Serres d’Auteuil – dernière réunion de concertation

Conclusions de Philippe Toussaint, porte-parole du G8 Patrimoine, sur l’aménagement de Roland Garros à l’occasion de la dernière réunion de concertation

Vue des Serres d'Auteuil

Les Serres d'Auteuil (©DR)

Ayant participé aux réunions organisées les 10, 17, 20 octobre et les 3, 7 et 9 novembre, Philippe Toussaint, président des VMF et porte-parole du G8 Patrimoine a pris connaissance de l’ensemble des éléments qui on été présentés et qui ont donné une vue assez complète du projet et des réactions qu’il suscite.

Comme Philippe Toussaint a eu à le rappeler publiquement, l’attention du G8 Patrimoine s’est portée exclusivement sur l’impact du projet sur les Serres d’Auteuil en raison de leur intérêt patrimonial. A sa demande, la réunion du 7 novembre a eu lieu sur le site des Serres, en présence des services compétents de la Ville de Paris.

A l’issue de ces travaux, voici les conclusions du G8 Patrimoine :

LES SERRES D’AUTEUIL : UN ENSEMBLE EXCEPTIONNEL

Les Serres d’Auteuil sont formées d’un ensemble d’éléments qui constituent une entité cohérente réaménagée de manière régulière au cours des dix dernières années :

  • Un ensemble de serres monumentales du XIXe siècle de Jean-Camille Formigé, composé de cinq grandes serres (dont une serre équatoriale, une serre d’exposition et le célèbre palmarium) et de deux ensembles de douze grandes « chapelles » abritant de nombreuses collections remarquables (ficus, hibiscus, aracées, azalées, acanthacées) parfois centrées sur des régions du monde (Sahel, Amérique latine).
    Ces serres sont inscrites au titre des Monuments Historiques.
  • Les serres chaudes sont des bâtiments non protégés. Leur intérêt es d’abriter des collections tout aussi remarquables que celles des grandes serres : orchidées tempérées et tropicales, broméliacées(ananas), pépéromiacées (poivriers), aracées (anthuriums), crotons, bégonias, fougères etc. Au total 1 700 essences.
  • Les serres techniques ont été construites il y a 8 ans en 2003 pour abriter l’ensemble des activités florales de la Ville de Paris. Sans intérêt historique, elles sont flambant neuves.
  • Un ensemble de bâtiments situés à l’arrière des grandes serres abrite au rez-de-chaussée les services techniques des serres et le matériel. Une orangerie dispose d’une hauteur de plafond d’au moins 8 mètres. À l’étage son installés des bureaux et services sociaux.
  • Deux pavillons à l’entrée de l’avenue de la Porte d’Auteuil sont aujourd’hui inoccupés.
  • Un ensemble de jardins a été aménagé, l’un entre l’entrée et les grandes serres, et l’autre, en 2007, sur le côté est des grandes chapelles.
  • Une aire de stockage et une chaufferie située derrière les serres chaudes complète l’ensemble.

Rien ne prédisposait cet ensemble à être morcelé. C’est pourtant le choix qu’a fait la Fédération française de tennis (FFT)  dans le projet présenté et accepté par la Ville de Paris.

Le G8 Patrimoine estime que ce choix est profondément contestable et qu’une autre solution pourrait et devrait être étudiée.

UN PARTI D’AMÉNAGEMENT CONTESTABLE QUI DOIT ÊTRE MODIFIÉ

Pour annexer le territoire des Serres d’Auteuil, le projet présenté par la FFT part des hypothèses suivantes :

  • Détruire le stade n°1 pour créer un espace libre de toute construction d’1,5 ha jouxtant le stade Philippe Chatrier ;
  • Récupérer la zone du « fonds d’Auteuil » pour y implanter un stade de 2 000 places et sept courts en terre battue ;
  • Remplacer l’ancien stade n°1 par la construction d’un nouveau stade de 4 950 places en lieu et place des serres chaudes et des serres techniques qui seraient donc détruites ;
  • Installer une zone « VIP » pour le tournoi dans les bâtiments qui abritent aujourd’hui les services techniques, les matériels et les bureaux ;
  • Intégrer le territoire des serres dans l’espace du tournoi pendant la durée de celui-ci.

Au cours des débats, il a été précisé que les collections des serres chaudes seraient réimplantées dans les grandes serres et dans de nouvelles serres à construire adossées au nouveau stade, sur ses quatre côtés. Les services techniques et bureaux seraient installés dans les pavillons d’entrée et les matériels entreposés dans le sous‐sol du nouveau stade.

 Le schéma présenté n’en est pas moins intolérable :

  • Pourquoi détruire des équipements relativement récents : le stade n°1 et les serres techniques (payées par le contribuable) ?
  • Pourquoi n’avoir pas utilisé le Fonds des Princes pour implanter le stade de 4 950 places, à supposer que sa reconstruction soit justifiée ?
  • Si l’on avait besoin d’espace, pourquoi n’avoir pas envisagé la couverture de la bretelle de l’autoroute A13 sur laquelle pourraient être notamment implantés les cours en terre battue ? La Ville de Paris ne recouvre‐t‐elle pas progressivement de larges portions du boulevard périphérique ?
  • Pourquoi finalement faire supporter à l’espace des Serres d’Auteuil, lui‐même protégé et très fragile, une intrusion particulièrement agressive comportant une destruction d’ouvrages, la construction d’un stade de taille considérable, des déménagements successifs de collections botaniques rares, des mouvements massifs d’un public nombreux, tout cela pour aérer l’environnement du stade Philippe Chatrier ?

Une telle désinvolture vis‐à-vis d’un élément majeur du patrimoine parisien ne peut être  acceptée. Au surplus, ce projet ne mettra pas les équipements parisiens de Roland Garros au niveau international nécessaire.

 Les huit associations nationales de défense du patrimoine demandent donc :

  •  que soit mise à l’étude par la Fédération française de tennis et la Ville de Paris un schéma alternatif qui épargnerait le site des Serres d’Auteuil
  •  qu’en tout état de cause, l’unité des collections de plantes conservées dans les serres soit maintenue et que toute modification dans leur implantation soit soumise à l’avis d’une commission indépendante composée de personnalités qualifiées.

 Les présidents des huit associations naionales de défense du patrimoine :

Alexandre Gady, Président de la SPPEF
Olivier de Rohan-Chabot, Président de la Sauvegarde de l’Art Français
Georges Dumenil, Président de Maisons Paysannes de France
Jean de Lambertye, Président de la Demeure Historique
Christian Pattyn, Président de la Ligue Urbaine et Rurale
Henri de Lépinay, Président de REMPART

Kléber Rossillon, Président de la Fédération Patrimoine-Environnement
Philippe Toussaint, Président des Vieilles Maisons Françaises

En savoir plus :

La Demeure Historique

Association des monuments historiques privés
Tél. : 01 55 42 60 00 – www.demeure-historique.org

Fédération Patrimoine-Environnement

Tél : 01 41 18 50 70 – www.associations-patrimoine.org

Ligue Urbaine et Rurale

Tél. : 01 42 67 06 06 

Maisons Paysannes de France

Tél. : 01 44 83 63 63  – www.maisons-paysannes.org

REMPART

Union des associations pour la Réhabilitation et l’Entretien des Monuments et du Patrimoine Artistique
Tél. : 01 42 71 96 55  – www.rempart.com

Sauvegarde de l’Art Français

Tél. : 01 48 74 49 82 

Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France (SPPEF)

Tél. : 01 47 05 37 71  – http://sppef.free.fr
 

 

 

 

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