Mécénat et patrimoine : l’avènement du crowdfunding

Le mécénat populaire, comme on l’appelait encore il n’y a pas si longtemps, connait actuellement un regain d’intérêt spectaculaire. Internet, les nouveaux médias en général, et singulièrement les réseaux sociaux (Facebook, Twitter et autres), ont changé profondément la donne en matière de collecte de fonds.

Qu’on l’appelle crowdfunding, « financement participatif » ou encore « mécénat participatif », comment est-ce qu’il fonctionne, est-il efficace et pour qui ?

le crowdfunding, qu’est-ce que c’est ?

Bref historique

Venu des Etats-Unis il y a tout juste 5 ans, le crowdfunding (littéralement « mécénat des foules ») surfe sur la vague des tous derniers développements d’internet, grâce à l’arrivée des réseaux sociaux.

Le constat est simple : de plus en plus d’entre nous sont connectés à internet, mais surtout nous sommes de plus en plus nombreux à rejoindre des communautés d’internautes, ce que permettent les réseaux sociaux. Or pourquoi ne pas utiliser ces communautés pour créer un élan de mobilisation en vue de la défense d’une cause ou pour permettre la réalisation d’un projet ?

Il se trouve que les Etats-Unis sont à la fois pionniers en matière de nouvelles technologies mais ont une longue tradition en matière de collecte de fonds (« fundraising » comme on dit outre-Atlantique). D’où le développement de sites internet spécialisés dans la collecte de fonds, sur lesquels il est très facile de donner, et qui sont parfaitement connectés aux réseaux sociaux de manière à « faire le buzz », à faire connaitre, son projet auprès d’un maximum de personnes.

Plusieurs conséquences à cela :

  • Tout le monde peut donner, en quelques clic seulement
  • Il n’y a pas de petits dons. Plus on est, plus il sera possible de financer un projet
  •  Tout le monde peut faire financer un projet, tout le monde peut avoir une cause à défendre
  • Plus le projet est populaire, plus il a de chance d’être financé.

Comment ça marche ?

Le principe est simple :

  1. J’ai un projet à financer
  2. En quelques clics, je créé une page sur un site spécialisé en crowdfunding, et sur laquelle je présente mon projet, mon besoin, mon combat.
  3. Je détermine un objectif de collecte et une période pendant laquelle les gens vont pouvoir collecter (entre 1 et 6 mois en général).
  4. Je détermine des contreparties en fonction des dons : pour chaque tranche de don, je peux déterminer une contrepartie de mon choix. Parfois, et si je suis un peu créatif, ces contreparties peuvent motiver fortement le don !
  5. Je lance une campagne de communication auprès de tous mes réseaux (amis, famille, club, association, réseau sociaux etc….)
  6. Si à la fin de la période de collecte déterminée avant son démarrage j’ai atteint ou dépassé mon objectif de collecte, j’empoche la somme. Si, en revanche, je n’ai pas atteint la somme, chaque don repart à chaque donateur sans frais.
  7. Grâce à internet, je peux continuer à informer mes donateurs de l’évolution de mon projet, après avoir été financé. Une véritable relation se créée avec la communauté des donateurs !

source : Ulule.com

 

Ce système est particulièrement adapté aux communautés présentes sur les réseaux sociaux, et il est particulierement motivant, car il repose sur un objectif de collecte à atteindre à tout prix et dans un temps déterminé !

Né de la crise économique et du développement de l’économie solidaire, le financement participatif s’invite maintenant dans l’univers plus institutionnel de l’intérêt général et du mécénat traditionnel.

Les chiffres sont en effet éloquents :

Le site crowdsourcing.org évoque quelques 2,7 milliards de dollars US collectés dans le monde en 2012 via des sites spécialisés en crowdfunding. Soit une progression de 81% par rapport à 2011. Le site évoque près d’un million de projets financés et table sur plus de 5 milliards de dollars pour 2013 (!).

Et dans le patrimoine ?

Si ces techniques ont d’abord été adoptés par « monsieur tout-le-monde », de plus grosses structures issue du monde de l’intérêt général s’y intéressent progressivement. D’autres part, les plateformes ou sites internet spécialisés dans le crowdfunding se sont adaptés ces porteurs de projets plus ambitieux et traditionnels, par exemple en intégrant l’émission d’un reçu fiscal pour les donateurs.

Des initiatives de plus en plus nombreuses :

Promis à investir le champs des techniques traditionnelles de collecte de fonds par les spécialistes et les observateurs du mécénat et de la collecte en France, le crowdfunding connait quelques initiatives intéressantes – et parfois réussie – dans le patrimoine.

On notera, entre autres :

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Vous étiez 345 à répondre à notre sondage pour répondre à la question :

« Les campagnes de mécénat grand public pour la rénovation d’un site patrimonial, comme le Panthéon ou le Mont-Saint-Michel, se développent. Approuvez-vous cette méthode? »

86% d’entre vous ont répondu : « oui, il s’agit d’une bonne solution »

8% : « je ne connais pas ces actions »

6% : « non je trouve ces appels inopportuns »

Fous de Patrimoine :

Les VMF et la Fondation VMF lancent également un projet de crowdfunding en direction de 2 projets de rénovation du patrimoine en péril, sélectionnés par le jury de la Fondation VMF, après un appel à projet grand public. Il s’agit de l’opération « Fous de patrimoine« .

ENvoyer nous vos projets :

Association de sauvegarde, propriétaires, collectivités : tous le monde peut participer à cet appel à projet !

Les deux projets seront sélectionnés en septembre.

Du 7 novembre au 19 décembre, la collecte aura lieu et sera mise en place avec notre partenaire Ulule, spécialiste et leader européen du crowdfunding.

A la clé : un objectif de 50 000 euros répartis sur les deux lauréats.

La fondation VMF fortement impliquée

La Fondation VMF oeuvre pour la sauvegarde et le rayonnement du patrimoine depuis sa création en 2009.

Avec pour principale mission la sauvegarde de demeures en péril, elle participe pleinement à la mise en place du projet « Fous de patrimoine » : pour chaque euros donné par un particulier, la Fondation VMF abondera d’un euros.

Participer à l’opération Fous de patrimoine

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Une réflexion au sujet de « Mécénat et patrimoine : l’avènement du crowdfunding »

  1. Le , DUBOSCQ Patrick a dit :

    Commentaire * Je participe a une action menée à la fois par la municipalité du village de Lahonce (64) et l’association des amis de l’abbaye de Lahonce. Cette abbaye prémontrée (XII°) se dégradant d’une manière inquiétante se trouve menacée dans un avenir proche, et nous avons travaillé avec la DRAC Aquitaine pour sauver l’exemplaire d’église romane le mieux conservé unique dans son intégrité au Pays Basque Nord. Le permis de construire vient d’être déposé et nous allons lancer une souscription dans les premières semaines de 2015. Nous sommes néophites en la matière mais passionnés, quels conseils pourriez vous nous donner, quelle aide ? Merci pour votre réponse.

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