Symposium Icomos – Patrimoine, moteur de développement

« Le patrimoine, moteur de développement ? » : thème du prochain symposium d’Icomos fin novembre

Dans le cadre de son assemblée générale, ICOMOS organise un symposium scientifique international du lundi 28 novembre au mercredi 30 novembre prochains à l’Unesco.

Quatre thèmes ont été retenus :

  • patrimoine et développement territorial
  • développement et retour à l’art de bâtir
  • tourisme et développement
  • développement et économie

Symposium Icomos Patrimoine, moteur de developpementAucune assemblée générale d’Icomos ne s’est en effet encore tenue en France, pourtant l’un des pays fondateur de l’organisation. Créé en 1965 et hébergé en France, à l’invitation de M. André Malraux, alors Ministre des Affaires Culturelles, l’ICOMOS a de solides liens historiques avec la France.

Selon Gustavo Araoz, Président de l’ICOMOS, « le partage d’un même idéal dans le domaine du patrimoine, la vigueur du comité français, la qualité reconnue de ses experts sont autant d’atouts pour assurer la réussite de cet événement. »

Le thème choisi pour le symposium scientifique « Le patrimoine, moteur de développement ? », est un sujet actuel et capital  concernant l’avenir du patrimoine. Pour cette raison, il semble de nature à susciter débats et échanges de grande qualité et répondre à des questions d’actualité concernant tous les pays.

SYMPOSIUM Le patrimoine, moteur de développement ?

Ce symposium scientifique se propose d’évaluer le rôle du patrimoine dans la construction de la société de demain. Les effets de la mondialisation aboutissent progressivement à la normalisation et occidentalisation de notre monde. Le patrimoine, jusqu’ici cantonné dans le rôle de «conservatoire passif», fréquemment considéré comme handicap et frein de développement, doit être au contraire appelé à jouer dès demain un rôle capital servant de repères d’identités et de diversités culturelles.

Développement territorial

Le transfert de plus en plus grand des populations, depuis les campagnes et les petites agglomérations en déshérence, vers les grandes métropoles, engendre des développements urbains difficilement contrôlés qui relèvent plutôt de modes anarchiques et spontanés, et atteignent déjà des proportions dont les conséquences sont graves, voire catastrophiques.

Le retour à un développement équilibré est vital. Il passe par le recours à une politique raisonnée du développement territorial et à un respect de la qualité des paysages, s’appuyant à la fois sur le rural et sur les pôles urbains secondaires (bourgs et villes moyennes) selon un maillage équilibré. C’est là que les données patrimoniales reprennent toute leur valeur comme modèle d’inspiration des nouveaux développements.

Développement et retour à l’art de bâtir

On attribue à la seconde moitié du XXe siècle et à une frénésie d’exploitation des énergies fossiles, la généralisation de modes de vie et de bâtir selon des formes nouvelles dites «de progrès», résolument en rupture avec les modèles traditionnels. Les objectifs aujourd’hui en matière d’économies d’énergie et de recyclage imposent autoritairement de corriger profondément les caractères du bâti, neuf mais aussi ancien, ce qui soulève trois directions de réflexion :

  •  Le savoir réutiliser. Par nature, le patrimoine a montré jusqu’aux années 1950, d’innombrables exemples d’adaptation au milieu physique (implantation, orientation et protections par rapport au soleil, aux vents, au climat) ; d’usage des matériaux locaux. Si le patrimoine bâti porte les capacités nouvelles d’habitat selon ces critères, encore faut-il savoir en mesurer et exploiter toutes les performances avant que de le transformer selon des normes artificielles.
  • Le savoir bâtir. En matière de constructions neuves, des exemples récents montrent la capacité de ces éléments patrimoniaux à répondre à des architectures incontestablement créatives et modernes/contemporaines et offrent une alternative aux solutions artificielles répondant aux nouvelles «normes».

 

  • Le savoir habiter. Plutôt que de faire porter l’effort uniquement sur le patrimoine bâti, il faut savoir remettre en question nos modes de confort et d’usage : abandonner les utilisations acrobatiques de locaux par des fonctions auxquelles ils ne sont pas naturellement destinés ; moduler l’usage selon les saisons (fermeture l’hiver de locaux mal aisés à chauffer) ; enfin revoir nos prétentions en matière de confort.

Développement et tourisme

Le patrimoine est un des facteurs d’attraction touristiques les plus actifs, mais risque, par l’exploitation de masse à laquelle il est de plus en plus exposé, de se stériliser et d’osciller entre fétichisation, muséification, caricature -parc d’attraction. Coupé de son contexte, le sens du patrimoine risque de disparaître au profit de l’image et sa matière même est altérée par l’excès de la fréquentation et des aménagements induits.

 Plusieurs domaines d’action sont alors à ouvrir : maîtriser les flux touristiques, notamment dans les espaces fragiles et rendre compréhensible le patrimoine dans toute la richesse de ses éléments et encourager la sensibilisation du public à l’histoire par l’enseignement comme par les media;

Développement économique

« Les arènes de Nîmes et le Pont du Gard ont plus rapporté à la France qu’ils n’avaient coûté aux Romains »: ces propos de l’Abbé Grégoire, tenus en l’An II de la République, gardent aujourd’hui toute leur actualité, et les investissements dans le patrimoine montrent des «retours» particulièrement intéressants, ainsi que le prouvent les analyses récentes sur les retombées économiques du patrimoine au niveau du territoire. Les impacts fonciers en sont les premiers marqueurs et l’industrie culturelle l’a bien compris, mais en adoptant des formes souvent trop commerciales. Encore faut-il réorienter ces investissements dans les bonnes directions… 

Philippe Toussaint , président des VMF, assurera la vice-présidence de la séance sur le thème «  développement et économie » qui aura lieu le vendredi 29 novembre. L’objectif est de débattre ensemble sur la question suivante :

Comment le patrimoine peut-il exercer des effets structurants sur le développement économique et le bien- être social ?

Président du thème : Gideon Koren (ICOMOS Israël)

Vice-présidents de la séance : Philippe Toussaint, Président de Vieilles Maisons Françaises

 14h-14h10 • Présentation par le vice-président de la séance

 14h10-15h30 • Le patrimoine, facteur d’attractivité des territoires

 16h-16h50 • Le patrimoine, source de croissance et de lutte contre la pauvreté : les enjeux de la réhabilitation des centres urbains historiques

 16h50-17h30 • Le patrimoine, source d’innovation

Symposium scientifique
du 27 novembre au 2 décembre 2011 – PARIS UNESCO

 

 

 

Comité scientifique

Le symposium, coordonné par Benjamin Mouton, membre du Comité exécutif de l’ICOMOS et d’ICOMOS France, bénéficie de l’appui des personnalités suivantes:

  • M. Francesco Bandarin, représentant le Directeur général de l’UNESCO;
  • M. Mounir Bouchenaki, Directeur général de l’ICCROM;
  • M. Yves Dauge, Sénateur, Président de d’Association des biens français du Patrimoine mondial;
  • Mme Sofia Avgerinou-Kolonias, Membre du Comité exécutif de l’ICOMOS et représentante du Conseil scientifique;
  • M. Jean Robert Pitte, Membre de l’Académie des sciences morales et politiques, Membre de la société de Géographie.

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