La chapelle du château des Barres remporte la première édition du prix régional VMF Bourgogne-Franche-Comté – Mollier

D’un montant de 5000 euros, ce concours récompense un projet, particulièrement exemplaire, de restauration d’édifice, de décor ou d’objet religieux, mené par des propriétaires privés exclusivement. Il peut s’agir d’un projet de restauration achevé (depuis moins d’un an), en cours ou à venir.

Le prix Mollier, dont la première édition a été remise le 25 mai au château des Barres, récompense ce projet exemplaire de restauration.

Retour sur l’histoire du Château des Barres et sa chapelle :

L’origine du château des Barres remonte à Claude Etienne Chaillou : nommé Auditeur au Conseil d’Etat en 1805, il mène une importante carrière officielle : intendant de Basse Silésie dans la ville de Glogow (actuelle Pologne), auditeur à la direction des Ponts et Chaussées, Préfet de l’Ardèche puis de la Creuse. Il se retire dans son Château des Barres à Sainpuits dès la Restauration et œuvre pendant cinquante ans pour le département de l’Yonne dont il constitue l’une des figures éminentes. 

Le Château des Barres comprend un corps central et une chapelle. Il a été construit sur l’emplacement d’une ancienne seigneurie mentionnée dans les relevés de Cassini.

Une inscription sur le portail de la chapelle mentionne la date de l’édifice, 1786.

Construit dans le style néo-roman et caractéristique de l’intérêt pour le Moyen-âge, on remarque la sacristie de style « néogothique » et l’exceptionnel ensemble de peintures en trompe l’œil, qui imite une architecture et des figures en ronde-bosse. Celles-ci ont été réalisées à l’aide de pochoirs, selon un procédé en vogue chez les peintres italiens, très prisés pour leur habileté à rendre l’architecture des édifices religieux. Les noms des peintres Vacca et Viccario, bien représentés dans les églises du nord de l’Italie et de Savoie, ont été avancés. Cet ensemble remarquable illustre bien le renouveau de la peinture murale dans la seconde moitié du XIX°, mais avec la particularité d’une iconographie régionale comme Sainte Madeleine ainsi que des symboles religieux particulièrement originaux : l’Apocalypse, l’Agneau Mystique, les insignes de la passion, le Livre de l’Apocalypse…

L’utilisation du Prix Mollier :

L’humidité rencontrée dans la chapelle lors de certaines variations climatiques a endommagé les peintures de la voûte et les enduits peints sont tombés par plaques entières. La présence persistante d’humidité a localement chanci certaines zones qui devront être traitées lors d’une campagne de restauration : grâce au prix Mollier, l’ensemble pourra être stabilisé par une prévention de nouvelles infiltrations d’humidité et une fixation pérenne des zones de décollement des couches picturales.

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