Autour de Châteaugiron

Le 25 août 2015

Château du Chatellier

Château du Chatellier

Bois Orcan

Bois Orcan

Entrée du château de la Tullaye

Entrée du château de la Tullaye

Châteaugiron Île et Vilaine

Château des Pères

Château des Pères

     Après notre traditionnel pause-café au Jardin des Plantes à Avranches, nos deux cars se sont dirigés vers le sud à destination de l’Ile et Vilaine, où Jacques de Moncuit, délégué VMF nous attendait au château du Chatellier à Corps-Nuds.

Bâti pour Pierre du Chastellier en 1632, sur la Colline du Chardonnet , à l’emplacement d’un ancien camp celte puis d’une  place forte détruite pendant les guerres de la Ligue en 1595, le château est habité jusqu’à 1938 par d’importants membres du parlement de Rennes. Erigé sur une terrasse rectangulaire, le château est entouré de douves maçonnées. Il est flanqué de quatre tours d’angle à mâchicoulis servant de chapelle, de colombier, de cabinet d’archives et de logement de domestiques. Après la mort de la dernière héritière directe, le château sombre petit à petit dans un triste état : l’eau s’infiltre, la végétation devient envahissante…en 1995 le château est acheté sur un coup de cœur par les propriétaires actuels qui se lancent dans de grands travaux de restauration : charpentes, couvertures, huisseries, reprises de maçonnerie….et la remise en état de l’escalier d’honneur avec ses décors peints, découverts récemment, représentant des scènes des métamorphoses d’Ovide, réalisées au début du XVIIe siècle. Nous remercions vivement les propriétaires qui nous ont ouvert leurs portes pour cette visite passionnante.

Nous nous sommes ensuite rendus au château des Pères, élégante demeure du XVIIIe siècle, situé au cœur d’un parc de 31 hectares regroupant forêt, potager, étang et jardins. Ayant longtemps abrité la Congrégation du Saint-Esprit et un centre qui préparait les missionnaires avant leur départ pour l’Afrique, il devient maison de repos pour les Pères (d’où son appellation actuelle). Racheté en 2011 par Jean-Paul Legendre, dirigeant d’un grand groupe de BTP ayant grandi à quelques pas des lieux, le château est restauré et s’anime désormais autour de formations  aux métiers d’art, avec l’exposition de sculptures contemporaines. Nous avons déjeuné dans une des dépendances du château en compagnie des propriétaires et de notre ancienne secrétaire générale Lilibeth Dewavrin qui nous a fait le plaisir de se joindre  nous pour la journée.

     L’après-midi, nos deux groupes se sont séparés pour visiter en petit nombre deux sites exceptionnels : d’abord l’ensemble castral et le centre ancien de Châteaugiron. « Pensez-y ce que vous voudrez » est la devise médiévale de Châteaugiron, petite cité de caractère des Marches de Bretagne dont l’origine remonte à plus de mille ans. Ancienne forteresse protectrice de Rennes, la capitale bretonne, elle fut le lieu de naissance d’une des grandes baronnies de Bretagne. Situé en plein cœur de la ville, le château (MH) , dont les fondations remontent au XIIe siècle, est composé de plusieurs éléments : le donjon, la tour de défense datée du XIIIe au XVe s., le logis principal (XVIIIe), la chapelle (XIIe)qui vient tout juste d’être restaurée  et la tour de l’horloge. Une enluminure, issue d’un manuscrit du XVe siècle (BNF), dont l’auteur, Pierre le Baud, secrétaire d’Anne de Bretagne a rédigé ce livre intitulé « La compilation des chroniques et des histoires de Bretagne » pour Jean de Derval, seigneur de Châteaugiron, montre le château et la rue principale avec ses belles maisons à pan de bois, ainsi que Bertrand Du Guesclin monté sur un cheval blanc.

     Le château de Bois Orcan à Noyal-sur-Vilaine a ébloui notre délégation ! Edifié aux XIVe et XVe siècles, le château de Bois Orcan (MH) est un joyau de l’architecture de cet « âge d’or » de la Bretagne. En travaux depuis vingt cinq ans, la demeure a retrouvé son identité grâce à l’acharnement de son propriétaire  Guy Landon. Le plan, la structure et le décor témoignent de la culture et du raffinement de Julien Thierry, argentier d’Anne de Bretagne. Cette résidence seigneuriale conserve, aujourd’hui, une collection rare de meubles et d’objets d’art de l’époque médiévale, témoins de l’art de vivre au temps de Charles VIII et d’Anne de Bretagne. Le château n’est pas habité et a été restauré avec l’objectif d’ouvrir ses portes aux amateurs éclairés… Madame Sterenn Delavallade, l’attachée culturelle, nous a fait découvrir l’intérieur du château.

     Afin de restituer l’environnement paysager du château à la fin du XVe siècle, le  très renommé architecte paysagiste Alain Richert (malheureusement décédé récemment) a crée un jardin de facture médiévale, présentant trois espaces distincts : la Fontaine de vie, qui répond à la fois à l’art de vivre à l’époque des Valois, et allégorie du Jardin d’Eden et évocation de la Vierge Marie, le Jardin des curiosités avec ses plantes médicinales et aromatiques, et le Jardin d’amour, lieu de  rencontres et divertissements, dont le modèle est diffusé à partir du XIIe s. par le roman courtois. Ce jardin, que nous avons visité également, a reçu le label « Jardin remarquable ». Le Parc qui entoure l’ensemble sert d’écrin aux œuvres de sculpture d’Etienne Martin ; une « forêt médiévale » de 40 hectares est également en cours de plantation.

     Nous avons terminé notre promenade au Château de La Tullaye, où les propriétaires Monsieur et Madame Charles  Herissey nous ont réservé un excellent et très chaleureux accueil. Laplus ancienne mention du château date de 1360, faite par Ogée dans son dictionnaire de Bretagne ; tout y dénotait un manoir fortifié médiéval. Malheureusement, les documents manquent jusqu’au XVIIe siècle, l’époque des grandes transformations. Le château fut occupé par les familles de La Tullaye (épouse Nicolas de Couasnon en 1690), les sieurs de Faucon, de La Monneraye (à partir de 1708), Le Mintier de Saint-André, de Langle de Cary…et aujourd’hui par Monsieur et Madame Charles Herissey . La demeure se remarque tout d’abord par son élégant porche d’entrée donnant accès à une cour qui fut certainement fermée autrefois. Une tour à plan carré, relie le logis, situé dans l’aile droite, qui s’orne de belles lucarnes en œil- de- bœuf  surmonté d’un fronton triangulaire encadré de boules. Une belle corniche soutenue par de petits corbeaux  met en valeur la courbe accentuée du coyau de la toiture. L’aile gauche, qui fait miroir, abrite les communs.

     Après un très sympathique verre dans la cour du château, nos cars ont repris la route de la Manche….avec une arrivée très tardive pour nos adhérents du nord Cotentin !

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