descendants le rachetèrent à la fin du XIXème siècle et, à travers M et Mme Jean Luc de Corbier, l’occupent toujours. C’est une pure demeure du XVIIIème, d’une noble symétrie parfaitement équilibrée et conçue sur un plan classique, si ce n’est pour la disposition intérieure, l’escalier n’occupant pas l’espace central. M. Jean Luc de Corbier, depuis le fond du parc, nous en a fait une présentation fort humoristique, l’historique étant enrichi par nombre d’anecdotes vivantes. M. Régis de Foucauld l’a complété par des détails sur les circonstances et les motifs de la création à Pompadour des fameux haras, dont l’inspiration est due à un de ses aïeux, tandis que la première direction effective en fut confiée par Louis XV à l’un de ses proches familiers, le marquis de Tourdonnet, chef de la Maison de Joussineau.
Puis ce fut le départ pour le château et le domaine de Puy-Grolier, aux portes d’Uzerche, où M et Mme Baudouin Gaignerot et leur famille nous accueillaient pour une visite et le pot de départ. Sur les bases subsistantes d’une maison forte remontant à coup sûr au XVIème siècle, des remaniements successifs ont apporté à l’intérieur la marque du XVIIème siècle, et à l’extérieur un quasi doublement de la surface au XIXème, avec des pavillons carrés sur l’avant et la mise au goût du jour des tourelles et des ouvertures de l’arrière, qui donne sur la Vézère. Le propriétaire qui en fut l’instigateur, Pierre Sauvage, a complété ces travaux par l’édification à proximité de considérables bâtiments agricoles destinés à en faire une ferme modèle : logements, grange-étable à l’auvergnate, box à chevaux, d’un style homogène, constituent ainsi, en Corrèze, un des rares exemples survivants de ces « fermes idéales » qui ont beaucoup fleuri en Haute-Vienne. Notre délégation a été frappée par l’ampleur considérable de la grange, avec sa spectaculaire charpente en châtaigner, et par les contreforts qu’ont exigés les dénivelés d’un terrain fort pentu.
C’est auprès du bassin de Puy-Grolier que s’est achevée cette sortie très dense, favorisée par le temps et permise par la gentillesse et la compréhension de l’ensemble des propriétaires et intervenants.

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