Quel avenir pour le financement du patrimoine français ?

Le crowdfunding, le mécénat … autant d’initiatives heureuses, mais cela ne parviendra pas à sauver le patrimoine français.

Le patrimoine doit-il être rentable ? Là naît la controverse.

Avec seulement 3,4% du budget de la Culture (soit une baisse de 0,1% par rapport à 2017), le patrimoine monumental n’espère plus grand chose du ministère. Pour éviter la ruine, il est contraint de se réinventer en hôtel de luxe, en bureaux, en crèches et autres. Quid de cette tendance ?

Contre – haro sur le patrimoine clinquant

La récente nomination de Stéphane Bern, par le Président de la République, pour une mission bénévole visant à répertorier le patrimoine en péril et à trouver des moyens innovants pour le restaurer, a plu tout comme a suscité de nombreuses critiques.

L’historien Nicolas Offenstadt énonce notamment que  »cette tournée c’est de la communication, c’est du bling bling qui, à l’image des émissions de Stéphane Bern, va mettre en avant le patrimoine clinquant, celui qui plaît aux touristes américains. Le patrimoine mérite mieux que d’être confié à un comique ».

Le danger est de faire passer une idée sans nuance et fantasmée de l’histoire de France en mettant l’accent sur un patrimoine qui plaît au plus large public (les beaux châteaux, les belles églises, les beaux villages etc…) alors que le patrimoine industriel, colonial, et tout ce qui fait la marque de la diversité de l’histoire de France serait laissé de côté.

Pour – l’argent privé à la rescousse du patrimoine

Comment faire lorsque le budget accordé par l’Etat au patrimoine monumental est insuffisant ? Il faut alors se tourner vers de l’argent privé, vers le mécénat. Ce que font les associations et fondations œuvrant pour la sauvegarde du patrimoine.

Pour de nombreuses entreprises, c’est une manière de défiscaliser tout en travaillant et en vendant leur image. Le changement de ces dernières années, c’est surtout le développement du mécénat participatif qui permet de sauver des lieux souvent anecdotiques aux yeux du grand public. Internet a ainsi permis aux particuliers de prendre part directement à une politique de défense de leur patrimoine.

Le tendance de fond : un patrimoine qui gagne sa vie (tout seul)

Mis bout à bout et malgré les affichages de grands mécènes qui ont permis par exemple de rénover Chambord via une contribution de 3 millions d’euros, ni le mécénat, ni les collectes ne permettent vraiment de sauver les monuments. Pour preuve, le Panthéon n’a pu recueillir que 65 000 euros pour des travaux évalués à 19 millions.

L’idée serait ailleurs, les monuments devraient se suffire à eux-mêmes et s’inventer une seconde vie. « Le problème c’est que si vous faites un musée dans un monument, le coût de fonctionnement est trop élevé pour assurer la rénovation. Il s’agit donc de faire preuve de créativité. Pourquoi ne pas ouvrir les monuments à des logements privés, des bureaux, des EHPAD, des écoles ou des crèches ? Le loyer perçu permettrait de maintenir le monument en état » (Philippe Bellaval, président du CMN).

Retrouvez cette réflexion sur le site de France Culture.

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Une réflexion au sujet de « Quel avenir pour le financement du patrimoine français ? »

  1. Le , Anne-Marie Martin a dit :

    Je connais, comme beaucoup, le médiatique Stéphane Bern. En revanche, je connais pas ( comme beaucoup ?) Nicolas Offenstad. Est-ce cette disymétrie qui fait tenir au second des propos méprisants sur le premier ? Ce que j’apprécie, chez Stephane Bern, c’est son parcours. Il n’est pas du sérail universitaire. Il n’est pas non plus un  » héritier » mais il a doté sa Fondation de deux Prix. C’est un geste fort et généreux. Dans ses déclarations, il n’oublie pas le patrimoine de Pays. Ne lui faisons pas d’emblée un mauvais procès.

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