Mobilisation internationale pour le patrimoine haïtien

Le 12 janvier 2010, un séisme d’une magnitude de 7,0 à 7,3 dont l’épicentre est situé à environ 25 km de la capitale, a fait plus de 210 000 morts, laissant un pays dévasté. A Port-au-Prince, de nombreux édifices dont le palais présidentiel, la Cour suprême ou la cathédrale Notre-Dame ont été partiellement ou totalement détruits.

A Jacmel, fondée en 1698 par la Compagnie de Saint-Domingue et chef-lieu du département du Sud-Est d’Haïti,le patrimoine a fortement souffert. Thierry Oberlé, envoyé spécial du Figaro, décrit ainsi les ravages causés par le séisme à Jacmel : « La ville basse, qui concentre autour de la rivière des Orangers ses richesses historiques, est éventrée. (…) Les demeures coloniales se sont effondrées ou ont subi des dommages majeurs. Les villas du XIXe siècle ne s’en tirent guère mieux. Seuls 10% de l’habitat sont intacts. (…) Rue du Commerce, l’artère où vivaient, avant la dictature des Duvalier, les riches propriétaires des plantations de café et les marchands d’épices, les hôtels particuliers sont marqués d’un cercle. S’il est rouge, le bâtiment est condamné.» (voir le Figaro du 9 février)

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Mobilisation de l’Unesco

Situé au nord de l’île, le Parc national historique, un ensemble datant du début du XIXe siècle qui comprend les ruines d’un palais royal ainsi que la plus grande forteresse des Amériques (le fort des Ramiers), semble avoir été en grande partie épargné par le tremblement de terre. Toutefois, l’Unesco attend d’avoir plus de détails sur ce site inscrit sur la liste du Patrimoine mondial en 1982. La ville coloniale de Jacmel fera aussi l’objet d’une attention particulière, car elle avait été placée sur la «liste indicative» proposée en 2004 par les autorités haïtiennes à l’Unesco dans la perspective d’une inscription éventuelle au Patrimoine mondial.L’Unesco et les bailleurs de fonds internationaux ont promis de venir en aide à ces trésors du patrimoine de l’humanité.

Le Centre du patrimoine mondial aidera les autorités haïtiennes à évaluer l’étendue des dégâts afin de déterminer les mesures à prendre pour assurer sans tarder la sauvegarde et la restauration des édifices historiques affectés. L’Unesco souhaite aussi mobiliser les survivants dans les camps de relogement en aidant les haïtiens à restaurer leur mémoire culturelle brisée et à rétablir les liens inter-générationnels. Ainsi, l’un des projets prévus en réponse à ce drame est de former et d’équiper les jeunes pour enregistrer les histoires, les chants et les souvenirs des membres plus âgés de la communauté.

Mobilisation en France de l’association Patrimoine sans frontières

Afin d’aider à sauvegarder les « lieux chargés d’un symbolisme fort » pour les Haïtiens, Patrimoine sans Frontières a décidé d’organiser une mission d’urgence sur place, qui aura lieu du 4 au 11 février 2010, en partenariat avec Bibliothèque sans frontières, et en réseau avec le Bouclier Bleu et Icomos.

Sur le terrain, leur objectif est « de participer à l’analyse technique du patrimoine de Port-au-Prince et de Jacmel, pour préserver, dans la limite des conditions de sécurité des habitants, les traces du patrimoine haïtien ». Mais l’association souhaite également « collecter une documentation riche et établir sur place suffisamment de contacts pour travailler (…) à des projets de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine à mettre en oeuvre dans le cadre de la reconstruction du pays. »

Pour soutenir cette mission de PSF, vous pouvez faire un don sur leur site internet. Par ailleurs, l’association recueille un maximum de photographies prises à Haïti avant le séisme car cette documentation sera très utile dans la perspective de restaurations futures. N’hésitez donc pas à les leur faire parvenir par mail à l’adresse (info@patrimsf.org).

>> Découvrez le site de l’association Patrimoine sans frontières

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