Un élève BPMH sur le chantier de l’École militaire

L’année de formation suit son cours pour les élèves tailleurs de pierre du BPMH. Ce diplôme est suivi par l’Association VMF et la Caisse d’Epargne dans le cadre d’un partenariat avec le GMH. Les cours alternent avec des périodes de deux mois de stage en entreprise. Visite de chantier en compagnie de Valério Claveau et de son tuteur.

Sur le toit du chantier de l'Ecole militaire, Valério Claveau (à droite) pose en compagnie du chef de chantier (au centre) et de son tuteur (à gauche).

 

Il arrive les cheveux hirsutes avec son casque blanc sur la tête. C’est l’heure du café du matin. Le sourire aux lèvres, une poignée de main aux camarades… Manifestement, Valério Claveau est dans son élément sur le chantier de restauration de l’École militaire. Ce jeune homme de 29 ans effectue sa deuxième période chez Degaine dans le cadre du BPMH taille de pierre. La formation de terrain représente en effet l’un des points forts de ce diplôme de référence soutenu conjointement par le GMH, l’Association VMF et la Caisse d’Epargne.

 

Les voûtes plates

Direction la cour d’honneur où l’entreprise exécute la première tranche de travaux : « Nous avons 220 m3 de pierre de taille à changer » explique Manuel Mayeur, conducteur de travaux et tuteur de Valério, en désignant l’une des galeries couvertes. « C’est un travail énorme. Les voûtes sont plates, ce qui est très rare, avec des blocs à chaque fois différents. Il faut travailler in situ et prendre ses propres cotes. » À l’automne dernier, le stagiaire faisait partie intégrante de l’équipe composée d’une quinzaine de personnes : « Jusque là, j’avais surtout taillé la pierre de Vernon. Ici, j’ai découvert d’autres matériaux : la pierre de Saint Leu qui est un peu dorée et la pierre de Villers-Cotterêts, très dure. » Il a aussi réalisé des joints et des enduits.

Valério Claveau sous les voûtes plates, accompagné de Marion Rogar, chargée de mission pour le GMH et qui coordonne la formation.

 

Plus de polyvalence

Désormais, Valério œuvre sur une autre partie du site où s’activent 150 personnes, tous corps de métiers confondus, pour la rénovation d’un bâtiment sur rue. « Nous refaisons l’enveloppe extérieure » reprend Manuel Mayeur. « Il faut changer les appuis des fenêtres, effectuer des retailles, poncer les badigeons… » Lui-même ancien du BPMH, le tuteur accueille son neuvième protégé. « J’ai le sentiment d’apprendre ce qui me manquait, notamment la polyvalence » confie Valério. « En atelier, on ne se rend pas compte de tout. Maintenant je comprends les contraintes d’un chantier ! » Tous les matins, il quitte son petit village de l’Eure pour rejoindre Paris. Sa vocation de « pierreux », découverte sur le tard, trouve ici une forme d’aboutissement : « Mon intérêt pour l’histoire a fini par me pousser vers la restauration des monuments historiques. J’ai suivi une première formation à l’Afpa qui m’a permis de décrocher un poste. Mais j’avais besoin d’acquérir plus d’autonomie. » Le BPMH vient répondre à cette attente, en théorie comme en pratique.

Manuel Mayeur, conducteur de travaux et tuteur de Valério, montre les appuis de fenêtre en cours de restauration.

 

A suivre prochainement : séance dessin chez des adhérents VMF

Des adhérents VMF de l’Ile-de-France, du Finistère, de l’Eure, de la Gironde, du Maine-et-Loire, de la Marne, de l’Oise ou du Pas-de-Calais accueillent chez eux des élèves du BPMH afin qu’ils réalisent des dessins d’architecture in situ. Le terrain est en effet très important dans le parcours initiatique d’un jeune. Il permet de se trouver en prise avec la réalité du matériau, le quotidien d’un monument historique mais aussi son talent et ses propres compétences.

Pour suivre la saga des tailleurs de pierre, vous pouvez également vous rendre sur le site Horizon Entrepreneurs de la Caisse d’Epargne qui relate leurs aventures : www.horizonentrepreneurs.fr

 

Priscille de Lassus

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Une réflexion au sujet de « Un élève BPMH sur le chantier de l’École militaire »

  1. Le , du Merle Raoul a dit :

    Commentaire * Bravo pour ce reportage très intéressant, et félicitations aux V.M.F. pour ce financement.
    Pourriez-vous traduire au profane que je suis, ces sigles barbares ( ils le sont tous, hélas!): GMH et BPMH?
    Sincères salutations,
    Raoul du Merle

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