Lettre des associations nationales du Patrimoine reconnues d’utilité publique à la Directrice générale de l’Unesco

Les associations nationales du patrimoine bâti et paysager reconnues d’utilité publique* ont adressé une lettre à la Directrice générale de l’Unesco à propos de la cathédrale de Chartres (Eure-et-Loir) et de ses abords.

*Maisons Paysannes de FrancePatrimoine-Environnement – LUR, REMPARTSauvegarde de l’Art FrançaisSociété pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France et VMF.

 

Voici la lettre en question : 

 

Madame la Directrice,

Depuis 1979, la cathédrale de Chartres est classée par l’Unesco au titre du patrimoine mondial. Au-delà de sa spectaculaire qualité architecturale, sa silhouette façonne le paysage unique et préservé de l’ensemble de la plaine de la Beauce, étant visible à plus de 20 kilomètres.

La protection de la Valeur Universelle Exceptionnelle de la cathédrale est assurée par de nombreux outils mis en place, de sorte que des chantiers de restauration importants ont pu être entrepris. En revanche, la zone tampon de la cathédrale, laquelle protège le cadre paysager du bien, est limitée au seul Secteur Sauvegardé du centre-ville de Chartres.

Déjà dans un rapport de 2014, l’Unesco a constaté cette faiblesse dans le dispositif de protection de la cathédrale, regrettant que l’actuelle zone tampon ne prenne pas en compte la dimension paysagère à grande échelle du bien.

Cette absence d’outil de gestion des vues lointaines fait aujourd’hui défaut. En effet, de nombreux projets d’éoliennes en co-visibilité directe avec la cathédrale sont mis à l’étude. Les services administratifs français ont refusé ces projets qu’ils ont estimés contraires à la protection de ce panorama et de sa valeur universelle. Malheureusement, faute d’outil gestion protégeant ces vues, le juge français, censurant l’administration, a décidé d’autoriser l’implantation de ces éoliennes. Le ministère de la culture ayant saisi le conseil d’État, un laps de temps s’ouvre pour une action d’urgence.

La Réunion des associations nationales de sauvegarde du patrimoine bâti et paysager reconnues d’utilité publique s’inquiète de ces dangers. Par cette lettre, elle demande que l’Unesco prenne position pour condamner ces projets d’implantation d’éoliennes à proximité immédiate de la cathédrale.

De même, elle sollicite l’Unesco pour que soit mise en place l’excellente méthodologie de l’aire d’influence paysagère, déjà suggérée au Mont Saint Michel, qui prenne en compte les panoramas de visibilité lointaine, ceci afin d’écarter à l’avenir les risques de nuisance en termes de co-visibilité : il convient, pour la protéger correctement, de prendre en compte tous les lieux où la vision de la cathédrale participe du paysage.

Nos associations insistent sur l’urgence de l’intervention de l’Unesco pour lesraisons évoquées ci-dessus.

Veuillez agréer, Madame la directrice, l’expression de notre très haute considération.

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