Conclu Commission avenir Hotel Marine – 15 juillet 2011

Les VMF se félicitent des premières conclusions 
de la Commission de réflexion sur l’avenir de l’Hôtel de la Marine

L’association des Vieilles Maisons Françaises se réjouit des positions prises par la Commission de réflexion sur l’avenir de l’Hôtel de la Marine, présidée par M. Valéry Giscard d’Estaing, qui, avec le projet de partenariat avec le Musée du Louvre, préserve la continuité historique et le respect des lieux. En effet, l’Etablissement Public du Louvre devrait être retenu comme partenaire privilégié de l’Etat. Il lui appartiendra d’assurer la présentation au public, directement ou sous forme d’expositions temporaires, des objets d’art et des collections faisant partie du patrimoine national. Les galeries affectées à cette présentation prendraient le nom de « Galerie du Trésor français ». La Commission recommande de lui associer, au sein d’une institution nouvelle, un certain nombre de partenaires, notamment le Mobilier National, les Manufactures, le musée des Arts Décoratifs et les collections du Cabinet des Médailles.

Par ailleurs, les bureaux de l’ancien Hôtel de Saint Florentin, annexés au bâtiment au XIXe siècle, pourraient être affectés à la Cour des Comptes. D’autres locaux pourraient servir à l’Académie de Marine. Les espaces de bureaux restants seront affectés à des locations, dont les revenus contribueront ainsi à l’équilibre financier de l’opération. Un espace sera réservé à des restaurants et une médiathèque représentatifs de la gastronomie française.

Enfin, l’Hôtel de la Marine appartenant au peuple français ,il convient de lui restituer ces lieux en permettant à tous d’y avoir accès. Ceci implique une large ouverture au public notamment celle du balcon dominant la Place et la création d’une allée piétonnière, « l’allée de la Concorde », traversant les deux cours intérieures et reliant la rue Royale et la rue de Rivoli. Dans ces cours pourraient être aménagés des boutiques ou locaux, loués par des partenaires publics ou privés représentatifs des secteurs culturels ou des métiers d’arts.

Les VMF saluent le fait que tout projet de vente ou de bail emphytéotique ait été définitivement rejeté de façon très précise par la Commission : « la Commission a écarté du champ de ses réflexions les projets qui reposaient sur une vente déguisée du bâtiment à des acteurs privés à objectifs purement financiers ou spéculatifs ».

Lors d’une table ronde sur l’avenir du patrimoine national de l’assemblée générale des VMF le 22 juin 2011, Valéry Giscard d’Estaing avait évoqué le sort de l’Hôtel de la Marine. Ses propos avaient dissipé les doutes sur une possible location de longue durée :
«  Il n’y a pas de philanthrope dans cette affaire. Des partenaires privés se sont proposés parce qu’ils y trouvent un intérêt. S’ils souhaitent contribuer par du mécénat, comme c’est le cas pour d’autres bâtiments, c’est tout à fait possible. En revanche, ils ne peuvent demander à être propriétaires des lieux. Si le projet consiste du reste à transformer un bâtiment ayant appartenu au peuple français pour en faire un hôtel de luxe, un caravansérail international, je ne vois absolument pas où se situe la continuité historique. Qui plus est nous n’aurions aucune garantie quant à l’avenir. Il est probable que cinq ans plus tard, c’est un émirat du Golfe qui en deviendrait propriétaire. Nous devons donc traiter ces questions avec sérieux et respect. Parmi les projets proposés pour l’Hôtel de la Marine, certains en faisaient un bâtiment commercial, dont toutes les parties pouvaient être louées ou aliénées, dessaisissant ainsi le peuple français des lieux pour en faire une résidence de milliardaires. De pareils projets me paraissent déraisonnables. »

Les VMF saluent également la prise de position de fond sur le patrimoine monumental de l’État concernant deux grands principes, que la Commission a dégagé de ses réflexions et auditions :

  • Les immeubles qui ont abrité les activités souveraines du peuple français et qui présentent un intérêt historique et architectural majeur ne peuvent être ni vendus ni concédés.
  • Le maintien de l’ensemble du bâtiment dans le champ de souveraineté de l’Etat garantira l’ouverture du bâtiment.

Les VMF espèrent que ces principes, s’appliquant à l’Hôtel de la Marine, mais pouvant faire école, inspireront « les futurs choix de l’État », comme la Commission l’en conjoint.

VERS LA CRÉATION D’UN HAUT CONSEIL DU PATRIMOINE MONUMENTAL

Cette position rejoint le combat des VMF pour la création d’un Haut Conseil du patrimoine monumental, adopté par le Sénat le 26 janvier 2011 et l’Assemblée nationale le 7 juillet 2011. L’association appelle de ses vœux la création d’une telle instance aux responsabilités élargies et à vocation interministérielle.

En effet, lors de la table ronde organisée par les VMF le 22 juin dernier, les propos des intervenants ont montré l’urgence de la création d’un contrôle. Ainsi, Valéry Giscard d’Estaing a estimé que le sort de l’Hôtel de la Marine aurait pu être tout autre si les associations de défense du patrimoine n’avaient pas porté ce scandale sur la place publique : «  Nous avons interrogé, lors de nos auditions, les responsables de la procédure de gestion du patrimoine de l’Etat, afin de savoir quel ministre ou quelle personnalité haut placée avait décidé de lancer le processus. Nous avons obtenu pour toute réponse qu’un certain nombre de réunions s’étaient tenues, rassemblant des représentants des ministères. Autrement dit, une procédure de ce type pouvait être enclenchée en France sans qu’aucun personnage de rang ministériel ou supérieur n’ait eu à en décider. »

Les débats avaient aussi portés sur l’opacité de la gestion de France Domaine quant aux procédés employés pour les cessions du patrimoine protégé de l’État. Aucune procédure spécifique ne semble exister lors des ventes de monuments historiques : quatre édifices inscrits ou classés ont déjà été vendus par France Domaine, une trentaine d’autres cessions sont prévues. Philippe Bélaval, directeur des Patrimoines au ministère de la Culture, nous a donné sa version des faits et permis de mieux comprendre les enjeux :
« La difficulté à laquelle peut se heurter le ministère de la Culture est que France Domaine se base uniquement sur un critère financier, faisant en quelque sorte figure d’agent immobilier, gérant le mieux possible le patrimoine de l’État mais peinant à intégrer la spécificité patrimoniale et culturelle des établissements. Ainsi, alors que la loi l’oblige, avant de mettre sur le marché un monument classé, à recueillir l’avis du ministère de la Culture, cet avis n’est pour ainsi dire jamais pris en pratique. C’est souvent en consultant le site de France Domaine que nous découvrons que des éléments importants sont proposés à la vente. »

Le texte actant la création d’un Haut Conseil du patrimoine monumental devra passer en seconde lecture au Sénat à la rentrée, en raison des amendements votés par l’Assemblée. Les VMF poursuivront leurs actions afin que cette instance voit le jour d’ici la fin de l’année et que ses missions et ses moyens lui permettent d’agir efficacement.

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