Agrandissement de Roland-Garros au détriment des serres d’Auteuil

Les associations de défense du patrimoine n’ont pas dit leur dernier mot. 

Les 195 délégués de la FFT, réuni hier en assemblée générale, ont voté à plus de 70% pour le projet parisien, après avoir rejeté lors du premier tour la candidature de Gonesse, puis de Versailles au second et de Marne-la-Vallée au troisième tour.

Cet agrandissement du tournoi sur son site historique va nécessiter la démolition du centre national d’entraînement et du cours n°1, afin de remodeler la place des Mousquetaires, entrée des 425 000 spectateurs qui viennent durant le 15 jours que durent les internationaux de France. (voir le plan des futurs aménagements illustrant le très bon article de Cécile Soler dans le Figaro du 14 février). La couverture du court Philippe Chatrier est envisagée afin de pallier à une météo capricieuse. Cet aménagement nécessitera une révision du plan local d’urbanisme (PLU) qui sera lancée dès le prochain Conseil de Paris en mars, afin de faire passer le plafond des hauteurs maximum de 18 à 31 mètres.

Mais surtout, le projet envisage de créer un nouveau court de 5 000 à 7 000 places d’ici 2016 en empiétant sur les serres chaudes et les locaux techniques – certes d’un très faible intérêt architectural – du jardin des serres d’Auteuil. Conformément à la loi de protection des Monuments historiques, les serres classées, construites en 1898 par Jean-Camille Formigé, ne seront pas touchées. Mais c’est le sort du patrimoine botanique qui inquiète davantage. Sans les locaux techniques, impossible de s’occuper de ses plantes exotiques, espèces rares et collections centenaires inestimables.

Locaux techniques des Serres d'Auteuil (© Henri Garat / Mairie de Paris)

 Les associations de défense du patrimoine, dont les VMF, suivront cette affaire de près. Dans une interview au Figaro Magazine, qui a consacré le 11 février un dossier spécial à Roland Garros, Philippe Toussaint se faisait le porte-parole du G8 Patrimoine : « Le projet Roland-Garros revient à démanteler toute une ville horticole qui fonctionne à merveille en intervenant, de surcroît sur des zones et des bâtiments inscrits aux monuments historiques. Imposer à un tel jardin d’être pris en écharpe par des flots de visiteurs revient à menacer sa pérennité. » Et de laisser entendre que tous les moyens légaux seront mis en oeuvre pour empêcher la réalisation d’un tel projet – comme ce fut le cas, en son temps, pour le stade de Lille. Ce recours à la voie judiciaire ne pourra être entamé qu’au moment où la demande de permis de construire sera déposé. Mais les différents opposants aux travaux (associations de riverains, écologistes et défenseurs du patrimoine et de la nature) commencent à se pencher sérieusement sur la question.

Affaire à suivre….

 >> Télécharger l’article de Cécile Soler dans le Figaro du 14 février « Les dessous de la victoire de Paris »

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